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Glossaire - Biographies
Révolution - Pélerinage
St Sulpice

(St Sulpice de Favières, canton de St Chéron, arrondissement d'Etampes, département d'Essonne, Région Ile de France.)

- Historique

La vallée de la Renarde se trouvait à l'époque Gauloise à la limite des territoires Carnutes et Parisiens. Elle restera Romaine jusqu'en (486) date à laquelle Clovis roi des Francs prend le contrôle de la Gaule du nord, elle fera ensuite partie du royaume Franc de Neustrie. La tradition veut que St Sulpice ait été honoré à Favières dès le (VIIème siècle). Le Saint, dans un voyage à Paris, aurait ressuscité un enfant noyé dans la Juine, à Chamarande. La confiance en St Sulpice devint si générale qu'aussitôt après sa mort une église fut élevée en son honneur. 2 églises vont être successivement construites aux (XIIème siècle) et (XIIIème siècle), remplaçant l'ancien édifice, pour accueillir un pèlerinage de plus en plus populaire. Un Hôtel Dieu est également construit en face de l'église. Il n'en reste aujourd'hui que le portail. Le pèlerinage se maintient jusqu'au (XXème siècle) bien que l'église soit en mauvais état. C'est un des 1er monuments classés en (1850).

- St Sulpice

Construite dans la 2ème moitié du (XIIIème siècle), l'église de St Sulpice de Favières est en (1840) l’un des 1ers monuments classés. Joyau d’un petit village historique vivant hors du temps, cette église reste aujourd’hui l’une des plus belles expressions du gothique en Île de France du (XIIIème siècle) à son apogée. On est d’abord séduit par le charme unique de la place et de son église. On l’est ensuite par l’architecture intérieure, remarquable dans son traitement de l’espace et de la lumière. Mais ce sont les magnifiques verrières du (XIIIème siècle), grisailles et vitraux historiés, qui nous éblouissent, par l’iconographie, la richesse des couleurs ou le merveilleux du dessin, nous sommes à Chartres. Au Moyen Age, St Sulpice est l’endroit du royaume où l’on vénère les reliques de St Sulpice mort en (†644). C’est aussi un lieu de miracles et une étape sur la route de St Jacques de Compostelle. Sous St Louis, son pèlerinage est l’un des plus importants d’Ile de France. Les pèlerins se regroupent alors dans une petite église, "maintenant la chapelle des Miracles", et ils sont si nombreux qu’il conduira à la construction de l’église actuelle. Construite pour l'essentiel de (1245) à (1315), elle est l'un des plus beaux exemples du gothique en Île de France, elle a remplacé une église de (1180) dont il reste la Chapelle des Miracles. L'église est dédiée à Sulpice le Pieux, vers (576)-(647) qui fut chapelain du Roi Clotaire II puis archevêque de Bourges en (624). Il était le protecteur des pauvres et des persécutés et est mort le 17 Janvier (†647). Sa construction s'achève par la façade Occidentale. 7 siècles d’histoire ont laissé des traces. Si la guerre de 100 Ans a été peu destructrice, c’est sous la Fronde et pendant la Révolution que l'église connaîtra ses 2 principales dégradations. En (1652), un boulet de Turenne aurait provoqué l’effondrement des voûtes de la nef. En (1793), les sculptures du portail occidental sont martelées et la statue de St Sulpice est décapitée. Le tympan retraçant le Jugement Dernier qui fut abîmé sous la Révolution. le clocher a un toit en bâtière. A l'intérieur, un berceau en bois recouvre les 4 - 1ères travées de la nef, qui s'était écroulée, cette couverture est due à la générosité du marquis Guillaume de Lamoignon. Le reste de la nef et l'abside ont des voûtes d'ogives. Les restaurations du (XVIIème siècle) ainsi que les soins constants apportés depuis (1835) ont presque redonné à l'église son éclat d’origine. Dans un même esprit de conservation du patrimoine classé, une restauration de la façade occidentale et des vitraux est en cours depuis (2006).

- l'Architecture

Etabli d’une seule portée, le plan de l’église est d’une merveilleuse simplicité. Les baies aux larges ouvertures ou encore les colonnettes qui s’élancent sans interruption jusqu’aux voûtes sont un emprunt au style rayonnant de St Denis. Les dimensions intérieures, 23 mètres de hauteur sous voûte, 33 mètres de longueur, 19 mètres de largeur, retrouvent l’harmonieux équilibre que les dernières cathédrales avaient perdu dans leur course au gigantisme, Beauvais, 48 mètres de hauteur sous voûte. De la taille d'une cathédrale, Église St Sulpice de Favières peut accueillir jusqu'à 4.000 fidèles en une messe

