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(Toul, (54) Chef lieu, d'arrondissement de la Meurthe et Moselle.)

- St Etienne de Toul

La cathédrale St Étienne de Toul est un édifice de style Gothique remarquable par sa façade Occidentale, chef d'oeuvre du Gothique Flamboyant, son cloître, le 2ème plus grand de style Gothique en France, et 2 chapelles Renaissance. C'est, avec N.D.de l'Annonciation de Nancy, l'une des 2 cathédrales du diocèse de Nancy Toul.

Les tours de la façade font 65 mètres de haut, la nef fait 98 mètres de long pour une hauteur de voûte de 32 mètres, le transept fait 56 mètres de large. Malgré une construction sur plus de 3 siècles, l'édifice, hors façade, présente une grande homogénéité de style. Le (XIIIème siècle) voit l'édification du choeur, du transept, de la dernière travée de la nef et de la 1ère travée de la galerie est du cloître. Au (XIVème siècle), les 4 travées suivantes de la nef sont construites. Au (XVème siècle), la magnifique façade de style Gothique Flamboyant est construite ainsi que les 2 - 1ères travées de la nef. Au (XVIème siècle), 2 Chapelles Renaissances sont ajoutées à l'avant des collatéraux Nord et Sud de la nef, la chapelle de Tous les Saints, devenue la sépulture de Jean Forget, chapelain et chantre du chapitre des chanoines, et la chapelle des Évêques avec sa voûte plate à caissons, supportée par de simples arcs surbaissés fermée depuis 50 ans, en attente de restauration. La Révolution Française fait quelques dégâts notables. Un bombardement lors de la 2ème guerre mondiale anéantit la toiture et l'orgue. Une importante campagne de restauration commence dans les années (1980).

2 tours d'aspect inachevé encadrent le choeur ce qui traduit une influence Rhénane hérité probablement de la cathédrale Romane. L'une des tours s'était effondrée peu après sa construction. On retrouve ce plan Roman Rhénan sur d'autres édifices religieux Lorrains ou Champenois. Les 2 tours de chevet encadrant le choeur Gothique de la cathédrale se retrouvent notamment à la collégiale St Gengoult de Toul et à l'église de l'abbaye St Vincent de Metz. La forme octogonale sur une base carrée et la décoration des tours de la cathédrale ont influencé l'architecture de la collégiale St Gengoult de Toul, de l'église St Martin de Pont à Mousson et de l'église St Léon de Nancy de style Néo Gothique.

- Historique

La 1ère cathédrale, dédiée à St Étienne et Notre Dame, est édifiée dans la 2ème moitié du (Vème siècle). Le groupe épiscopal comprend à l’origine 3 églises, la 1ère consacrée à la Vierge, la 2ème à St Étienne et la 3ème, qui servait de Baptistère, à St Jean Baptiste. Entre (963) et (967), l'évêque Gérard de Toul fait entreprendre la construction d'une cathédrale Romane sur l'emplacement des 3 basiliques du (Vème siècle) qui ne formeront plus qu'un seul édifice. Aux (XIème siècle) et (XIIème siècles) la cathédrale subit diverses reconstructions avec probablement établissement d'un plan Roman Rhénan.

- le Cloître

Entreprise en (1221), par l'évêque Eudes II de Sorcy (1219)-(1228), la construction de l'édifice que nous pouvons contempler s'etale sur (III siècles) pour s'achever en (1561), la cathédrale Romane étant détruite petit à petit pour laisser place à l'élévation Gothique. Le gros oeuvre du chantier débute par le choeur, flanqué de 2 tours de chevet dites Harmoniques, adaptation du plan type de l’église gothique avec la tradition Romane de l'ancien édifice. Le choeur est achevé en (1235). La construction du transept et des 5 dernières travées de la nef dure de (1331) à (1400), en parallèle avec la destruction progressive de la nef Romane. Le cloître est alors édifié par Pierre Perrat, mort en (†1400), ainsi que le portail Occidental. Entre (1400) et (1460), les travaux sont interrompus à cause de la guerre entre le duc de Bourgogne et le duc de Lorraine. En (1460), le chapitre de la cathédrale s'étant adressé au Pape et au Roi de France, il reçoit du Pape un don de 1.000 livres, et du Roi 1.500 livres qui permettent la reprise des travaux. La construction d'une partie de la façade, jusqu'au niveau de la rosace, et de la 1ère travée de la nef est entreprise par Jacquemin de Lenoncourt. On démolit le massif Occidental de la cathédrale Romane du (XIème siècle).

