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Glossaire - Biographies
Tugdual 2 - Chronologie - Evêques
Extérieur - Intérieur - Cloitre - Statues - Trésor - Vitraux

- le Choeur

Le choeur "I" comprend 4 travées voûtées sur croisée d'ogives, 3 sensiblement barlongues et la travée absidiale pentagonale. Il est entouré d'un déambulatoire sur lequel s'ouvrent, entre les contreforts, 11 chapelles. Seule la clef de voûte de la 2ème travée "1" est armoriée et porte: "d'argent au lion de gueules tourné à dextre avec une crosse d'or en pal", armes de l'évêque Pierre Morelli (1385)-(1401). Celles de la 3ème travée "2" et de la travée absidiale "3" sont historiées et représentent respectivement "St Yves et St Tugdual.

"cliquez pour voir le plan"

Dans les anciens catalogues et les registres capitulaires, le choeur renfermait les tombeaux des évêques suivants (voir le plan):

* "c" de Jean de Ploeuc (1442)-(1453, à l'entrée, devant le pupitre;
* "d" de Jean de Coetquis 1454)-(1464 devant le trône épiscopal, tout auprès;
* "f" de Jean de Calloet 1502)-(1505 à droite en entrant près de la tombe de Jean de Ploeuc;
* "f" d'Adrien d'Amboise 1604)-(1616 même tombe que celle de Jean de Calloet;
* "h" de Guy Champion de Cicé 1620)-(1635 au milieu du choeur;
* "i" de Noel Deslandes 1635)-(1645 au milieu du choeur au droit de la tombe de son prédécesseur;
* "j" de Balthazar Grangier 1646)-(1679 au milieu du choeur, sous la lampe, entre les précédents;
* "k" d'0llivier Jegou de Kervilio 1694)-(1731, au droit du trône épiscopal, vers le centre;
* "l" de François Hyacinthe de la Fruglaye 1731)-(1745, à côté de celui d'Olivier Jegou, vers le trône épiscopal;
* "m" de Guy Le Borgne de Kermorvan 1746)-(1761, à côté de Mgr de Kervilio, du côté de l'évangile.

Toutes ces tombes, qui avaient d'ailleurs été picotées par les patriotes, furent rasées en Avril (1826) pour l'établissement du parquet. Celle de Mgr de la Fruglaye, transportée au manoir de Keranroux en Ploujean, se trouve encore dans la chapelle seigneuriale du côté de l'évangile. C'est une dalle de marbre noir, de 1m,25 mètre de long sur 1 mètre de large, dont les morceaux brisés ont été rapprochés et recollés. Sur le bord, on peut lire l'inscription suivante : "Franciscus Jacinthus de la Fruglaye Kerver, episcopus et comes Trecorensis, obiit XXIV dec. (1745)". Les armoiries et attributs épiscopaux qui l'ornaient ont été soigneusement martelés. La tombe de Mgr Grangier fut sans doute transportée à cette époque dans la chapelle de l'évêché, où elle subsistait, aux dires de plusieurs personnes, lorsque cet édifice fut démoli.

- les Chapelles

* "II" Chapelle actuellement de l'Archiconfrérie, cette chapelle était autrefois sous le vocable de St Nicolas.
* "III" Chapelle actuellement chapelle Ste Anne, elle n'a jamais changé de vocable.
* "IV" Chapelle aujourd'hui du Mont Carme, était primitivement sous le vocable de St Jérôme.
* "V" Chapelle actuellement de St Joseph, elle était autrefois sous le vocable de St Jean l'évangéliste.
* "M" Chapelle aujourd'hui de Ste Philomène, cette chapelle servait autrefois de passage pour se rendre au cloître.
* "VI" Chapelle aujourd'hui de la Ste Croix, comme toutes les chapelles adsidiales des cathédrales, elle était autrefois dédiée à la Vierge comme l'indiquent de nombreux actes.
* "VII" Chapelle aujourd'hui de St André, cette chapelle était, dédiée autrefois à St Martin.
* "VIII" Chapelle actuellement de St François d'Assise, elle était autrefois sous le vocable de Ste Catherine.
* "IX" Chapelle actuellement de N.D.de Bonsecours, était autrefois sous le vocable de St Tugdual.
* "X" Chapelle actuellement du Sacré Coeur, elle était jadis dédiée à St Jean Baptiste.
* "XI" Chapelle actuellement du Rosaire, cette chapelle double "XI et XII", donnant sur le déambulatoire et sur l'aile méridionale du transept était jadis sous le vocable de l'Ecce Homo.

