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Glossaire - Biographies
Photos


- Château de Grignan
* Période ou style : Classique, Renaissance.
* Début construction : (XIIème siècle).
* Propriétaire actuel : Conseil Général de la Drôme.
* Protection : Inscrit Monument Historique (1947), (1987)
- Classé Monument Historique (1993).

- Situation
* Pays : France.
* Région historique : Rhône Alpes.
* Département : Drôme.
* Commune : Grignan.

- ls ont fait le Château
et
ils l'ont occupés

Le 1er Château sur le site de Grignan est d'abord un domaine agricole Gallo Romain qui est devenu une dépendance de l'évêque de Die. Au (Xème siècle), une fortification est construite par la petite aristocratie locale. Avant (1035), le propriétaire du 1er château devient Rostaing de Grignan. Dès (1106), la présence du château va permettre le regroupement des habitations à son pied. C'est probablement au (XIIème siècle) qu'est construite la 1ère enceinte du bourg Castral Primitif. Dans la 2ème moitié du (XIIème siècle), les Adhémar de Monteil vont progressivement capter la Seigneurie.

Un branche Cadette des Adhémar, les Adhémar de Grignan, vont posséder la Seigneurie en (1239). Pour assurer la sécurité de leurs terres, les Seigneurs de Grignan obtiennent du Comte de Provence, en (1257), qu'elles portent le titre de terre adjacente de Provence, donnant des privilèges et l'autonomie fiscale et judiciaire. Au (XIIIème siècle), le village s'agrandit, nécessitant une modification de l'enceinte vers le Nord. La Chapelle St Romain est construite pour le château ainsi qu'un corps de salle allongé au Nord dans le prolongement de la tour carrée Résidentielle. A la fin du (XIIIème siècle), la Seigneurie devient une Baronnie. Au (XIVème siècle), la défense des portes du château se renforce.

- le Château Renaissance

Entre (1478) et (1495), Gaucher Adhémar (1450) (1516), qui fut au service de Louis XI, double la largeur de la salle, crée des espaces résidentiels et remanie les façades de l'ancienne forteresse du Moyen Age. C'est probablement le mariage de Gaucher Adhémar avec Diane de Montfort, héritière des titres de Comte de Campobasso et de Duc de Tremoli, qui a permis d'introduire de nouvelles formes architecturales. Ces formes sont déjà connues des Provençaux à Avignon et Marseille grâce aux oeuvres de Francesco Laurana et de son école. Par ailleurs des membres de la famille de Grignan étaient au contact des Comtes de Provence, tel Guyot Adhémar, bisaïeul de Gaucher, qui a été Chambellan de Louis III d'Anjou en (1419). La soeur de Gaucher, Jeanne Adhémar, a épousé en (1439) Pierre de Glandevès, Grand Echanson du Roi René.

En (1495), Gaucher Adhémar obtient de l'évêque de Die d'ouvrir une fenêtre dans la Chapelle St Romain pour construire la grande galerie d'apparat des Adhémar. L'état du château fait en (1516) après la mort de Gaucher Adhémar de Grignan cite 2 fois la galerie qui est donc terminée à cette date. Louis Adhémar (1474) (1558), fils de Gaucher, a été ambassadeur du Roi François Ier à Rome en (1538), puis Lieutenant Général pour le Roi en Provence en (1541). Il avait épousé en (1529) Louise de Tournon, nièce du Cardinal de Tournon, ce qui lui permit d'approcher le Roi François Ier. Le Roi François Ier, revenant de Marseille, où il avait rencontré le pape Clément VII et marié le futur Henri II avec Catherine de Médicis, accompagné de ses fils, de la Reine et du Duc de Vendôme, est venu visiter le château en Novembre (1533).

Entre (1540) et (1545), Louis Adhémar entreprend la construction du corps de logis Sud, probablement par Antoine Soysson qui a succédé, après (1539), au maître maçon Jean de l'Occhia, ou Jean Delauche, pour terminer l'édification de la collégiale St Sauveur entre (1539) et (1543) en contrebas du flanc Sud-Ouest du château. L'ensemble formé par la grande galerie, les espaces résidentiels est et le nouveau logis sud entoure la cour du puits. C'est au milieu du (XVIème siècle) qu'est construite la terrasse du château au dessus de la Collégiale.

