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Glossaire - Biographies
Photos.

- Château de Beaumesnil


- Présentation
* Période ou style : Renaissance.
* Type : château.
* Début construction : (1633).
* Fin construction ! (1640).
* Propriétaire initial : Jacques Le Comte de Nonant.
* Destination initiale : habitation.
* Propriétaire actuel : Fondation Fürstenberg Beaumesnil.
* Destination actuelle : musée.
* Protection : Classé Monument Historique (1966).

- Situation
* Pays : France.
* Anciennes provinces de France : Normandie.
* Région : Haute Normandie.
* Département : Eure.
* Commune : Beaumesnil

- Description

De la forteresse élevée au (XIIIème siècle), il ne subsiste, pour la mémoire, qu’une Motte couverte d’un labyrinthe végétal qui matérialise l’emplacement d’une ancienne tour talutée. Rare exemple de château d’époque Louis XIII l’essentiel de la construction, dirigée par l’architecte Jean Gallard, se situe entre (1633) et (1640), la demeure actuelle, contemporaine de la fontaine Médicis et de l’hôtel de Sully, porte l’empreinte de la Renaissance Finissante, mais on y trouve aussi la marque de courants nouveaux, venus d’Italie, style Florentin et de Hollande. Les matériaux utilisés sont la brique et la pierre. La brique, bon marché, était produite en grande quantité en Normandie mais, pour remédier aux éventuels défauts de fabrication, il était d’usage de renforcer les parties les plus fragiles avec de la pierre.

Côté Ouest, l’entrée principale est précédée par un pont, une vaste cour formant terrasse et un escalier de plusieurs marches aboutissant à mi hauteur entre le sous sol et le 1er étage. Venant du parc, côté Est, on franchit un autre pont qui débouche sur un double escalier donnant directement sur le 1er étage. L’ensemble comprend, un avant corps central surmonté d’un lanternon, symbole de puissance où 2 feux signalaient toute la nuit aux alentours l’emplacement du Château, un corps de logis rectangulaire comportant 3 travées de part et d’autre de l’avant corps, où se trouvaient les appartements des Maîtres de maison et les pièces réservées aux invités de Marque, 2 pavillons latéraux, ajoutés au (XVIIIème siècle), où on logeait les personnes de moindre importance, le tout coiffé d’une haute toiture en ardoise.

- le Logis

Le logis se compose de 4 niveaux, un sous sol, 2 étages et 1 étage de combles. Sur les façades, construites par les Frères Martin et Toussaint La Flèche, c’est la ligne verticale, soulignée notamment par la hauteur des baies et des cheminées, qui domine. La décoration est assez chargée, chaque baie, chaque fenêtre, chaque lucarne est surmontée d’un fronton cintré ou triangulaire dont le centre est occupé par un Mascaron inspiré des masques de la "Commedia dell'arte". Le motif répétitif d’un (M) et d’un (D) entrelacés rappelle les initiales de la première propriétaire Marie Dauvet Des Marets. On note l’association de 3 couleurs, le bleu de l’Ardoise, symbole du Ciel, le blanc de la Pierre, couleur Royale, et le rouge de la Brique, couleur des Empereurs Romains.

Le grand Escalier d’Honneur est entièrement logé dans l’avant corps. Au niveau inférieur du corps de Logis, qui abrite un Musée de la Reliure, se trouvent, une pièce de rangement dans laquelle on entreposait notamment les bûches et le vin à servir le jour même, la Cuisine avec sa cheminée monumentale, à l’intérieur de laquelle les Cuisiniers pouvaient circuler, un Puits, un Coussiège, sorte de banc en pierre construit dans le renfoncement des fenêtres, qui permettait de profiter de la lumière naturelle pour effectuer des travaux de couture, la Cuisine est directement reliée au 1er étage par un escalier de service.