- le Transept

Le transept, de forme légèrement trapézoïdale, comprend le carré flanqué de ses 2 croisillons.

* "XII" Le carré surmonté de la tour du sanctus "N", est voûté sur arcs ogives, aboutissant à une lunette pour le passage des cordes des cloches, l'une des cloches était sonnée au Sanctus d'où le nom de la tour. On y voyait autrefois, accostés au chanceau et comme lui disparus, 2 autels de chaque côté de l'entrée principale du choeur, côté de l'évangile, d'abord sans vocable spécial, prit le nom d'autel St Sébastien. * "XIV" L'autel du côté de l'épître, devant le choeur, était également sans vocable et servit, ainsi que nous l'avons vu, aux offices de la confrérie du St Rosaire à ses débuts.

- le Croisillon Nord

Il comprend 2 travées voûtées d'ogives et est terminé au Nord par la tour Hastings contre laquelle était le buffet d'orgues jusqu'en (1665). De Barthelemy et Guimart mentionnent que toutes les clefs de voûtes, tant de la chapelle du Duc que des croisillons du transept, portaient un large écusson semé d'hermines. Chardin indique au contraire pour les 2 clefs du croisillon Septentrional les armes de Bretagne pour la travée Nord et celles de France pour la travée près du carré , armes de Jean V et de Jeanne de France. Actuellement ce dernier écusson a été reblasonné d'azur à 3 fleurs de lys d'or, formées d'épis de blé de même, armes de Tréguier.

- le Croisillon Méridional

Il comprend 3 travées voûtées d'ogives dont les clefs de voûtes actuelles portent respectivement en partant du carré du transept: St Yves foulant un bouc, Bretagne et Bretagne. Il est terminé au Sud par le clocher ou tour neuve dont la croisée d'ogives porte une lunette pour les cordes des cloches. Ainsi que les enfeu concédé au sr. Pouriaven Le Bigot, vis à vis de la chapelle du Rosaire, contre le pilier qui fait le coin de la chambre capitulaire, tirant sur le portail des cloches, entre 2 pierres tombales y estantes. A la gauche de celles ci, et peut être même englobant l'une d'elles, 3 tombes sont également mentionnées dans un acte du 29 Décembre (1738) par lequel Messieurs du chapitre, octroient par charité la permission de faire enterrer mademoiselle Penroch, sans approbation du droit que prétendent les descendants de noble homme François Hervé sr. de Kerpuns en 3 pierres tombales s'entretenantes et joignantes l'une l'autre, vis à vis l'image de St Tugdual et joignantes le grand bénitier.

Or un autre acte du 27 Août (1703), relatif à l'une de ces 3 tombes, montre que le grand bénitier "P" occupait bien sa place actuelle contre le pilier Sud-Ouest du carré du transept acte du 27 Août (1703), Jacquette Le Bonniec, veuve de feu Charles Colin, et Louise Collin, épouse de Jean Hervé, sr. de Kerpuns et tutrice des enfants mineurs du sr. Collin, demandaient que le corps dudit Collin, décédé la veille, fut inhumé sous une pierre tombale dépendant d'une maison achetée le 26 Juin (1684) par Maurice Collin, père du dit Charles, pierre entre le marchepied de la porte des baptêmes et le grand bénitier. Il s'ensuit que la statue de St Tugdual, dont il est souvent question dans les comptes du chapitre, puisque l'on disposait devant une table pour les offrandes les jours de pardon, était érigée à l'angle Sud-Ouest du choeur, contre le pilier Sud-Est du carré du transept "L".

- la Nef

La nef, flanquée au Nord et au Midi d'un collatéral, comprend 7 travées voûtées d'ogives dont aucune clef n'est armoriée. Le bas côté Septentrional est lui même accosté, au droit des 5ème, 6ème et 7ème, travées, de la chapelle du Duc et sa 6ème travée était occupée jadis par le tombeau de St Yves à l'emplacement du mausolée actuel. Contre les piliers supportant les grandes arcades étaient édifiés des autels entourés de balustres sur lesquels se célébraient, ainsi que nous l'avons exposé, les offices paroissiaux et diverses fondations.

