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Glossaire - Biographies
Chronologie - l'Eglise
Château - l'Eglise


- Château d'Ecouen


- Situation
* Pays : France.
* Région : Île-de-France.
* Ville : Ecouen.
* Début des travaux : (XVIème siècle).
* Fonction utilisation : Château Musée.
* Date d’inauguration : (1977).
* Collections : Art de la Renaissance.
* Classé : Monument Historique en (2007.

- Architectes
* Jean Bullant.
* Jean Goujon.
* Masseot Abaquesne.
* Bernard Palissy.
* Nicolò dell'Abbate.
* Léonard Limosin.
* Philibert Delorme.

- siècles suivants
* Antoine-François Peyre.
* Jules Hardouin-Mansart.

- Historique

Situé sur une butte offrant un panorama sur la plaine de France, le château d'Ecouen , Val d'Oise, fut construit à partir de (1538) par le Connétable de France, Anne de Montmorency, au service de François Ier puis d'Henri II, il s'agit de l'une des possessions du connétable qui a disposé de plus de 130 châteaux et 600 Fiefs simultanément. Le Connétable est alors l'homme le plus puissant du Royaume, rival de la famille des Guise. Pour le bâtir, Montmorency fit raser la forteresse Médiévale qui s'y dressait auparavant. L'architecture du château témoigne de la puissance et des ambitions d'Anne de Montmorency, à la fois militaire et passionné d'art, il découvrit les Palais transalpins lors des guerres d'Italie et souhaita s'en inspirer pour bâtir sa demeure d'Ecouen. Héritier de l'importante fortune de la Maison de Montmorency et bénéficiaire des faveurs Royales, il put bâtir cet important château.

Le plan d'origine, dû à un architecte inconnu, en (1538), est un Quadrilatère flanqué de 4 pavillons d'angle. En (1547), Anne de Montmorency fit appel à Jean Bullant pour achever l'aile Nord et construire le portique de l'aile Sud qui devait abriter les 2 sculptures de Michel Ange, "l'Esclave mourant et l'Esclave rebelle", que le Roi Henri II venait de lui offrir. Jean Bullant était à l'époque un architecte très renommé qui conçut également l'église St Accuel d'Ecouen, le Palais des Tuileries, l'Hôtel de la Reine. Aujourd'hui le collège de la ville porte encore son nom, il est représenté sur le fronton de l'Hôtel de ville de Paris, il aurait été enterré à Ecouen. Anne de Montmorency fera également appel aux plus éminents artistes européens de l'époque comme Jean Goujon, Bernard Palissy ou encore Masseot Abaquesne. Avec ses vitraux, sculptures, pavements, lambris, peintures, marbres, orfèvreries, tapisseries, poteries, émaux et fontes, la construction du château fera appel à tous les arts, avec une claire volonté de luxe. Le château est achevé en (1555). Ecouen devient rapidement le lieu de villégiature favori du Roi Henri II à qui une aile entière du château est réservée pour ses fréquents séjours. Il promulguera dans ce lieu le cruel "Edit d'Ecouen", prélude aux Guerres de Religion, ordonna de tuer sans procès les Protestants fauteurs de trouble. Henri II meurt quelques mois après, et les guerres commencent. Anne de Montmorency, toujours Connétable, est tué pendant la bataille de St Denis alors qu'il commandait l'armée Royale. Après l'exécution d'Henri II de Montmorency, petit fils d'Anne, qui avait organisé une rébellion contre le Cardinal Richelieu, en (1632), la branche aînée des Montmorency s'éteint. Louis XIII confisque le château, puis le donne à Charlotte d'Angoulême. Sa descendance légua le domaine à la famille des Condé, qui possédait notamment le château de Chantilly. C'est alors que le parc actuel fut dessiné par Jules Hardouin Mansart. L'aile Ouest fut détruite en (1787) par les Condé, faisant disparaître de nombreuses fresques et oeuvres d'art, dont une partie fut retrouvée dans la forêt ou dans la ville.

Avec la Révolution Française, le château est confisqué. Il sert tour à tour d'Hôpital, de Prison Militaire et de lieu de réunion d'un club Patriotique. En (1805), Napoléon y ouvre "Une maison d'éducation de la Légion d'Honneur", accueillant les filles de personnalités s'étant vues décorées. 2 ans plus tard, une nouvelle aile, plus basse, est construite pour remplacer celle qui avait été mise à terre. A la Restauration, Louis XVIII restitue le château aux Condé qui ne l'entretinrent presque pas jusqu'en (1850), date à laquelle Louis Napoléon Bonaparte décidé d'y implanter de nouveau "la Maison d'éducation de la Légion d'Honneur". Elle restera à Ecouen plus d'un siècle, jusqu'en (1962). Au cours du (XIXème siècle), la fontaine Hortense est élevée dans le parc du château par Eugène de Beauharnais. En (1862), le château d'Ecouen apparaît dans la liste des Monuments Historiques.

