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- Sainte Chapelle de Vincennes


- Présentation.
* Culte : Catholique Romain.
* Type : Chapelle.
* Style : Gothique Flamboyant.
* Protection : Classé Monument Historique (1862).

- Situation.
* Pays : France.
* Région : Ile de France.
* Département : Val de Marne.
* Commune : Vincennes.

- Historique.

La "Sainte Chapelle de Vincennes" est une chapelle fondée en (1379) dans l'enceinte du château de Vincennes, à la demande du Roi de France Charles V, afin d'y abriter les reliques de la "Passion du Christ". La construction a commencé juste avant la mort de Charles V en (†1380), ne fût inaugurée qu'en (1552) sous le règne d'Henri II, et ce, après une très longue interruption des travaux à partir du début du (XVème siècle). Le Collège de Chanoines est installé dès Février (1380).La Ste Chapelle est destinée, comme celle du Palais de la Cité à Paris, à abriter une part des Reliques de la Passion. En entreprenant ce chantier, Charles V voulut faire de Vincennes, en pendant au Palais de Paris, une 2ème Capitale du Royaume. Le vieux palais traditionnel parisien subsiste mais, à Vincennes, dans un cadre adapté et grandiose exprimant fortement par sa qualité, sa richesse et son décor, l'idéologie d'une monarchie triomphante, une nouvelle capitale est née. La Ste Chapelle a été construite selon le plan traditionnel des Chapelles Castrales, un vaisseau unique, un choeur formé d'une travée droite et d'une abside à 5 pans cantonnée par 2 oratoires destinés l'un au Roi et l'autre à la Reine.

Une annexe, au Nord, sert de Sacristie au rez de chaussée et de Trésor à l'étage. L'Oratoire du Roi est actuellement occupé par le tombeau du Duc d'Enghien, qui fut jugé à Vincennes et fusillé dans le fossé sud du château en (†1804). L'élévation générale est d'une grande simplicité. A l'extérieur, des contreforts profonds maintiennent, au dessus d'un soubassement, de grandes fenêtres coiffées d'un gâble. La silhouette générale de l'édifice est élancée et l'était d'autant plus qu'une flèche se dressait au-dessus de la 2ème travée de la nef.

- la Construction

Les travaux sont confiés aux architectes Raymond du Temple et Pierre de Montereau. Le plan de base reprend celui de la Ste Chapelle du Palais de la Cité à Paris. La Ste Chapelle de Vincennes est aussi haute mais nettement plus longue et plus large que celle de la Cité. La différence essentielle entre les 2 édifices tient au fait que la chapelle de la Cité, élevée au (XIIIème siècle, est à double étage, alors que celle de Vincennes, bâtie à un moment où ce type d'édifice n'est plus à la mode, est sur un seul niveau. La nef de la Ste Chapelle de Vincennes illustre les débuts du style Gothique Flamboyant, un chef d'oeuvre, dans l'architecture Royale à la fin du (XIVème siècle). Les vitraux du choeur, classés Monument Historique, sont réalisés et posés en (1555)-(1556) par le célèbre maître verrier Nicolas Beaurain.

A la mort de Charles V en (†1380), les travaux continuèrent avec son successeur le Roi Charles VI. Sous son règne sont achevés le Choeur, les 2 Oratoires, la Sacristie et le Trésor contenant les "Reliques de la Passion". L'élévation de la Nef, d'un seul niveau et aux vertigineuses proportions, se poursuit. Les travaux perdureront sous les règnes successifs des Rois de France, avec un certain nombre d'intermèdes. La façade n'est terminée que sous le règne de Louis XI vers (1480). Il confirma, par ses lettres Patentes, les privilèges de la Ste Chapelle octroyés par ses prédécesseurs, en Février (1474). Sous François Ier, l'aumônier ordinaire du Roi, Guillaume Dubois, fut trésorier de la Ste Chapelle du Château de Vincennes, puis chantre de la Ste Chapelle de Paris.