- 1er travée

Dans cette 1ère travée, il n'y avait pas d'autel, bénitiers étaient adossés comme aujourd'hui aux 2 piliers. L'acte autorisant Guillaume de Guicaznou à placer ses armes dans la verrière de la seconde travée du collatéral Nord mentionne que celles de Prigent Marc'hec et Bizien Meriadec, jadis chanoines, se trouvaient dans la première vitre du même bas côté. Sous le buffet d'orgues, Chardin vit encore une tombe aujourd'hui disparue portant l'inscription, "CY GIS RENÉE LOUZREC MARCHANDE, DÉCÉDÉE LE 15 FÉVRIER 1708."

- 2ème travée

Au Nord, l'autel contre le second pilier "XXI" était l'autel paroissial de l'Hôpital dédié à St Vincent ainsi que l'indique la fondation du 9 Juin (1536) par laquelle messire Yves Kerguiniou léguait 70 sols monnaie de rentes pour son enfeu devant l'autel N.D.de Pitié, donnant d'un bout à l'autel St Vincent. Près de cet autel est mentionnée également la tombe de Gilles de Kerderrien effigiée d'un chanoine et non loin de la tombe de Maurice Le Bozec, scholastique, tombe également effigiée d'un chanoine. Un autre texte indique cette tombe au bas de l'église, proche du grand bénitier, mais tous les textes concordent pour indiquer le grand bénitier contre le pilier Sud-Ouest du carré du transept. Il s'agit ici d'un des 2 bénitiers de la 1ère travée. Enfin, une 3ème tombe était celle du chanoine Yves Campion.

Dans la vitre du collatéral Nord étaient les armes de Guillaume de Guicaznou que le chapitre avait autorisées lors de la donation, par ce chanoine, de la porte du choeur. La clef de voûte de la croisée d'ogives voisine, porte un écusson sur lequel on distingue un sautoir chargé de 5 annelets d'argent, armes du chanoine Prigent Marc'hec. Dans cette travée, dans l'axe de la nef se voit une tombe dont le début de l'inscription commence aujourd'hui à s'effacer, mais que Gaultier du Mottay put autrefois déchiffrer complètement, "Ci mise Marguerite Milon épouse Morice Chastel, quelle Marguerite décéda le XIXème jour d'Avril l'an mil IIIIc LXIII, avec un écu dont le premier parti est coupé".

Contre le 2ème pilier séparant la nef du collatéral Sud était adossé un autel que nous croyons être, d'après une seule mention qui nous soit parvenue, l'autel St Laurent "XXII". Un acte du 29 Janvier (1506) mentionne en effet la cession par Guillaume et Jeanne Chrétien à Rolland Harscouet d'un enfeu, entre "l'aultier et l'ymaige" St Laurent et la mazière, du côté de l'église devers la porte épiscopale de la cité, pierre tombale donnant d'un côté, à la tombe de Jean Le Deuff sr. de Launay où fut inhumé récemment le corps de Françoise Regnart, d'autre bout à la pierre des hoirs de Maurice Gelart, d'autre bout à la pierre Yvon Rogier. Or nous venons de voir que, précisèment, cette dernière tombe était dans la 3ème travée.

En face était une arche avec une tombe élevée au fond de laquelle on voit les traces d'un retable sculpté, complètement martelé qui présente quelque ressemblance avec celui du tombeau du sénéchal de Coatgourheden, à N.D.de Guingamp. Or, sur la tombe élevée a été placé un gisant qui porte sur son armure une croix engreslée dont la branche du haut porte un annelet. Cette statue que Fréminville vit également dans le cloître, pourrait donc être celle d'un Coatgourheden, juveigneur de la maison de Locmaria. Le Raoulin mentionne d'autre part, en effet, la chapellenie fondée en l'église de Troguéry par Jeanne de Kerimel, dame de la Villebasse, qui eut pour héritier Henry Philippes et la fondation faite par ce dernier en la cathédrale. Il est à remarquer que le piédroit gauche de la labbe supporte le départ de l'archivolte d'un enfeu accolé jadis à celui-ci et aujourd'hui détruit.

