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- Château de Foix
* Période ou style : Médiévale.
* Type : "Château Fort".
* Protection : "Monument Historique" Classé M.H. (1840).
* Pays : France.
* Anciennes provinces de France : Comté de Foix.
* Région : Midi Pyrénées.
* Département : Ariège.
* Commune : Foix.

- Historique

Sur son rocher impressionnant, il domine la ville, contrôle l’accès vers la haute vallée de l’Ariège, surveille le bas pays, se protège derrière des murailles imprenables. L’emplacement du château a été stratégiquement bien choisi car comme la centaine de châteaux forts de l’Ariège, la plupart sont en ruines de nos jours, il date d’une époque de grande insécurité, de Brigandage, de rivalité de territoire et en plus il devait commander le passage de la chaine des Pyrénées pour lutter contre les invasions. Au "Moyen Age", le château passait pour imprenable, " El castels es tant fortz qu’el mezis se defent", "le château est si fort qu’il se défend par lui même" dit la Chanson. Les grottes du Roc de Foix au confluent de l’Ariège et de l’Arget, sur lequel est construit le château était déjà habité à la "Préhistoire", une forteresse s’y élève à l’époque "Mérovingienne" mais le château que nous admirons a été construit autour de l’(an mil). Il est le berceau de la célèbre famille Comtale qui plus tard s’étendra à la Vicomté du Béarn, puis au royaume de Navarre et même au trône de France en la personne d’Henri IV. Le Comte de Foix est avec le Présidentde la République Française, "Cosuzerain d'Andorre".

Le château est mentionné pour la 1ère fois dans une charte au début du (XIème siècle), construit à la fin du siècle précédent. En (1002), il figure dans le testament de Roger Ier Trencavel, Comte de Carcassonne qui lègue la forteresse à son fils cadet Bernard. Ce 1er château Féodal était constitué d’une unique tour dont on retrouve les bases dans celles de l’Arget et qui était construite à l’endroit naturellement le plus élevé de l’éperon rocheux. Une enceinte protégeait le haut du rocher, le mur suivant le bord des falaises ce qui ne faisait guère que les rehausser. Ce monument permit aux Comtes d’asseoir leur autorité et de consolider leur implantation dans la région. En effet, la famille Seigneuriale régnant sur le pays s’était installée à cet endroit qui permettait de commander les accès à la haute vallée de l’Ariège, de surveiller de ce point stratégique le bas pays tout en se protégeant derrière des murailles imprenables. En (1034), le château devient "Chef lieu du Comté de Foix" et joue un rôle déterminant dans l’histoire "Militaire Médiévale". Durant les (II siècles) suivants, le château abrite des Comtes aux personnalités brillantes qui furent l’âme de la résistance Occitane pendant la croisade contre les Albigeois et leur Comté devint le refuge privilégié des "cathares persécutés".

XIVème siècle

A partir du 1er donjon, on perfectionna le bâtiment. Le 1er sceau Comtal connu, celui de Raimond Roger (1188)-(1223), Comte de Foix au début du (XIIIème siècle), comporte sur une de ses faces un dessin très symbolique du château de Foix. Il comportait une 2ème tour carrée, celle du milieu, et un grand bâtiment qui reliait ces 2 tours. Ce bâtiment semble avoir possédé au moins 2 étages et fut certainement très différent de ce qui subsiste aujourd’hui. Il pourrait avoir servi de salle "Seigneuriale, lieu de Réception et Centre Décisionnel du Comté". La tour carrée est nommée dans les actes médiévaux "tour neuve", ce qui prouve sa construction après celle de l’Arget.

Au (XIIIème siècle) 2 actes nous renseignent sur le nombre d’enceintes et l’occupation des abords du château et des terrasses en contrebas des tours. Les Comtes de Foix possédaient une maison située dans la montée, près de l’actuel Tribunal de Foix qui suivait le même chemin qu’aujourd'hui. On accédait au château par 2 portes. Le château était protégé par 2 enceintes et comptait également dans ses murs une Chapelle et plusieurs citernes. Notons qu’au (XIIIème siècle), les 2 tours du château n’avaient pas de toitures. A cette époque, le château formait une résidence spacieuse pour le "Comte, sa famille, ses proches et ses hommes de guerre". Les fenêtres sont élargies, les sols carrelés de terres cuites ornées de motifs.