Ce n'est que sous Henri II que les décors intérieurs sont réalisés. En (1551), il fait transférer le siège de l'"Ordre de Saint Michel du Mont Saint Michel à Vincennes" pour des raisons d'accessibilité. L'édifice est inauguré en (1552). Les vitraux définitifs remplacent en (1559) des verrières blanches installées provisoirement en (1556). En (1793, lors des évènements de la Révolution Française, les décors intérieurs sont détruits et les vitraux sont déposés. La Ste Chapelle de Vincennes conserva longtemps, dans son trésor, le Baptistère de St Louis. Depuis Louis XIII au moins, il servait de cuve baptismale lors des Baptêmes des enfants de France. le Baptistère Royal fut transféré au Musée du Louvre après la Révolution en (1793). Dans ses murs reposent des personnages Historiques, Bernardin Gigault, Marquis de Bellefonds, Seigneur de l'Ile Marie et de Gruchy, né en (1630,) mort le 4 Décembre (†1694) à Vincennes, fut un militaire Français, Maréchal de France en (1668), Louis Antoine de Bourbon Condé, Duc d’Enghien Chantilly (1772), Vincennes, 21 Mars (†1804), Prince du sang Français, exécuté dans les fossés du château de Vincennes.

Si la décoration intérieure a été dans l'ensemble très soignée, l'élément le plus remarquable était sans conteste l'ensemble de verrières offert par Henri II. Il a été commandé par Philibert Delorme, le maître d'oeuvre, au célèbre vitrailleur parisien Nicolas Beaurain, d'après des cartons d'un artiste non identifié parfois désigné comme le maître des verrières de Vincennes. Il s'agit peut être de Claude Badouin ou de Jean Cousin l'Ancien. Chef-d'oeuvre incontesté du vitrail Parisien du (XVIème siècle), elles se caractérisent par un usage important de la Grisaille, la structuration des compositions par des éléments architecturaux et une attention toute particulière à la luminosité. Les couleurs qui y dominent sont donc avant tout des teintes claires, "jaune, orangé et gris". Beaurain y fait preuve d'une maîtrise toute particulière de son art liée au prestige de ce chantier, les plaques de verre coloré sont de grande taille, atteignant parfois 40 à 50 centimètres, la peinture est extrêmement soignée, notamment sur les visages traités comme des tableaux, la Grisaille est appliquée sur les 2 faces du verre de manière à créer des effets d'Opalescence . Alexandre Lenoir, qui les a sauvées, et Emile Mâle les considéraient avec la plus grande admiration, ce dernier les désignant comme "l'oeuvre la plus somptueuse qui ait jamais été consacrée à l'Apocalypse".

Le peintre Charles Carmoys peint la voûte et la décore des initiales (H et K) "Henry II et Catherine de Médicis". Vous trouverez aussi dans le décor des croissants de Lune qui se mélange aux initiales, il est aussi certain que ces croissants de Lune se trouvaient également sur les vitraux des fenêtres d’après des dessins de la fin du (XVIIème siècle). La Lune était une allusion aux 2 devises successives du Roi Henri II, mais aussi une évocation discrète à la maîtresse du roi, Diane de Poitier.

Lors de la tempête du 26 Décembre (1999), le vent a traversé à 200 km/h la Ste Chapelle, détruisant les vitraux des baies de la Nef qui avaient été refaits après leur destruction lors de la dernière guerre, des verrières blanches aux bordures colorées. Le vent a en outre provoqué un effet de tambour mettant les voûtes en vibration, faisant tomber de nombreux joints et provoquant d'importantes déformations. Des travaux de rénovation et de consolidation ont été effectués, pour un coût de 4.284 Millions d'Euros. Ces travaux ont consisté principalement au remplacement de certaines pierres, reprise des joints et des reins de voûtes, restauration des peintures des plafonds et des 56 têtes sculptées à la base des culots. Le bâtiment est à nouveau ouvert au public depuis Septembre (2009). Toutefois, la chute d'une gargouille en Janvier (2009), a fait entreprendre une campagne de restauration de la façade qui devrait s'achever en (2011). La restauration des vitraux du choeur et des réseaux de plomb est prévue à partir de (2012).