En (1962), la maison d'éducation quitte le château qui est alors cédé au ministère des Affaires Culturelles. André Malraux cherchait alors un lieu où exposer les collections Nationales de la Renaissance, dont la plupart étaient stockées dans l'hôtel de Cluny faute de place. Il fallait un édifice particulièrement grand pour pouvoir accueillir les tapisseries de David et Bethsabée qui mesurent 75 mètres de long. Le château d'Ecouen, seul lieu du patrimoine disponible pouvant exposer ces tapisseries aux dimensions contraignantes, fut donc choisi pour devenir le "Musée National de la Renaissance". Par ailleurs son imposante architecture, digne des châteaux de la Loire, était un symbole particulièrement fort de l'art Renaissance. Après d'importants travaux, le musée ouvrit ses portes en (1977). Seul musée en France consacré à la période, ses 32 salles Muséographiques abritent notamment une collection d'Orfèvrerie, issue du legs de la baronne Salomon de Rothschild, (1922), des céramiques Ottomanes Iznik, des émaux peints de Limoges, la collection d'armes d'Edouard de Beaumont, des terres cuites de Masséot Abaquesne, ainsi que l'ensemble des pièces de céramique de l'atelier de Bernard Palissy exhumées lors des fouilles du Louvre. L'oeuvre la plus connue de la collection demeure la série de 10 tapisseries consacrée à l'histoire de David et Bethsabée. Tissées à Bruxelles dans les années (1515)-(1520), elles auraient appartenu à Henry VIII d'Angleterre. On peut également admirer 2 tapisseries datées de (1545)-(1546) d’après des cartons de Giulio Romano. Elles appartiennent à la série des 8 tapisseries constituant la "Tenture des Fructus Belli".

Le château est visité tant pour son architecture et son histoire, que pour sa collection d'oeuvres de la Renaissance. Si les oeuvres exposées sont contemporaines de l'édifice, la plupart ne proviennent pas du mobilier d'origine d'Ecouen, qui fut dispersé à la Révolution Française, et dont une partie se trouve aujourd'hui à Chantilly. L'intérieur du château jongle donc entre reconstitutions de salles d'origine et exposition des riches collections du musée. La rénovation du domaine dans les années (1970), pour accueillir le musée, concerne également le parc. Les paysagistes s'essayèrent à rendre aux alentours du château leur aspect original, en restaurant allées et parterres. Le domaine est entièrement classé en (2007). A Ecouen, l'église St Acceul et la Forêt sont également classés Monument Historique. A la suite de la défaite de (1871), la construction d'une série de forts est entamée, ceinturant la capitale pour mieux la défendre. C'est à ce moment que le "Fort d'Ecouen" est bâti. Il ne faut en aucun cas le confondre avec le château. Le Fort est une construction polygonale de défense, dans la Forêt, conçu pour pouvoir abriter plus de 300 hommes et 22 pièces d'artillerie en cas de guerre. Une partie du Fort d'Ecouen a disparu, mais il en subsiste encore de nombreuses traces. Le Fort fait partie du classement aux Monuments Historiques, qui concerne le domaine du château, englobant donc le Fort.

Le Musée est visité non seulement pour ses collections, mais aussi pour son architecture. Il s'agit en effet d'une réalisation majeure de la Renaissance Française. Édifié en 12 ans par différents architectes et artistes, il témoigne de plusieurs influences :

  * La 1ère Renaissance, avec notamment les parties plus anciennes qui rappellent les Châteaux de la Loire, antérieurs à Ecouen.
  * La 2ème Renaissance, avec par exemple le Portique des Esclaves, plus maniéré, dans la cour intérieure.
  * Un certain classicisme triomphal, avec la façade Nord visible depuis la "Plaine de France".

De ces différentes influences il naît un sentiment de grande diversité de l'architecture du Château. Toutes les façades intérieures et extérieures sont uniques et différentes des autres. Enfin on peut signaler qu'une aile du monument était destinée au Roi, et présente donc une allure originale, plus richement ornée que le reste de l'édifice. Il est donc conseillé d'utiliser le chemin piéton qui fait le tour du monument afin d'en voir toutes les faces. Par ailleurs, les terrasses offrent de magnifiques vues sur "Ecouen et sur la Plaine de France", vaste plaine agricole. Une partie du décor d'origine est toujours présent à l'intérieur du château d'Ecouen. On peut ainsi admirer les frises ornées, les menuiseries, pavements, vitraux, lambris, bustes, et surtout les 12 cheminées peintes qui constituent un ensemble d'oeuvres uniques. La chapelle du château est également une pièce riche en décors intérieurs, avec notamment un très beau plafond peint. En revanche, une grande partie du mobilier d'origine a été emporté à la Révolution, et se trouve à présent disséminé dans divers châteaux et musées, notamment à Chantilly. Enfin les "Esclaves de Michel Ange", sculptures qui se trouvaient dans la cour du Château d'Ecouen ont aussi été emportées et sont à présent au Louvre à Paris. Des moulages remplacent les originaux.

