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(Troyes, Aube (10), Champagne-Ardenne, France.)

- Historique.

Troyes, alors qu'elle était la capitale de la tribu des Tricasses, s'appela Augustobona. L'évangélisation de Troyes et de ses alentours auraient eu lieu au (IIIème siècle) par 2 envoyés de l'évêque de Sens Savinien, St Potentin et St Sérotin. Le 1er évêque en fut probablement St Amadou, mort en (†340). Afin qu'ils y établissent un lieu de culte. Ainsi une partie de la maison de l'hôte des 2 Saints aurait alors servi à cet effet. Durant les fouilles qui ont lieu au (XIXème siècle) dans la cathédrale, les archéologues découvrent sous le choeur actuel diverses parties de sols avec un système de chauffage par hypocauste qui ont pu appartenir à une villa Gallo Romaine, ce qui pourrait confirmer, au moins en partie, la véracité de ce récit. Important lieu de foires et de marchés, Troyes fut longtemps une cité florissante. Le déclin ne s'amorça qu'avec le mariage de Jeanne, dernière héritière des comtes de Troyes, avec Philippe le Bel, en (1284), ce qui eut pour résultat de rattacher la cité champenoise à la couronne de France.

En (1129), le chevalier champenois Hugues de Payns, chef de la milice des pauvres chevaliers du Christ à Jérusalem, se rendit en Occident pour participer le 13 janvier, au concile de Troyes ainsi nommé parce qu’il s’est déroulé dans la cathédrale St Pierre et St Paul de Troyes. De nombreuses éminentes personnalités étaient présentes :

* Le cardinal Mathieu d'Albano, légat du pape en France.
* Les archevêques de Reims et de Sens, ainsi que 10 de leurs évêques suffragants.
* 4 abbés Cisterciens, ceux de Cîteaux, Clairvaux, Pontigny et Trois Fontaines.
* 2 abbés Clunisiens, ceux de Molesmes et Vézelay.
* 2 chanoines.
* 2 maîtres et un secrétaire.

En plus des religieux, se trouvaient des personnages laïcs :
* Thibaut IV de Blois, comte de Champagne.
* André de Baudement, sénéchal du comté de Champagne
* Guillaume II, comte de Nevers, Auxerre et Tonnerre.

Un 1er édifice religieux avait sans doute été construit au (Vème siècle) par St Ours. (III siècles) plus tard, la nef en fut rebâtie mais les Normands la ravagèrent vers (890). L'évêque Milon devait alors opérer les reconstructions nécessaires et agrandir le choeur. L'ensemble fut complètement détruit par le grand incendie du 23 Juillet (1188) qui ravagea une grande partie de la ville. On se mit aussitôt à la tâche pour remettre l'édifice en état sous la direction de l'évêque Manassès de Pougy, du moins provisoirement. Sous l'épiscopat de Garnier de Traînel, vers (1200), commencèrent en effet les travaux d'édification de la nouvelle cathédrale Gothique qui devait rivaliser avec les grandes cathédrales d'alors. Le maître d'oeuvre, resté inconnu, concepteur du plan et de l'espace, était un homme d'expérience. Il connaissait les secrets de la croisée d'ogive et était initié aux règles subtiles exigées par le nombre et la proportion.

Après la mort de Garnier de Traînel, survenue en (1205), le pape Innocent III désigne, comme nouvel évêque, le grand archidiacre Hervé, originaire de St Benoît sur Vanne. A partir de (1208), il s'investit pleinement dans l'édification de la nouvelle cathédrale. Il fait jouer ses relations avec les hauts dignitaires ecclésiastiques, ce qui lui permet de recueillir des fonds pour le chantier. A sa mort, en (†1223), le choeur, le déambulatoire et les Chapelles Rayonnantes étaient achevés. Malheureusement, le 9 novembre (1228), un ouragan détruisit entièrement la charpente et tout fut à recommencer.