Appelé par le Roi, Louis Adhémar, est son ambassadeur à la diète de Worms de 1545 où devaient être prises des mesures contre les Protestants. Louis Adhémar parla au Roi des Vaudois en disant qu'ils étaient 15.000 pouvant s'armer et attaquer les villes de Provence. Les prélats présents à Paris comme le Cardinal de Tournon pressèrent le Roi de prendre des mesures contre eux. Bien qu'absent de Provence, il a donc joué un rôle grave dans le massacre des Vaudois par les troupes du Baron d'Oppède à Cabrières d'Aigues et Mérindol en (1545) en poussant le Roi à envoyer des lettres au président d'Oppède pour purger l'hérésie en Provence. Après la mort de François Ier, son fils, Henri II, étant opposé aux ministres de son père, permit un procès sur ce massacre. Il est condamné après une enquête, en (1547), et est jeté en prison. La construction du château s'arrête alors. Grâce à l'appui du Duc de Guise, Louis Adhémar obtient en (1551) d'Henri II un arrêt du Conseil privé accordant son Absolution. Un 2ème chantier est entrepris entre (1551) et (1556) pour la façade Sud dite façade François Ier. Elle est construite entre 2 tours Médiévales réhabillées dans le style Renaissance. Elle a 18 mètres de hauteur et 52 mètres de long. Elle est composée de 14 travées, de colonnes, de pilastres, de fenêtres à doubles croisillons.

Louis Adhémar est nommé par le Roi lieutenant au gouvernement du Lyonnais. En (1558), le Roi Henri II érige la terre en Comté au profit de Louis Adhémar. En Novembre (†1558), Louis Adhémar meurt sans enfants, bien qu'il ait légué son château au Duc de Guise en (1552), un jugement annule cette donation en (1563). Son domaine revient à sa soeur Blanche, mariée à Gaspard de Castellane, Baron d'Entrecasteaux. Leur fils, Gaspard de Castellane relève alors le nom des Adhémar de Monteil. Suit ensuite Louis de Castellane, fils de Gaspard de Castellane Adhémar de Monteil, Comte de Grignan en (1563), qui avait épousé le 24 Mai (1559) Isabelle de Pontevès. Il a reçu le collier des Ordres du Roi en (1584). Il a été Lieutenant Général au gouvernement de Provence. Décédé en 1er Août (†1598). Puis Louis François Adhémar de Monteil, mort en (†1620). Il a épousé le 4 Janvier (1595) Jeanne d'Ancézune. Il est le père de François Adhémar de Monteil, Archevêque d'Arles, et de Jacques, Evêque d'Uzès.

Son fils, Louis Gaucher de Castellane Adhémar de Monteil, Comte de Grignan, est maître de camp du régiment d'Adhémar. Il a épousé le 16 Mai (1628) Marguerite d'Ornano. Il est le père de François de Castellane Adhémar de Monteil (1629 (1714), de Jean Baptiste Adhémar de Monteil, Archevêque d'Arles où il succède à son oncle, de Louis Joseph, Evêque de Carcassonne, et de Joseph, dit le Chevalier de Grignan. Il est mort le 4 Août (†1668). En (1654), Louis Gaucher de Castellane Adhémar s'est engagé à entretenir et refaire les voûtes et les toits de l'église St Sauveur selon les besoin car la terrasse avait des infiltrations d'eau pouvant les mettre en péril. En (1675) et (1676) Mme de Sévigné s'inquiète de la situation critique de la terrasse. Une réparation intervient en (1680). C'est à cette époque que le parapet de la terrasse est remplacé par une balustrade.

- Façade des Prélats

Le 29 Janvier 1669, François Adhémar de Monteil de Grignan, Seigneur du lieu épouse Françoise Marguerite de Sévigné, née à Paris le 10 Octobre (1646). Ce mariage était le 3ème du Comte de Grignan. Françoise de Sévigné était qualifiée de "plus jolie fille de France". Elle avait fait ses débuts à la cour à 17 ans. La Fontaine célèbre sa beauté :

" Sévigné, de qui les attraits
Servent aux grâces de modèle
Et qui naquîtes toute belle
A votre indifférence prés"

* J. de la Fontaine, Fable I, livre IV.