- la Nef

De structure Polygonale, le fond de l’église est la partie la plus ancienne et la plus remarquable, il s’inscrit dans le style luministe de la Ste Chapelle bâtie à la même époque pour St Louis. La prouesse technique réalisée sur le positionnement des fenêtres dans les baies latérales est tout aussi étonnante. Les vitraux peuvent être admirés depuis l’allée centrale de la nef sans effets de distorsion. Ainsi, beauté et mystère de St Sulpice naissent de cette architecture intérieure. En s’avançant dans l’église on passe de l’obscurité silencieuse de la nef à la lumière vibrante du choeur, cette lumière tant recherchée par l’abbé Suger et les bâtisseurs du premier gothique. L’espace s’agrandit et s’éclaire. C'est un élan vers le haut, le sentiment d’une spiritualité. Avec l’apparition au (XIIème siècle) de l’architecture gothique, les murs des églises, qui étaient faiblement ajourés dans l’art roman, s’ouvrent à la lumière. Le vitrail commence à se développer. La technique employée, révélée par le moine Théophile dans un ouvrage écrit vers (1100), n’a pratiquement pas évolué depuis. Dès cette période, 2 catégories de vitraux éclairent les églises de l’Ile de France, les grisailles et les vitraux historiés. A l'intérieur, un berceau en bois recouvre les 4 - 1ères travées de la nef, qui s'était écroulée, cette couverture est due à la générosité du marquis Guillaume de Lamoignon. Le reste de la nef et l'abside ont des voûtes d'ogives. Dans le collatéral droit, les vitraux du (XIIIème siècle) retracent la vie de la Vierge et l'enfance du Christ. Les stalles sont du (XVème siècle), leurs accoudoirs sont sculptés de petits personnages pittoresques. On descend dans la "Chapelle des Miracles" en franchissant la porte qui donne sur le bas côté gauche. On peut y admirer un buste reliquaire de St Sulpice, une statue de Ste Barbe en bois Polychrome du (XVème siècle), et un puits témoin de l'ancien culte. La chapelle des miracles, datant du (XIIème siècle), abrite le buste reliquaire de St Sulpice.

- les Grisailles

L'art de la grisaille, celui d’un vitrail sans couleur et sans image, naît au début du (XIIème siècle) dans les abbayes Cisterciennes en application de la règle de St Bernard. Il connaît une large diffusion au (XIIIème siècle) dans les cathédrales comme dans les simples églises. Géométriques à l’origine, les motifs se libèrent et deviennent floraux. St Sulpice fait aujourd’hui partie des quelques églises de France à pouvoir montrer une baie entière en grisaille. Exécutée vers (1255), celle ci présente des motifs stylisés en cercles, losanges ou entrelacs bordés par des guirlandes de feuilles joliment colorées.

- les Vitraux

Brillant artiste de la couleur, le maître verrier détaille ses verres en composant avec la lumière qui les traverse et le plomb qui les entoure. C’est une peinture qui se voit par transparence et où les tonalités, souvent à dominante bleue et rouge, changent d’intensité au gré de la clarté du jour. On touche au merveilleux et au surnaturel. Citons Grodecki, un art prodigieux de ces vrais primitifs du (XIIIème siècle) et (XIVème siècle) qui furent les principaux peintres de France. 2 baies sont illuminées par de tels vitraux. "Hérode ordonnant le massacre des innocents". Baie située au dessus du maître autel Datés par Gatouillat des années (1230), les plus anciens panneaux, dont ceux qui figurent la passion du Christ et l’ensevelissement du St patron, sont un réemploi de la 1ère église. Ils sont complétés par d’autres datant du dernier tiers du (XIIIème siècle) qui illustrent la vie de la Vierge. Parmi eux, le panneau "l’adoration des mages", parfait reflet du vitrail parisien des années (1280), était l’un des fleurons de la célèbre exposition des Vitraux de France en (1953) à Paris. Au-dessus de l’autel de la Vierge. Conçue vers (1255-1260) pour l’église actuelle, cette baie, avec ses 30 médaillons, forme un ensemble cohérent représentant l’apogée des techniques des maîtres verriers, retrace des épisodes de la jeunesse de la Vierge extraits des Evangiles Apocryphes et évoque des passages de l’Enfance du Christ tirés des Evangiles Canoniques. On s’arrêtera avec plaisir sur le célèbre médaillon du "sommeil des Rois Mages" au graphisme aussi naïf que délicieux et sur la très joyeuse, "chevauchée des Rois" animée d’un surprenant sens du rythme.

- Inscrite à l'UNESCO

La façade Occidentale avec son style régional offrant une belle originalité dans un environnement gothique pour l’essentiel, le décor sculpté du portail central qui révèle l’immense talent des sculpteurs en cette fin du Moyen Age, on aimera surtout les pourtours du tympan où des anges s’animent et sourient, expression d’un gothique qui se tourne vers une sculpture plus libérée et plus réaliste:
* L’impressionnante enfilade sur le flanc sud des contreforts, culées, pinacles et arcs boutants
* Le subtil mouvement créé au dessus du vide par des gargouilles tirées du bestiaire fantastique
Les chapiteaux intérieurs qui marquent l’évolution stylistique du (XIIIe siècle). Plus on se rapproche de l’entrée par laquelle s’acheva la construction, plus le motif est fouillé et plus les feuilles, disposées en corbeille, sont naturelles et vivantes. Les grisailles et vitraux historiés de l'église sont un chef d’oeuvre du Gothique du (XIIIème siècle). Manifeste d’une technique vieille de 8 siècles, ils font partie de ce que notre patrimoine a de mieux dans l’art du vitrail. St Sulpice de Favières peut aujourd’hui espérer par la beauté de son site, l’harmonie de son architecture intérieure et surtout la qualité de ses vitraux rejoindre avec succès le patrimoine mondial de l’UNESCO.

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