Le nouveau maître d'oeuvre, appelé à reprendre le chantier par l'évêque Robert, est sans nul doute un adepte du nouveau style émergeant, le Gothique Rayonnant, il conçoit un projet audacieux, en harmonie avec l'existant, mais dans l'esprit de l'évolution de l'architecture contemporaine. C'est probablement le 1er à utiliser un nouveau procédé consistant à remplacer, sous les fenêtres hautes, les habituelles tribunes issues de l'époque Romane par un triforium ajouré de vitraux, donnant davantage de luminosité à l'édifice. L'exemple est rapidement suivi dans toute la France. A la mort de Blanche de Castille, dont on voit les armes dans les verrières du choeur, celui ci est achevé et fermé par un mur provisoire.

Les voûtes étaient élevées dès (1240). En (1263), Jacques Pantaléon, né à Troyes en (1185), élu pape sous le nom d'Urbain IV (1261) fait appel à toute la chrétienté pour l'achèvement de la cathédrale. Il publie une bulle d'indulgences en faveur des fidèles qui aident de leurs deniers la poursuite du chantier, qui stagne désespérément au niveau du transept. En (1308), le choeur était achevé. Dès lors, on s'aperçut d'un manque de stabilité dû à l'emploi de pierres trop fragiles pour les fondations et, le 13 Août (1365), lors d'une tempête, le clocher, au dessus de la croisée du transept, s'abattit endommageant charpentes et voûtes avoisinantes. Il fut remplacé par une flèche de pierre. De (1381) à (1388), on construit le jubé. Il sera malheureusement démoli en (1793) en même temps que l'orgue attenant, alors qu'une poignée de crétins incultes s'acharne sur les statues extérieures et les scènes sculptées des tympans du grand portail. En (1390), la nef arrive jusqu'au triforium, à la 4ème travée. Le 9 Juillet (1430), la cathédrale était consacrée mais elle demeurait encore inachevée.

Vers (1497), la nef est voûtée. En b>(1501), la pose des verrières hautes y est terminée. Elles ont été offertes par de riches familles de la ville. Le Chapitre, après bien des hésitations, choisit finalement Martin Chambiges pour construire la façade Occidentale. Succédé par son fils, Pierre, et son gendre, Jean de Damas, ils réalisent un chef d'oeuvre de l'art Flamboyant. Les travaux ont débuté le 3 Mai (1507) et se poursuivront jusqu'en (1546) avec l'achèvement du 1er étage de la façade et de la grande rose, de 10 mètres de diamètre, du portail central reconstruite après s'être effondrée en (1537). Elle sera décorée par le verrier Jean Sourdain.

En (1554), la tour du Nord St Pierre s'élève jusqu'à la corniche située au dessus de l'horloge. Elle sera définitivement terminée en (1634), s'élève à 67 mètres. La tour du Sud St Paul, quant à elle, en reste au niveau du 1er étage de la façade. Elle ne sera jamais achevée, faute de ressources. L'ère du Gothique étant révolue, le nouveau maître d'oeuvre, Gabriel Favreau, adopte alors le style classique pour la tour St Pierre dont l'édification s'achève par la construction des 2 tourelles du sommet au lieu des 4 initialement prévues. En (1700), la foudre incendie les combles et le clocher central, haut de 108 mètres, qui ne fut jamais reconstruit.

Au cours des (XVIIIème siècle) et (XIXème siècles), de nombreux travaux, pas toujours très heureux, furent entrepris. Ceux ci ont retiré à l'ensemble de la cathédrale, notamment dans le choeur, une grande partie de son précieux modelé primitif. Le Gothique étant carrément considéré comme un style barbare, le Chapitre décide de mettre la cathédrale au goût du jour. Les travaux sont dirigés par Eugène Millet. On installe des grilles autour du sanctuaire. On badigeonne copieusement à la chaux tout l'intérieur de l'édifice. On pose un nouveau pavage dans le choeur avec des dalles de marbre de couleur, dont on recouvre aussi la base des piliers. On réalise un nouvel autel en marbre d'Italie et l'on donne dans le décor Gréco Romain, en particulier pour les Chapelles Rayonnantes de l'Abside.

Durant la Révolution, de nombreuses statues et les scènes sculptées des tympans du grand portail furent mutilées. Le jubé est démoli en (1793) en même temps que l'orgue attenant. Durant la même période, l'abbaye de Clairvaux et son mobilier sont vendus comme "bien national". Le Chapitre en profite pour acheter les stalles qui seront installées dans le choeur de la cathédrale en (1802).