A cette époque, le château dut subir les attaques des Croisés lors de la Croisade contre les Albigeois (1208)-(1249). Le maître du château est Raymond Roger de Foix, grand défenseur des Cathares. Son comté est un sanctuaire pour les persécutés, et lui même est entouré de femmes très engagées. Son épouse Philippa compte parmi les 1ères "Religieuses Cathares", sa soeur Esclarmonde a participé au débat qui opposa avant la croisade les "hérétiques" aux "Légats du Pape", sa belle fille est croyante Cathare et subit un terrible outrage posthume, en (1269), l’Inquisition fera "exhumer et brûler ses restes". En (1211), le chef des Croisés Simon de Montfort met le siège devant Toulouse mais ne parvient pas à prendre la ville. Il décide donc de ravager le Comté de Foix voisin et allié de la maison Toulousaine, "Je ferai fondre comme graisse le rocher pour y griller le maître" aurait il déclaré devant la forteresse qui demeura imprenable en dépit de ses efforts. Mais les croisés ne pénètrent que peu dans le Comté de Foix. Ils installent leur quartier d’hiver à Pamiers et opèrent quelques razzias jusqu'à Foix. Mais le château lui même ne fut pas inquiété par ses opérations de faible envergure qui touchèrent surtout les faubourgs de Foix.

Le Comté fut relativement épargné par la Croisade dont l’issue fut fatale pour les Comtes de Toulouse. Le traité de Meaux Paris en (1229) amputa le comté, sur sa frange Est, en isolant une Seigneurie de Mirepoix et en occupant des positions éparses. En (1241), Roger IV devint Comte de Foix à la mort de son père. Sentant que la situation devenait défavorable, il refusa pour la 1ère fois depuis le début de la Croisade son soutien militaire au Comte de Toulouse, en (1242), précipitant ainsi l'échec de sa dernière révolte. Roger IV se tint éloigné de l'affaire de Montségur.

- Fin du Moyen Age

De Roger Bernard III à Gaston Fébus. La fin du "Moyen Age" fut un temps d’aménagements importants et encore visibles. On entoura la tour de l’Arget d’une chemise probablement à l’époque du conflit entre Roger Bernard III et les Rois de France et d’Aragon. On perfectionna la tour du milieu, voûtant les plafonds peut être au début du (XIVème siècle comme semble le suggérer le Sceau d’Eléonore de Comminges, femme de Gaston II (1315)-(1342), Comte de Foix et mère de Gaston Fébus, placé sur la clé de voûte du 1er étage. On ajouta aussi une Barbacane et des Châtelets sur l’accès donnant sur l’extérieur de la ville, du côté de la route de St Girons. Le 1er Châtelet commandait 2 Echauguettes surveillant la montée. Le Châtelet supérieur renforçait une Barbacane et la défense des lices, 1ère plateforme intérieure du château. Ces nouvelles constructions alliaient la pierre calcaire du rocher et la brique qui réapparaît au (XIVème siècle) dans les constructions militaires de la région. Les 2 donjons furent dotés d'un crénelage.

On construisit une 3ème et dernière tour durant la 1ère moitié du (XVème siècle). Cette tour ronde fut d'emblée conçue comme un bâtiment voué à la résidence plus qu'à la défense, porte au rez de chaussée alors que les tours militaires ne connaissent aucune ouverture avant le 1er étage, fenêtres largement ouvertes, cheminées et conduits indépendants sur 4 étages, latrines avec conduit d'évacuation, plafonds voûtés. La tour ronde fut un travail d’architecture complexe et coûteux qui fut entrepris sous le règne de Gaston Fébus. Comte de Foix très puissant de (1343) à (1391) gagna à Launac en (1362) une importante bataille contre la maison rivale d’Armagnac qui lui disputait son héritage de Béarn. Beaucoup de grands Seigneurs du Sud-Ouest furent faits prisonniers par les Fuxéens au cours de la bataille et Fébus les fit enfermer au château de Foix en attendant que leurs familles et leurs proches puissent acquitter les rançons qui permettraient de les libérer. Ainsi les Comtes d'Armagnac et de Comminges, les Seigneurs d’Albret, Jean de la Barte, les Seigneurs de Pardalha furent enfermés quelques mois dans les prisons du château de Foix avant d’être transférés vers Pamiers puis vers Mazères pour assouplir leur détention. C’est sans doute avec l’argent des rançons que Fébus réalisa de nombreux travaux et aménagements dans les châteaux qu’il possédait dont celui de Foix. Henri III de Navarre, dernier Comte de Foix devint Roi de France sous le nom d'Henri IV.

La "Tour Ronde" mesure 32 mètres de haut et ses murs atteignent 4 mètres d'épaisseur. Pour être plus facilement aménagées, les salles sont de plan Hexagonal et s’affranchissent de la forme ronde de l’extérieur de la tour. Pour en faire un bâtiment somptueux, on utilisa même des pierres taillées dans une carrière de grès à quelques kilomètres de Foix alors qu’il était plutôt d’usage dans la région de tailler directement les rochers où étaient bâtis les châteaux. Le grès peut être ouvragé beaucoup plus finement que le calcaire du rocher de Foix, il peut même être scié très régulièrement. Pourtant malgré ses aménagements, les Comtes de Foix devenus Vicomtes de Béarn, de Marsan et de Gavardan et qui vivent à Orthez, délaissent de plus en plus le château lorsqu'ils viennent séjourner dans le pays de Foix, au profit du château de Mazères et du palais des Gouverneurs, l'actuel tribunal, situé en contrebas.