La chute de Fouquet dont elle est l'amie va progressivement éloigner Madame de Sévigné de la cour. Cet éloignement de la cour va rendre difficile le mariage de Françoise de Sévigné malgré une dot importante de 300.000 livres. Comme l'écrit Madame de Sévigné à son cousin Bussy Rabutin : "la plus jolie fille de France épouse, non pas le plus joli garçon, mais un des plus honnêtes hommes du royaume". Lorsque le Comte de Grignan est nommé Lieutenant Général en Provence en 29 Novembre (1669), il quitte Paris pour la Provence en (1670). La fonction de Lieutenant Général nécessitait de réunir annuellement l'Assemblée des Communautés, de prononcer le discours d'ouverture et de présider la 1ère séance à Lambesc. C'était tout ce qu'on lui demandait. L'essentiel du pouvoir est passé progressivement à partir de (1672) à l'Intendant Jean Baptiste Rouillé, Comte de Meslay, auquel Colbert envoie ses instructions pour le gouvernement de la province et non à Grignan. Le 4 Février (1671), Françoise de Sévigné quitte à son tour Paris pour rejoindre son mari après la naissance de leur 1ère fille, Marie Blanche. Mme de Sévigné étant, depuis Paris, séparée de sa fille, elle entama sa fameuse correspondance, et se rendit à Grignan 3 fois pour de longs séjours. Son 1er voyage dure 14 mois entre le 30 Juillet (1672) et le 5 Octobre (1673). Le 2ème dure 13 mois d'Octobre (1690) à Novembre (1691). Le dernier va, de Mai (1694) à sa mort le 17 Avril (†1696), où elle est au chevet de sa fille, gravement malade. Madame de Sévigné s'inquiète des dépenses des Grignan dans ses lettres à sa fille en (1680) :

" Quand je considère votre château, ma bonne, rempli de toute votre grande famille et de tous les survenants, et de toute la musique, et des plaisirs qui attirent M. de Grignan, je ne comprends pas que vous puissiez éviter d'y faire une fort grande dépense. Il n'y a point de provisions dont on ne trouve très promptement la fin avec tant de monde. C'est une affaire d'en racheter; c'est un gouffre que la consommation de mille choses qu'il faut acheter. Cela n'était point ainsi du temps de feu, monsieur votre beau-père, et je ne puis concevoir le château de Grignan comme un lieu de rafraîchissement pour vous. Ainsi l'intérêt continuel que je prends à vos affaires, ma bonne, ne me laisse point jouir du repos que je me suis imaginé dans ce lieu, où vous croyez toujours que vous vivez pour rien. C'est où il n'y a point de remède".

François Adhémar de Grignan obtient l'aide de ses frères, Jean Baptiste, l'Archevêque d'Arles et Louis Joseph, l'Evêque de Carcassonne, pour construire l'aile des Prélats, à l'Est du château, entre 1684) et (1690), permettant de régulariser les constructions édifiées du (XIIème au XVIe siècle. Au (XVIIème siècle, le Comte a fait ajouter, à la façade de l'aile Sud, des percements de grandes niches à décor classique, dans les quelques trumeaux nus de la façade et détruire l'aile Ouest, permettant d'ouvrir la cour du puits. Le 17 Avril (†1696), Madame de Sévigné meurt au château. Elle est inhumée le lendemain dans la collégiale St Sauveur. Le fils du Comte, Louis Provence, né à Lambesc en (1671), meurt à Thionville de la variole le 10 Octobre (†1704). Pour rétablir la fortune des Grignan, il avait fait une mésalliance en se mariant avec Anne Marguerite de St Amans, fille d'un Fermier Général, qui a apporté 400.000 livres de dot. Cette mort prématurée va obliger la famille à rembourser cette dot.

Ruiné, le Comte de Grignan meurt le 31 Décembre (†1714). Sa fille, Pauline, née à Paris en (1674), hérite de ses biens et de ses dettes. Elle a épousé en (1695), le Marquis Louis de Simiane. Pauline de Simiane devra régler la succession de son père et, devant l’étendue des dettes, devra se résoudre à vendre tous les biens. Les Félix du Muy acquièrent le château le 5 Avril (1732) avec ses dépendances pour 290.000 livres. Après des éditions "sauvages", Pauline de Simiane décide de contrôler la publication des lettres de sa grand-mère, Madame de Sévigné, avec la collaboration d’un éditeur aixois, le Chevalier Denis Marius Perrin.