C'est le style Néo Gothique en (1840) qui est à la mode. Exit le décor Gréco Romain des chapelles rayonnantes, qui retrouvent leur style d'origine. L'embellissement intérieur se poursuit. Mais bientôt, de graves problèmes apparaissent dans le gros oeuvre de l'édifice, en (1841), il fallut reconstruire la façade Méridionale. De plus, des travaux de remise en état dureront jusqu'en (1866), comprenant la réfection des voûtes et la restauration de l'abside qui du être démontée, pièce par pièce, pour en consolider les bases par la réfection des fondations du pourtour, reprise des contreforts et arcs boutants. En (1862), la cathédrale a été classée par les Monuments Historiques.

Long de 114 mètres, large de 50 mètres et haut de 29m,50 sous voûte, l'intérieur de l'édifice comprend une nef de 7 travées 55 mètres de long flanquée de doubles collatéraux et, au delà du transept, un choeur 50 mètres de long par 40 mètres de large formé de 4 travées droites et d'un hémicycle à 5 pans qui est entouré d'un double déambulatoire bordé de 5 Chapelles Rayonnantes en forte saillie. La coupole s'élève à 62m,30. La façade occidentale mesure 45 mètres de large par 31 mètres de hauteur. Soulignons qu'au fil des siècles, pour toutes les campagnes de construction, on a exclusivement suivi le plan originel, de l'abside au portail Occidental. Ce plan, gardé fidèlement dans les archives du Chapitre durant les siècles de construction, manifeste l'art Ogival dans l'absolue pureté de sa conception et la plénitude de ses moyens.

Ce vaisseau, un des plus ajourés de tout le Moyen Age, est éclairé par de large fenêtres et par un volumineux triforium à claire voie. Le choeur et le déambulatoire ont conservé leurs très belles verrières du (XIIIème siècle), cependant que les fenêtres hautes de la nef présentent un ensemble exceptionnel de verrières du (XVème siècle) et du début du (XVIème siècle), témoignage capital de l'art du vitrail troyen qui, à la fin du Moyen Age, connût son apogée. Les 1.500 m2 de verrières d'époque, datant du (XIIIème siècle) au (XIXème siècle), font de la cathédrale un fantastique livre d'images pour l'étude de l'évolution de l'art du vitrail au fil des siècles. Les couleurs flamboyantes et les dessins remarquables, sont le trésor de cet édifice.

On y trouve aussi la Châsse de St Bernard de Clairvaux, une très belle chape du (XIIIème siècle) ainsi qu’une collection d’émaux Mosans et Limousins. De l’autre côté de la rue de la Cité se dresse l’abbaye St Loup, du (XVIIème siècle) et (XVIIIème siècle). Elle accueille aujourd’hui le Musée St Loup, musée des beaux arts, de l’archéologie et de l’histoire naturelle.

Le Palais Episcopal, du (XVIème siècle) et (XVIIème siècle), est adossé à la cathédrale. Il abrite aujourd’hui le Musée d’Art Moderne, qui rassemble 2.000 oeuvres du début du (XXème siècle), avec une prédilection pour les mouvements fauve et expressionniste. Les petites rues qui circulent autour du Musée d’Art Moderne, de par leurs très belles maisons à pans de bois, sont une invitation à la flânerie.

Face à la cathédrale se situe le Cellier St Pierre, ancien cellier du chapitre de la cathédrale dans lequel les chanoines y entreposaient vin et blé. Sa charpente date du (XIIIème siècle).

En continuant sur la rue de La Montée St Pierre, on découvre l’Hôtel du Petit Louvre, une très belle bâtisse en pierre, ancienne maison canoniale du chapitre St Pierre. Au (XIXème siècle), cet édifice servait de poste aux chevaux et accueillait les diligences allant de Troyes à Paris. Rue de la Cité enfin se dresse l’Hôtel Dieu le Comte, datant du (XVIIIème siècle), et dont la cour est fermée d’une imposante grille en fer forgé doré du serrurier parisien Delphin. Il est possible de visiter l’apothicairerie de l’Hôtel Dieu le Comte, quai des Comtes de Champagne.

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