- Le château caserne
XVème au XVIIIème siècle

A cette époque le château de Foix n’est pas abandonné pour autant, ce qui protégea le bâtiment de la possibilité de s’en servir comme carrière par les habitants de la ville et donc le protégea de la ruine. Au milieu du (XVème siècle), la "Tour Ronde" ou une partie servait de dépôt pour les archives Comtales. Le château fut très vite transformé en Caserne et livré à lui même, ce qui accéléra sa dégradation. En (1570), il y avait 8 hommes en garnison dans le château, ce qui peut paraître faible mais aisément compréhensible en l’absence de conflits. Seule la Chapelle fut entretenue de façon régulière. Les abords du rocher déjà embroussaillés servaient aux habitants pour faire paître les troupeaux et étendre leurs draps. Le château avait alors piètre allure. A partir de (1479), le Comte de Foix devient Roi de Navarre et le dernier d’entre eux, devenu Henri IV, Roi de France en (1607), annexe ses terres Pyrénéennes à la France. Siège du gouverneur du Pays de Foix depuis le (XVème siècle), le château continue à assurer la défense du Pays, notamment pendant les "Guerres de Religion".

Après l'ordre de rasement de Richelieu (1632)-(1638), le château faillit être démoli mais la décision ne fut jamais appliquée. A cette époque, nombre de châteaux furent rasés car il était trop coûteux de les garder et ces bâtiments pouvaient se révéler dangereux si on ne les contrôlait pas. C’est ce qui va arriver à un dizaine de châteaux dans la vallée de l’Ariège, dont ceux de Pamiers et de Mazéres. En (1635) commença, dans le cadre de la guerre de Ans, une guerre contre l’Espagne qui aboutit en (1659) au Traité des Pyrénées et on retrouva une utilité au château de Foix proche de la frontière tout en oubliant l'ordre de démolition. L’ouvrage fortifié demeura ainsi une garnison jusqu’à ce qu’au milieu du (XVIIème siècle) on commence à y installer plus ou moins régulièrement des prisonniers.

- De la prison au
Musée départemental

Le château fut utilisé comme prison, en réalité, le château de Foix a servi de prison dès le "Moyen Age", car les Comtes de Foix étaient des justiciers. Mais un espace réduit était à cette époque dévolu à cette fonction. A partir du (XVIIIème siècle) et surtout au début du (XIXème siècle), le château et ses tours furent entièrement transformés en prison. A la Révolution, lors de la création du département de l’Ariège, ce pénitencier devint départemental. La prison rassembla alors des personnes qui étaient accusées ou prévenues, en attente de jugement et celles qui étaient condamnées à de courtes peines. L’origine des prisonniers est très disparate, "mendiants, bandits de grands chemins, hommes emprisonnés pour délits forestiers".

La fonction de prison conduisit à de nombreuses modifications architecturales du château. Des grilles furent posées sur les ouvertures, des portes de cellules solides furent installées avec des serrures efficaces. On construisit de nouveaux bâtiments sur les terrasses Est pour y abriter l’"Administration Pénitentiaire". Les prisonniers gravèrent des graffitis sur les murs de leurs cellules et on peut encore les observer dans les différentes salles de la "Tour Ronde" qui servaient de cachots. Les conditions de détentions étaient effroyables. De plus la prison souffrit chroniquement d’une surpopulation et du manque d'espace. Au début du (XIXème siècle), les détenus étaient une petite centaine, leur nombre atteint presque 200 en (1859) et le faible nombre de salles ne permettait pas de les séparer selon les crimes et délits commis comme la loi l’imposait. On finit donc par construire une prison moderne dans la ville de Foix et l'on déplaça les prisonniers, créant en (1864) et pour une courte durée un dépôt de mendicité sur le site.

La fin du (XIXème siècle) connut en Europe un regain d’intérêt pour le "Moyen Age" et le patrimoine historique. Le château fut alors classé "Monument Historique" et restauré sous la direction de Paul Boeswillwald ancien collaborateur de Viollet le Duc lors de la restauration de la cité de Carcassonne. Les restaurateurs tentèrent de revenir au "Monument Médiéval" ou plutôt à la conception qu’ils en avaient. Le château qui s’offre à nos yeux aujourd’hui est le fruit de cette restauration.

Depuis (1930), le château abrite les collections du "Musée Départemental de l’Ariège". "Préhistoire, Archéologie Gallo Romaine et Médiévale" témoignent de l’histoire de l’Ariège depuis les temps les plus anciens. Actuellement, le musée redéploie les collections autour de l’histoire du site du château s’attachant à restituer la vie à Foix au temps des Comtes.

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