La façade Gothique est aux armes de Wary de Dommartin, évêque de Verdun, et de René II de Lorraine. Les 2ème et 3ème travées de la nef sont achevées dans le style Gothique Flamboyant. Suit le raccord entre la façade construite à partir de (1460) et la 4ème travée de la nef achevée à la fin du (XIVème siècle). Le 9 Mars, le chapitre de Toul commande à Tristan de Hattonchâtel le dessin de la façade Occidentale en se réservant le droit de la faire construire par l'architecte de son choix. En (1496), la construction du portail Occidental de la cathédrale est complété par le couronnement fleur de lisées des 2 tours de style Gothique Flamboyant. Entre la fin (XVème siècle) et le début (XVIème siècle), l'autel des reliques est édifié dans le collatéral Sud. De style composite, il combine avec harmonie le style Gothique Flamboyant et le style Renaissant. Il est orné des armes des mécènes, Nicolas le Sane, chanoine de la cathédrale de Toul, encadré par les armes des évêques de Toul et du blason du chapitre Canonial de Toul. (1503) voit la réalisation par un certain Jehan le Verrier de la verrière du Couronnement de la Vierge, dans le croisillon Nord du transept de la cathédrale. Il est orné des armes des mécènes, le blason de Nicolas le Sane, le blason du cardinal Raymond Perraud, évêque de Gürk, légat de l'évêque de Toul au St Siège, le blason des évêques de Toul ainsi que le blason du chapitre Canonial de Toul.

A la Renaissance, la cathédrale se voit complétée par la construction du dôme dit "à la Boule d'Or", sur la toiture, à la croisée du transept. Vers (1530), la construction de 2 clochers surmontant les tours du chevet est achevée. Avant (1533), l'évêque Hector d'Ailly (1524)-(1532) passe commande de la chapelle des évêques, de style Renaissance, dans le collatéral Nord de la nef. En (1534), le campanile, entre les 2 tours du portail Occidental de la cathédrale, est édifié dans le style Renaissance. Il comporte une colonnade, des chapiteaux Corinthiens, des arcs en plein cintre et un dôme. La cloche date de (1536). En (1537), sous l'épiscopat d'Antoine Pélegrin (1537)-1542), la partie supérieure du grand meuble de sacristie est installée. Avant (1549), le chantre Jean Forget passe commande de la chapelle de Tous les Saints, dans le style Renaissance. Édifié dans le collatéral Sud de la nef de la cathédrale, il comporte un dôme surmonté d'un lanternon et utilise le procédé de la perspective en trompe l'oeil de Jean Pèlerin dit le Viator, chanoine de la cathédrale. (1561) voit l’effondrement de l'étage supérieur de la tour Sud du chevet. Les chanoines de la cathédrale font abattre l'étage supérieur de la tour Nord du chevet par sécurité et pour une restauration symétrique selon la sensibilité du (XVIème siècle) font ajouter des toitures en bonnet de prêtre.

L'abside est décorée de marbres en (1625) et 1725). En (1648), l'annexion définitive de l'évêché de Toul au Royaume de France, est enterrinée à la suite des Traités de Westphalie qui mettent fin à la Guerre de 30 Ans. Cette date marque le début d’une longue et lente décadence et mise à l’écart de Toul en tant que centre spirituel. En (1776), le diocèse de Toul qui recouvrait les 3/5èmes du duché de Lorraine est démembré pour créer "ex-nihilo" les évêchés de Nancy et de St Dié. En (1790), L'évêché de Toul qui existait depuis le (IVème siècle) est supprimé au profit de Nancy. Le (XVIIIème siècle) voit la construction de chapelles latérales, de la tribune d'orgues (1750). En (1794), on supprime les statues qui garnissaient les niches des portails de la façade Occidentale, celles du jubé, des stalles, et divers ornements dont les sculptures du cloître.