- 3ème travée

L'autel contre le 3ème pilier Nord était dédié à N.D.de Pitié "XIX", comme le montre le bel enfeu, toujours visible, de l'archidiacre Jean de Nandillac, tombe, contre l'arcade vis à vis N.D.de Pitié, 3 écus de ses armes, d'argent à la fasce de sable frettée d'or, accompagnée de 3 roses de gueules, la décorent, armes que l'on voyait également jadis dans la fenêtre surplombant le monument. Mentionnons que sur cet autel se desservait, suivant le chanoine Le Gendre, la confrérie des tailleurs établie au (XVème siècle). Sur la face Sud-Est du pilier se voient les traces de 3 écussons, 2 de gueules à 7 macles d'or Rohan, l'autre d'argent à la croix ancrée de gueules. Au Midi, contre le 3ème pilier était l'autel St Jacques "XX", comme l'indique l'acte d'inhumation du 5 Février (1641) de Françoise Gargian, dame de Kergroas, dans l'enfeu des seigneurs du Rudonnou Gargian, jouxte le pilier de l'autel St Jacques. Les comptes de (1491) mentionnent un paiement fait à Yvon Le Scyet, menuisier, pour avoir fait, le lieu à colloquer la bible que messire Yves Le Branyec a donnée et fait mettre devant l'ymaige de St Jacques. Le fait que Philibert Le Gendre indique la chapellenie Garnier desservie sur l'autel St Antoine montre qu'au (XVIIIème siècle) cet autel avait pris ce nouveau vocable. Nous pensons, que l'arche qui se trouve dans cette travée du collatéral Sud devait être celle du chantre Yves Garnier. L'écu de sa clef de voûte est malheureusement martelé et sur la tombe élevée est placée la statue d'un homme d'armes portant un ceinturon à large boucle, longtemps déposée dans le cloître.

- 4ème travée

Contre le 4ème pilier séparant la nef du collatéral Nord était adossé l'autel paroissial du Minihy dédié à St Yves "XVII", autel qui, suivant Philibert Le Gendre, avait été édifié grâce aux libéralités d'un chanoine de la maison de Mousteru, probablement Bertrand de Mousteru, dont la tombe, effigiée d'un chanoine, était au pied. Le 17 Janvier (1727), Marie de Mousteru, épouse d'écuyer Jean Loz, sr. de Kervennou, fondait également un anniversaire sur l'autel St Yves et léguait à la cathédrale une tapisserie de Bergame, point de Hongrie, pour être tendue dans le chapitre. Les comptes de (1640) font connaître que cet autel était privilégié et prit également à cette époque le vocable du St Esprit comme le montrent entre autres les mentions suivantes, "Pour avoir fait expédier à Rome les bulles pour un autel privilégié 12 livres, pour faire approuver la dite bulle avec celle des indulgences pleinières au jour de St Yves, 40 sols, à Doublet, imprimeur à St Brieuc, pour 200 copies de la dite bulle touchant les indulgences à St Yves, pour un petit tableau avec l'escripture portant le privilège attaché à l'autel du St Esprit, 30 sols".

Sur cet autel également se desservaient les offices de la confrérie de St Yves, pieuse association de secours mutuels et fort ancienne, puisqu'une mention du 5 Mai (1457) fait connaître qu'Olivier du Cozkaer en faisait partie. Comme à la frairie blanche de N.D.de Guingamp, tout le monde y avait accès sans distinction de castes. Le 17 Avril (1583), le duc de Mercoeur et Marie de Luxembourg sa femme ne dédaignèrent pas de s'inscrire parmi les frères. Le 28 Janvier (1664), les juges, avocats et procureurs, réclamèrent l'administration de cette confrérie du glorieux St Yves, érigée en la cathédrale depuis plus de 200 ans, comme étant plus séant, attendu leur qualité et profession et même que le dict Sainct a en son temps exercé la justice. Les confrères, pour leur donner partielle satisfaction, décidèrent qu'à l'avenir il y aurait 2 gouverneurs dont l'un appartiendrait au corps de la justice et l'autre, ne serait pas de la dite profession.

Au Midi, l'autel contre le 4ème pilier "XVIII" était dédié à St Mathieu comme l'indique l'acte du 19 Juillet (1650) attribuant à la confrérie de la Charité, l'autel du glorieux St Mathieu situé en la nef de cette église du côté du martray et le proche de celuy du glorieux St Sébastien tirant vers le bas de la dite église. Sur la face Sud Ouest du pilier est un bénitier avec l'inscription, "A M. Y. PILVEN, P. 1581".