- Destruction et Reconstruction

Son neveu Jean Baptiste de Félix du Muy, Marquis de St Mesmes, hérite du château. Il est nommé en (1792)>/b> Général de Division des Armées, puis chargé de mission en Suisse par le gouvernement de la République. Malgré cela, il a été déclaré émigré. Le district de Montélimar, par arrêté du 11 Nivôse an (II) 20 Décembre (1793) ordonna la démolition du château comme l'un de ces "monuments qui insultent l'égalité en rappelant ces temps de servitude, de féodalité et de superstition, dont le fardeau a trop longtemps pesé sur un peuple rendu à la liberté". Le mobilier du château est vendu du 18 au 27 Décembre (1793). Pendant les 1ères années qui suivirent la destruction du château, le vandalisme fit rage au milieu de ses ruines. Le Général du Muy meurt en (†1820), laissant les ruines du château à son neveu Joseph de Félix. Malgré ses ruines, le château a attiré des touristes Anglais dans leur Grand Tour, John Hughes, maître ès arts du collège Oriel à Oxford en (1819), les soeurs Francesca et Caroline Colnaghi en (1845). Léopold Faure, grignanais, acquiert le château le 8 Juillet (1838) de Ferdinand de Félix, Comte du Muy, et se met à l’oeuvre pour sauver ce qu’il en reste. Il restaure vers (1850) les toitures du Châtelet d'entrée. Il meurt en (†1889) et sa femme en (†1902). Après sa mort, le comte Boniface de Castellane, célèbre Dandy Parisien s’en rendit acquéreur le 19 Décembre (1902). Marié à la richissime américaine Anna Gould, il pensait que la fortune de sa femme permettrait la restauration du château. Malheureusement leur divorce rapide en (1906) arrêta le projet. Pour payer ses dettes le Comte Boni de Castellane dispersa les quelques éléments architecturaux encore vendables. Il céda le château à son cousin, le Comte Raymond de Castellane. Le château fut finalement reconstruit au début du (XXème siècle) à l'identique grâce aux soins de Marie Fontaine qui l’acheta le 18 Décembre (1912) et qui mit toute sa fortune pour restaurer cet édifice entre (1913) et (1931), haut lieu de l'histoire régionale. Le projet de restauration a été inspiré par Mgr Meffre, Prélat du pape, et architecte diocésain de l'Isle sur la Sorgue). Ils s'aident pour faire une restauration la plus authentique possible, et rétablir la beauté initiale de l’édifice, des peintures et croquis d’époque. Marie Fontaine meurt à Paris le 7 Avril (†1937). Le château revient ensuite à ses neveux Yvonne et Georges Baroux.

Le 17 Avril (1947), le mur avec le portail du (XVIIème siècle) est inscrit au titre des Monuments Historiques. Le 10 Janvier (1979) le château est vendu au Conseil Général de la Drôme. Le 24 Février (1987), le château, le parc et les terrasses est inscrit au titre des Monuments Historiques. La visite permet de découvrir des pièces remarquables, Tapisserie d'Aubusson, cabinets d'apparat, plan de Rome. Dès la 1ère cour intérieure on a devant soi, formant l'angle oriental de la façade restaurée, dite de François Ier, une Tour légèrement en relief, la Tour Sévigné. Elle est à 2 étages et en pur style Renaissance Original du (XVIème siècle). Le 1er étage était occupé par le cabinet de travail de Madame de Sévigné d'où son nom. La Tour échappa au vandalisme et Léopold Faure la fit immédiatement consolider et réparer. Le 17 Décembre (1993), de nombreux éléments sont classés Monument Historique, en particulier les façades et toitures. Ce château dont l'intérieur a été restauré et meublé comme à l'époque offre des spectacles nocturnes en Juillet et en Août, plongeant les spectateurs dans l'ambiance du (XVIIème siècle). Dans les différentes salles du château, vous pourrez assister tout au long de l'année à des conférences, à des concerts de musique classique ou de Jazz. Les concerts ont lieu dans la galerie des Adhémars qui a été magnifiquement restaurée en (2012). La façade François Ier est en restauration en (2009) et (2010).

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