- les Verrières

La composition des verrières a été structurée en 4 registres superposés, séparés par des éléments d'architecture Renaissante contrastant avec les huisseries Gothiques dans lesquelles s'inséraient les fenêtres. Tous les éléments d'architecture sont réalisés en Grisaille. En bas, on trouvait la figuration d'un soubassement sculpté de trophées devant lequel se trouvaient des personnages prière tournés vers le Choeur. Il s'agit de chevaliers de St Michel en habits de l'ordre. Dans la verrière centrale du Choeur, à la place d'honneur, on voit le Roi en prière flanqué de 2 trophées aux armes de France, tourné vers une Vierge à l'Enfant trônant, dont l'original est aujourd'hui au Louvre et que toutes ces figures semblent regarder. Au dessus se trouvaient 2 registres historiés délimités par la figuration d'arcs de style Renaissance. Entre les 2 court une frise alternant des Triglyphes et des Métopes décorées de monogrammes, de triples croissants et d'arcs et de flèches. Une seconde frise reprenant les mêmes emblèmes dans des rinceaux sommait ces 2 registres. Un 4ème registre se situait en haut des verrières, dans la partie Ogivale. Il se composait de pignons à volutes et des emblèmes déjà mentionnés.

Les verrières de la nef ont été en grande partie perdues lors des destructions de l'époque Révolutionnaire. Elles sont essentiellement connues par des dessins, notamment les relevés de Gaignières. Le décor y était emblématique. Dans le choeur, en revanche, le décor illustre l'Apocalypse selon St Jean. Les vitraux s'y caractérisent par une Polychromie très marquée avec un usage virtuose des verres colorés, allant des roses pastel et du Jean Cousin aux rouges et aux bleus les plus denses. Les nombreuses scènes de flammes, notamment, sont traitées avec une maîtrise exceptionnelle de cet art. Le sujet se répartit sur 5 grandes verrières et 2 petites verrières hautes, soit 12 panneaux historiés :

* Verrière haute, à gauche du chœur : vision des 3 anges.
* 1ère verrière, en haut : le petit livre.
* 1ère verrière, en bas : les 2 témoins.
* 2ème verrière, en haut : la 3ème trompette D"il chut du ciel une grande étoile".
* 2ème verrière, en bas : la 4ème trompette "le tiers du soleil, de la lune et des étoiles".
* 3ème verrière, en haut : la 5ème trompette "J'aperçus alors une étoile déchue du ciel".
* 3ème verrière, en bas : la 6ème trompette "J'entendis alors une voix, issue des 4 coins de l'autel".
* 4ème verrière, en haut : la 1ère trompette "une grêle de feu mêlé de sang se précipita sur le sol".
* 4ème verrière, en bas : la 2ème trompette "une sorte de grande montagne ardente se précipita dans la mer".
* 5ème verrière, en haut : les 7 tonnerres.
* 5ème verrière, en bas : la dernière trompette "Le 7ème ange enfin sonna de la trompette".
* Verrière haute, à droite du Choeur : vision du fils de l'homme.

- Vincennes et la Cité

La différence, la Ste Chapelle de Vincennes est aussi Haute mais nettement plus Longue et plus Large que celle de la Cité. La différence essentielle entre les 2 édifices tient au fait que la Chapelle de la Cité, élevée au (XIIIème siècle), est à 2 étages, alors que celle de Vincennes, bâtie à un moment où ce type d'édifice n'est plus à la Mode, est sur 1 seul niveau. La Nef de la Ste Chapelle de Vincennes illustre les débuts du style Gothique Flamboyant dans l'architecture Royale à la fin du (XIVème siècle). Les vitraux du Choeur, classés Monument Historique, sont réalisés et posés en (1555)-(1556) par le célèbre maître-verrier Nicolas Beaurain.

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