- 5ème travée

Au Midi, contre le 5ème pilier et devant le porche des baptistères, était l'autel paroissial de la Rive "XVI", dédié à St Michel et St Sébastien. Dans le collatéral Nord, à l'entrée de la chapelle Ducale, l'on rencontrait les tombes de la dame de Kerlouet, et la tombe d'Anne de Kerbouric puis, devant le tombeau de St Yves, la tombe du chanoine Jacques du Mousteru. Non loin, dans la nef, on trouvait une tombe ancienne dépendant d'une maison noble de la rue Guillaume que noble homme André Deslandes prétendait avoir achetée. Il demandait, le 1er Septembre (1653), au chapitre la permission d'en jouir et d'y apposer ses armes. 4 enfeux, sont mentionnés également près de l'autel St Sébastien celui de Naimes Le Leizour qui avait donné 5 sols le 23 Janvier (1513) pour transporter un enfeu de dessous le portail des cloches au pied de l'autel Monseigneur St Sébastien, et celui qu'Henry Le Bever avait obtenu moyennant 10 sols de rentes le 21 Janvier (1518), en l'aile au droit du tronc de Monseigneur St Tugdual, donnant d'un endroit au porche méridional et joignant d'autre à un enfeu où est inhumé le corps de Prigent Le Bever, son père.

Peu après, en (1493), la confrérie de St Sébastien fut érigée par les nobles bourgeois de Tréguier, confrérie sur laquelle, nous n'avons malheureusement aucun détail. Le 25 Février (1647), messire Guillaume Coz, prêtre, recteur de la cure de St Sébastien, exposait au chapitre que depuis quelques années cette confrérie était délaissée et abandonnée, et que désirant, moyennant le bon plaisir de Messieurs du chapitre, la faire rétablir et "raffraichir les bulles et indulgences autrefois concédées à la dite confrérie", il suppliait les chanoines de faire porter un plat pour recevoir la charité du peuple pendant la célébration de la messe de la confrérie, ce qui lui fut accordé. Mentionnons que le 21 Avril (1561), noble Rolland Pavic sr. de Crechangouez obtint de faire faire à neuf une vitre près de l'autel St Sébastien et d'y faire peindre ses intersignes de noblesse avec l'inscription "Pour Rolland Pavic le Vieil et Thomas son fils fut faite cette vitre". Ce 5ème pilier porte une fresque du (XVème siècle) représentant St Corentin mitré. De chaque côté 2 anges agenouillés tiennent des phylactères avec l'inscription, "Sancte Corentine, ora pro nobis". Actuellement l'on voit dans cette travée au milieu de la nef une tombe frustre et sur les marches du portail des baptistères, faites avec des débris de pierres tombales, une croix dont les bras sont en forme de fer de lance, et l'effigie d'une femme en costume du (XVème siècle).

- 6ème travée

Le mausolée de St Yves occupe le collatéral Nord à l'emplacement de l'ancien tombeau dont la trace des scellement des grilles s'aperçoit encore sur les piliers. Devant le pilier Sud-Ouest du tombeau, entre les 5ème et 6ème travées, était, à la fin du (XVIIème siècle), la chaire à prêcher "R" comme l'indique un acte du 20 Novembre (1695) concernant le tombeau d'Anne de Kerbouric. En face, sur le 5ème pilier méridional, était le Crucifix "S" ainsi qu'il ressort du testament, daté du 5 Mars (1516), de messire Jean Huytolle, vicaire de Tréguier et recteur de Trégonneau, mentionnant son désir d'être inhumé en la cathédrale, devant la tombe de St Yves, vis à vis du portail Méridional, devant l'image de Notre Sauveur, tombe pour laquelle il léguait 10 boisseaux froment de rentes. Contre le 6ème pilier séparant la nef du collatéral Sud se trouvait l'autel Ste Marguerite "XV" dont la place est spécifiée dans l'acte du 7 Septembre (1626) par lequel Guy Champion autorisait sa démolition pour faire place à un banc permettant au chapitre d'écouter les prédications. Touchant cette dernière, devant la porte du chapitre "T", était la tombe de Robert Michel et de Catherine Calvez qui avaient fait fondation d'une messe sur l'autel Ste Marguerite le 5 Janvier (1533), fondation dotée de 220 livres pour acquérir 12 livres de rentes. 3 jours plus tôt, Robert Michel avait fondé la messe de la confrérie de St Yves en la cathédrale.