-le Grand Salon

La Bibliothèque, dans laquelle on conserve un extrait des minutes de l’interrogatoire de Ravaillac, exposé dans une vitrine, un tableau représente Marie de Médicis, le Grand Père de l’épouse du 1er Propriétaire fut un de ses Ministres, au dessus de ce tableau, on lit la devise des Montmorency, le carrelage Rouge reprend différents emblèmes de cette famille "l’aigle, le lion, le trèfle à quatre feuilles au milieu d’une branche de laurier et la croix des Croisés". Le Grand Salon en partie Louis XV, avec, au centre, des sièges dits, courants qu’on déplaçait fréquemment, recouverts de tissus aux motifs de fables de La Fontaine et de personnages exotiques et, le long des murs, des sièges cannés dits, meublants qu’on ne déplaçait pas, dont on recouvrait l’assise d’une galette en Hiver, un paravent à 4 pans protégeait des courants d’air la personne installée sur le lit de repos, meuble confortable souvent utilisé pour la Conversation, la cheminée est décorée d’une coquille St Jacques au naturel, des lambris, sculptés dans les parties supérieures, sont présents sur les 4 murs, le tapis, qui recouvre une grande partie du parquet, était roulé et rangé quand la pièce n’était pas utilisée, au dessus de la cheminée, la glace est composée de 5 éléments car la technique Française du début du (XVIIème siècle) ne permettait pas encore la fabrication d’une grande surface d‘un seul tenant, au plafond, la partie centrale, peinte en bleu, est encadrée par un bandeau d’ornement. Une salle à manger, dont le sol est carrelé, comme dans la bibliothèque, aux armes des Montmorency, des tapisseries ont été posées par la suite mais la règle voulait qu’il n’y ait pas de tissu accroché aux murs en raison du risque d’imprégnation des odeurs, de même, la cheminée a été ajoutée au (XIXème siècle), avant, elle n’avait pas sa place dans ce type de pièce, les appartements de Madame, dont une chambre dans laquelle on reconnaît un portrait d’Henriette de France, Reine d’Angleterre, le secrétaire était équipé d’un dispositif ingénieux, l’ouverture du cylindre déclenchait le déplacement de la tablette et le retrait de celle ci commandait la fermeture du cylindre, le décor d’un dessus de porte est agrémenté de brins de muguet.

-la Quintinie

Le domaine de 80 hectares, il atteignait près de 3.000 hectares au (XVIIIème siècle) comprend également, à l’Est, un Parc traversé par une longue allée dans le prolongement du Château, bordée symétriquement par des carrés de pelouse et, au delà, par une zone boisée, il fut à l’origine réalisé par Jean Baptiste de La Quintinie, au Nord, des jardins à la Française dits "la demi lune" et "les quatre saisons", ils sont parsemés de statues, une vaste pièce d’eau entourant complètement le Château et la Motte Féodale qui s’y reflètent, ces sortes de douves sans fonction défensive sont agrémentées de jets d’eau, à l’Ouest, des communs et une Ferme situés de part et d’autre de l’allée qui mène du portail à la cour d’honneur. On y trouvait aussi une Glacière, chaque domestique devant 2 jours de corvée en hiver pour récupérer de la glace aux alentours.

- les Possesseurs

L'existence d’un domaine à Beaumesnil est attestée depuis (911), date du traité de St Clair sur Epte. A ce jour, une quinzaine de familles propriétaires s’y sont succédé :

Familles de Meulan (1171).

* 1015-1094 : Roger de Beaumont, vicomte de Rouen, il épouse Adeline de Meulan

* 1048-1118 : Robert Ier de Meulan, comte de Meulan, fils du précédent.

* 1048-1118 : Galéran IV de Meulan, comte de Meulan fils du précédent.

* 1142-1204 : Robert II de Meulan, comte de Meulan, fils du précédent.

Familles de Harcourt (1171)(1418).

* 1150–1212 : Robert, baron d’Harcourt, reçoit le bien en dot par son mariage en (1171) avec sa cousine Jeanne de Meulan, fille du précédent.

* 1180–1239 : Richard, seigneur de Beaumesnil, fils des précédents, il épouse Jeanne Tesson, dame d’Avrilly, il fait construire un château fort.

* 1220-? : Robert, seigneur de Beaumesnil, fils des précédents, il épouse Jeanne de St Célerin.

* ?-1313 : Robert, seigneur de Beaumesnil, fils des précédents, il épouse Jeanne de Villequier.

* ?-1346 : Robert, seigneur de Beaumesnil, fils des précédents, il épouse Jeanne de Prunelé.

* 1330-1390 : Robert, seigneur de Beaumesnil, fils des précédents, il épouse Marguerite de Mauvoisin.

* ?-1396 : Robert, seigneur de Beaumesnil, fils des précédents. Marie dame de Flers, soeur du précédent.

Familles de Paynel (1396)(1418).

* 1343-? : Guillaume Paynel, seigneur de Milly, épouse la précédente.

* 1360-? : Marie dame de Flers, fille des précédents.

* 1418-1449 : Intermède Anglais. En (1418, durant la guerre de 100 Ans, Henri V d'Angleterre installe au château Robert de Willoughby, les Anglais en sont chassés en (1435) par Florent, sire d’Illiers, mais ils le récupèrent un peu plus tard.

Familles de Tournebu (1449)(1463).

* 1449-1463 : Jean, fils de Guillaume de Tournebu et de Marie Paynel, dame de Flers (précédemment citée), qui avait elle même hérité de Beaumesnil de sa mère Marie d’Harcourt, ramène cette terre dans le giron Français, il épouse Louise de Hangest.