- les Collections

Bien que le fonds du Musée ne cesse de se développer grâce aux dons ainsi qu'aux achats, une grande partie des pièces exposées proviennent du "Musée de Cluny, à Paris". Les collections sont réparties en 6 principales catégories :

* Mobilier : Armoires, sièges, dressoirs, tables souvent très ornés.
* Arts du feu : Céramiques, vitraux, verrerie, émaux.
* Arts du métal : Orfèvrerie.
* Peinture : 12 Cheminées peintes uniques en France, ainsi que des tentures de cuir peintes.
* Arts de la laine et de la soie : tapisseries et dentelles.
* Sculptures : Avec notamment le haut relief Diane et Actéon
* Un banc d'Orfèvre, banc à étirer daté de (1565) et conçu par Leonhard Danner pour Auguste Ier de Saxe fait partie des pièces maîtresses du musée.
* Horlogerie : Une Horloge en forme de Navire.
* Tapisserie : L'une des 10 suites de David et Bethsabée.
* Peinture : Adoration des Mages par Pieter Coecke Van Aelst.
* Peinture : La montée au Calvaire, peinture sur toile de Toussaint Dubreuil représentant la scène de la Crucifixion.
* Faïence : Le Déluge, embarquement sur l'Arche, triptyque réalisé vers (1550) par Masseot Abaquesne.
* Vitrail : Représentation de François Ier portant le manteau de "l'Ordre de Saint Michel", vers (1555).
* L'Orfèvrerie et l'Horlogerie au musée statuette de "Daphné, Wenzel Jamnitzer, Nuremberg, vers (1550), la statuette réalisée à Nuremberg, est l'un des principaux chefs d'oeuvre exposés au musée. Il s'agit d'une statuette en argent blanc, partiellement doré, surmontée par une grande branche de corail rouge. Elle représente la nymphe Daphné changée en arbre, illustrant un chapitre des "Métamorphoses d'Ovide". L'oeuvre faisait partie du legs de la baronne Salomon de Rothschild (1922).
* L'horloge Automate, dite de la Nef de Charles Quint est également une pièce importante. Il s'agit de l'une des horloges les plus élaborées et ornées créées à la Renaissance. Elle est attribué à Hans Schlottheim (1545)-(1625), célèbre horloger d'Augsbourg entre (1580) et (1585). 2 autres exemplaires nous sont parvenus, l'un est exposé au British Museum de Londres, l'autre au Kunsthistorisches Museum de Vienne.
* La Montre en forme d'étoile à 10 Branches, attribuée à l'orfèvre Martin Duboule, qui vécut de (1583) à (1639) à Genève. Le boîtier de la montre est constitué d'or, d'émail noir et de diamants.

- la Faïence

Le château d'Ecouen, devenu "Musée National de la Renaissance, Val d'Oise" fut bâti par Anne de Montmorency, grand amateur de céramiques. Il contient donc de très nombreuses faïences de l'époque Renaissance, dont une partie fut réalisée par Masseot Abaquesne. On peut citer notamment le triptyque en faïence le Déluge, embarquement sur l'Arche, ainsi que les pavements en céramique. Ce sont des oeuvres typiques de la Renaissance, probablement réalisées vers (1550), et très colorées du fait de leur fonction d'ornement. On peut admirer au château des assiettes de faïence réalisées par Nicola da Urbino en (1525) ainsi que des céramiques de Bernard Palissy. D'origine différente, mais de la même époque, le Musée National de la Renaissance d'Écouen expose également 522 pièces uniques de faïence Ottomane, plats, bouteilles, coupes. Elles furent pour l'essentiel réalisées dans la 2ème moitié du (XVIème siècle), à İznik, en Turquie. De très nombreuses autres faïences et céramiques provenant du monde entier sont visibles dans ce Musée, dans la collection des Arts du feu. Toutes les oeuvres datent de la Renaissance.

La Société des Amis du musée national de la Renaissance au château d'Ecouen fondée en (1970), elle veille depuis à la sauvegarde du château d'Ecouen. Elle accompagne désormais les activités scientifiques du musée national de la Renaissance, organise concerts, visites et conférences. La société contribue également au développement et l'enrichissement des collections du château. Elle participe en effet à l'achat d'objets d'art dans le but de compléter le fonds des collections.

L'édifice appartient à la "Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur". Le musée est sous tutelle du Ministère de la Culture. Depuis (2005), le directeur du musée est Thierry Crépin Leblond, conservateur général du patrimoine. Des générations d'artistes célèbres se sont succédé au fil des siècles pour faire du château d'Ecouen un imposant monument. Il expose aujourd'hui les collections françaises de l'époque de la Renaissance dans tous les domaines artistiques, tapisseries, armes, sculptures, vitraux, céramiques, mobiliers, orfèvreries, peintures. En France, il s'agit de l'unique musée entièrement consacré à la Renaissance. Selon le "Comité d'Expansion Economique du Val d'Oise", le château est l'un des principaux sites touristiques du département en nombre de visiteurs par an en (2008) il a même été le 1er site visité du Val d'Oise. Il est situé à 19 km au Nord de Paris et à 15 km de l'aéroport de Roissy.

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