- 7ème travée

Au milieu du collatéral Nord était la tombe de marbre de l'évêque Jean Baptiste Le Gras (1572)-(1583) "g" que le chapitre lui avait concédée le 24 Novembre (1564), alors qu'il n'était encore que chanoine, lieu de sépulture, dit l'acte, au milieu de l'arc existant en la partie supérieure du tombeau de St Yves, quelle voûte touchant à 4 colonnes, 2 du tombeau de St Yves, la 3ème renforçant la paroi de l'autel du Duc, la 4 à l'entrée du choeur. Un autre acte ajoute près du grand bénitier à l'entrée de la chapelle du Duc.

- Chapelle du Duc

La chapelle du Duc fut, construite vers (1440), pour recevoir la dépouille Ducale qui n'y fut déposée qu'en (1451). Elle donne sur les 5ème 6ème et 7ème travées du collatéral Nord et comprend 3 travées sur croisées d'ogives. Les 3 clefs portaient autrefois les armes de Bretagne et sont aujourd'hui respectivement blasonnées en partant de l'orient, d'or à la croix engreslée de sable, cantonnée de 4 alerions de même, armes de Kermartin, de gueules à la crosse d'or en pal accostée de 2 mitres épiscopales de mêmes chargées d'une croix de gueules, armes de l'évêché de Tréguier, d'hermines plein, armes de Bretagne.

L'emplacement du tombeau de Jean V est indiqué par une dalle commémorative en marbre rouge, taillée dans l'ancien tombeau de l'évêque Jean Baptiste le Gras, et portant l'inscription suivante, "ILLUSTRISSIMI PRINCIPIS - DOMINI IOHANNIS V BRITANNIAE DUCIS - QUI IN HONOREM DIVI IVONIS - MAGNIFICUM SEPULCRUM - NEC NON ISTUD SACELLUM OEDIFICARI FECIT - QUIQUE NANNETIS ANNO M.CCCC XLII - OBIIT - CORPUS HONORIFICE TRANSLATUM - ANNO M CCCC LI - HIC JACET - AD RENOVANDAM MEMORIAM - FABRICA ECCLESIAE TRECORENSIS PONI FECIT A. (1889)".

Face à l'autel, contre le pignon occidental de la chapelle, se trouve le mausolée de Mgr Le Mintier d'une assez médiocre exécution. Au pied, la dalle recouvrant les restes de l'évêque porte l'épitaphe, "AUGUSTUS RENATUS - LUDOVICUS LE MINTIER - DE Sto ANDREA - EPISCOPUS ET COMES - TRECORENSIS - OBIIT DIE XXI APRILIS - A. D. 1801 - SUB HOC TUMULO - LAPIDEO CORPUS - POST PUBLICAM POMPAN - DEPOSITUM FUIT DIE - 8° JULII (1868)".

Sur l'autel "XXIII" était célébré quotidiennement, la messe du Duc. Les revenus de cette fondation étaient partagés entre l'évêque, le chapitre et le bas choeur qui ne parait pas avoir été toujours satisfait de son lot si l'on en juge par une remontrance du 2 Janvier (1665). C'est, dans cette chapelle qu'était la réserve eucharistique et que se donnait la communion, suivant un acte du 18 Septembre (1654), dans lequel l'évêque exposait au chapitre que quelques personnes pieuses avaient l'intention de faire faire un balustre en la chapelle du Duc, où est l'armoire du très St Sacrement, pour la commodité des communions, pourvu que ces Messieurs l'aient agréable. Les chanoines agréèrent cette demande à condition que le passage de la procession et le service de l'autel ne fussent pas incommodés et que la chapelle fut étoffée suivant leur avis. Sur cet autel se desservait la confrérie du très St Sacrement ou du Sacre, érigée le 12 Juin (1483), confrérie des Cordonniers. Les comptes des gouverneurs nous montrent la coutume curieuse qu'avaient les confrères de payer partiellement en nature les artistes chargés de la décoration de la chapelle. Le compte d'Yves Le Bozec pour l'année (1691)-(1692) mentionne, par exemple, que pour la façon du tabernacle il paya au sculpteur Corlay 45 livres en argent et une paire de souliers d'une valeur de 30 sols à sa femme. Pour la dorure et la mise en place de ce tabernacle, 44 livres furent payées à François Robin plus une paire de souliers de 60 sols. Sur cet autel on célébraient les offices de la confrérie du Sacré Coeur de Jésus fondée par Mgr de Royère, le 10 Juin (1768).

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