Familles de Harcourt Lorraine (1463)(1604).

* ?-1473 : Jean, comte d’Harcourt, comte d’Aumale, baron d'Elbeuf, achète Beaumesnil à Jean de Tournebu, il meurt sans alliance ni postérité.

* 1451–1508 : René, neveu du précédent, il épouse en (1485) Philippe de Gueldre. Claude, duc de Guise, fils cadet des précédents, il épouse en (1513) Antoinette de Bourbon Vendôme.

* 1536–1566 : René, baron d'Elbeuf, fils des précédents, il épouse en (1555) Louise de Rieux.

* 1556 1605 : Charles, duc d’Elbeuf, fils des précédents.

Familles du Comte de Nonant (1604)(1660).

* ?-1622 : Félix, baron de Nonant, achète Beaumesnil en (1604) à Charles de Lorraine pour son fils Jacques.

* ?- 641 : Jacques, marquis de Nonant, écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Louis XIII, fils du précédent, fait construire le nouveau château qui sera transmis exclusivement par héritage ou par mariage jusqu’en (1927), il épouse en (1623) Marie Dauvet Des Marets, petite fille de l’ambassadeur Nicolas Brûlart de Sillery, chaque année, après avoir accompli son service, il revient passer 3 mois sur ses terres.

* 1644-1654 : Pomponne François , marquis de Nonant, fils des précédents.

* ?-1693 : Catherine, soeur du précédent.

Familles de Bouton de Chamilly (1660)(1722).

* 1630–1668 : Hérard, chevalier, comte de Chamilly et gouverneur de Dijon, reçoit Beaumesnil en dot en (1660) par son mariage avec Catherine.

* 1663–1722 : François, comte de Chamilly, ambassadeur extraordinaire au Danemark, fils des précédents, il épouse en (1690) Catherine Poncet de La Rivière. Madeleine, fille des précédents.

Familles de Malet de Graville de Valsemé (1722) milieu du (XVIIIème siècle).

* 1722–1750 : Malet de Graville de Valsemé.

* 1698-? : Louis Robert, marquis de Valsemé, lieutenant général des armées, épouse Madeleine en (1722).

Familles de Martel milieu du (XVIIIème siècle)(1760).

* 1750–1760 : Suzanne Louise Martel, petite fille de Madeleine et de son 1er mari François Martel (?-(1722), comte de Clère, maître de camp.

Familles de Béthune Chârost (1760)(1802).

* 1738–1800 : Armand Joseph de Béthune, duc de Chârost et pair de France, descendant direct de Sully, épouse Suzanne Louise en (1760), à la Révolution, le château est pillé, le duc est arrêté et, bien qu’il ait aboli les droits féodaux sur ses terres, son fils Armand (1771)-(1794) est guillotiné à 23 ans.

* 1772-1828 : Maximilienne Augustine Henriette de Béthune, à la fois cousine et veuve d’Armand, hérite de la propriété.

Familles de Montmorency Laval (1802)(1851).

* 1773-1851 : Eugène Alexandre, marquis de Montmorency puis 4ème duc de Laval, épouse en (1802) Maximilienne, précitée, veuf, il se remarie avec Constance de Maistre, ayant fait voeu d’édifier une chapelle si les Bourbons revenaient au pouvoir, ils tiennent parole à l’avènement de Louis XVIII et la chapelle est consacrée en (1820), le marquis meurt sans postérité.

Familles de Maistre (1851)(1927).

* 1789–1866 : Rodolphe de Maistre, frère de Constance, hérite le domaine, il épouse Charlotte Espérance de Plan de Sieyès.

* 1832–1897 : Charles, comte de Maistre, fils du précédent.

* 1868–1934 : Rodolphe, comte de Maistre, fils du précédent.

Familles de Dimitri Pavlovitch Romanov.

1873-1936 : Gonzague, frère du précédent, ayant sauvé de la ruine le château que son frère lui avait cédé après la 1ère Guerre mondiale, il le vend en (1927) à une société Américaine.

Familles de Romanov (1927)-(1939).

1891–1942 : C’est le grand duc Dimitri Pavlovitch qui est propriétaire de cette société, son épouse Audrey Emery, d’origine américaine, restaure les pavillons.

Familles de Fürstenberg (1939) à nos jours).

1890-1982 : Jean Fürstenberg et son épouse Eugénie achètent la propriété, ils créent un musée de la reliure. Au décès de Jean, la fondation Fürstenberg Beaumesnil, reconnue d’utilité publique en (1966), s'efforce de maintenir en état l’ensemble du domaine et de ses collections.

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