En (1824), l'évêché de Nancy devient l'Évêché de Nancy Toul. Les verrières du (XIIIème siècle) de l'abside du choeur sont déposées en (1836) en parallèle au réaménagement des absidioles de part et d'autre du choeur, sous les tours de chevet. Casimir de Balthasar de Gachéo réalise, en (1863), la verrière de St Étienne, dans le croisillon Sud du transept de la cathédrale. En (1870), la façade Occidentale, dont la verrière de la grande rosace du début du (XVIème siècle) et le côté sont endommagés par les tirs Prussiens. En (1874), Émile Boeswillwald, architecte en chef des Monuments Historiques, entreprend la restauration de la cathédrale. Son fils Paul Boeswillwald lui succède. Les verrières de l'abside du choeur de la cathédrale sont installées en (1874)-(1876).

Le 19 Juin (1940), la tour Sud de la façade Occidentale et la totalité des toitures sont anéanties par un bombardement. Une couverture provisoire est mise en place pour mettre hors d'eau et protéger les voûtes. Cette installation provisoire durera plus de 40 ans, avant leurs reconstructions à partir de (1981). En (1978), la cathédrale est fermée par mesure de sécurité. A partir de (1981), les toitures sont reconstruites en reprenant la géométrie d'avant (1940), couverture en ardoises sur une haute charpente métallique. Cette restauration des parties extérieures de la cathédrale à l'exception de la façade Occidentale s'achève en (1995).

Le siège du diocèse de Nancy et de Toul ayant été transféré à Nancy en (1790), la cathédrale de Toul appartient à la commune qui assume la lourde charge de restaurer l'intérieur de l'édifice. Les travaux de restauration se poursuivent avec, en (2003), la restauration de la façade Occidentale, en (2004)-(2005), la restauration des travées de la nef y compris les peintures, en (2006)-(2008), la restauration du choeur et prévue pour (2010)-(2012), la restauration de la chapelle des Évêques.

- Les orgues

La cathédrale disposait d'un orgue au moins depuis le (XIVème siècle). Il connut plusieurs aménagement successifs. A partir de (1740), les chanoines de la cathédrale s'adressèrent à plusieurs facteurs en vue d’édifier un grand instrument sur la tribune, en remplacement du précédent, qui datait du (XVIème siècle), François Thierry, Charles Cachet et Jean André Silbermann furent ainsi sollicités. Ils confièrent finalement le marché en (1751) à Nicolas Dupont, qui construisait alors les orgues de l’église St Jacques de Lunéville, et dont ils avaient pu apprécier sur place le travail. La réception des travaux eut lieu le 14 Juillet (1755). Les sculptures du buffet furent réalisées par Athanase Lacourt, de Toul. L'instrument avait 4 claviers et 41. Le 1er titulaire fut Jean Baptiste Nôtre (1732)-(1807), auteur d'un Livre d'orgue manuscrit. Comme il l’avait écrit dans son devis rédigé en (1751) pour les chanoines, l’ambition de Nicolas Dupont avait été de doter la cathédrale d’un instrument :

"comparable avec le plus grand nombre des grandes orgues de France, dans lequel on trouvera les jeux pour jouer tous les couplets qui peuvent se faire selon le bon goût du tems, et pouvoir les diversifier pendant tout un office, sans être obligé de répéter 2 fois les mêmes mélanges".

L'instrument de Nicolas Dupont, plusieurs fois modifié par la suite, fut complètement détruit le 20 Juin (1940) dans l’incendie de la cathédrale, et remplacé par un instrument dû à Curt Schwenkedel, inauguré le 23 Juin (1963) par Gaston Litaize. C'est un des plus beaux instruments du grand Est de la France. Les timbres variés, le grand plein jeux, les anches raffinées et son tutti clair et élégant permettent d'interpréter "Johann Sebastian Bach", mais aussi les compositeurs romantiques ou contemporains. Le buffet, construit sans boiseries, est composés de plusieurs plans sonores permettant une projection du son tout à fait étonnante. Plusieurs enregistrements viennent de voir le jour à l'occasion de l'inauguration de la restauration intérieure de l'édifice.

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