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Glossaire - Biographies
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- Château de Josselin.
* Période ou style : "Médiéval, Renaissance".
* Type : "Château Fort".
* Début construction : (1008).
* Fin construction : (1520).
* Protection : Classé "Monument Historique" 21 Août (1928).
* Anciennes provinces de France : Bretagne.
* Pays : France.
* Région : Bretagne.
* Département : Morbihan.
* Commune française : Josselin

- La fondation du château

L'histoire du château de Josselin remonte au début du (XIème siècle). En (1008), Guéthenoc, Vicomte de Porhoët, de Rohan et de Guémené, membre de la famille des Comtes de Rennes, exploitait un site de haute valeur militaire et commerciale, décide d’édifier sur ce promontoire rocheux dominant la vallée de l’Oust, une enceinte urbaine ainsi qu’un château. L'existence depuis le (IXème siècle) d'un pèlerinage à la "Basilique N.D.du Roncier", tous les 8 Septembre, ajoute beaucoup à la richesse des habitants et de leurs Seigneurs. Ce pèlerinage est d'ailleurs le plus important du Morbihan, après celui de Ste Anne d'Auray. Goscelinus, fils de Guéthenoc, donne son nom au château et à la ville qui deviendra Josselin. En (1154), Eudon de Porhoët, beau père, régent et tuteur du jeune Duc de Bretagne, Conan IV, rassemble des Seigneurs bretons pour priver son beau fils de ses droits. Il sera défait par Henri II Plantagenêt, Roi d'Angleterre et nouveau Duc d'Anjou, auprès duquel s'était réfugié Conan IV. Henri II viendra en personne diriger la démolition du château et faire semer du sel dans les ruines.

- Le château d’Olivier de Clisson

En (1370), Olivier de Clisson devient propriétaire de Josselin. Il sera nommé Connétable de France, c'est à dire chef des "Armées Royales", à la mort de Bertrand Du Guesclin en (†1380). A partir du château existant, Clisson fait édifier une véritable forteresse, dotée d'un donjon de 90 mètres de haut très puissant, et de 8 tours dont 4 subsistent encore aujourd'hui. C'est dans cette vaste résidence somptueusement meublée qu'il meurt en (†1407) après une brillante carrière militaire et politique. Il est enterré aux côtés de son épouse Marguerite, à Josselin dans l'église N.D.du Roncier, où l'on peut encore aujourd'hui admirer leur gisant en marbre blanc. Il marie sa fille, Béatrix, à Alain VIII de Rohan, héritier des Vicomtes de Rohan, dont le château était à une vingtaine de kilomètres.

- Le château de Jean II

A la fin du (XVème siècle), Josselin connaît une nouvelle étape. Le petit fils de Clisson, Alain IX de Rohan, commence à faire construire un logis de plaisance qu'il adosse aux tours et à la courtine bâtie par son grand père. En (1488), le Duc de Bretagne François II prend le château et le démolit partiellement. Sa fille, Anne de Bretagne le restitue à Jean II de Rohan, arrière petit fils d'Olivier de Clisson. Celui ci le transforme et construit dans l'enceinte un logis de plaisance avec une très belle façade de granit sculpté qui est un témoignage exceptionnel du "Gothique Flamboyant" et de la "Renaissance Bretonne". Il avait fait venir des artistes et ouvriers Italiens. Par reconnaissance, il fait sculpter de nombreux (A) surmontés d'une "cordelière", emblème de la Duchesse Reine. Elle est achevée vers (1510), grâce à des subsides accordés par le Roi de France Charles VIII en remerciement du soutien que Jean II lui a accordé en favorisant son mariage avec sa nièce, la Duchesse Anne de Bretagne. La devise des Rohan "A PLUS" est sculptée au centre de la façade.

- Le démantèlement de la forteresse

Lors des "Guerres de Religion", Henri de Rohan, propriétaire de Josselin et "Général en Chef des Calvinistes", se révolte contre le pouvoir Royal. Pour le punir, le Cardinal de Richelieu, 1er ministre du Roi Louis XIII, le bannis de Josselin et fait démolir, en Mars (1629), une partie de la forteresse édifiée par Clisson. Le donjon, 3 tours et une partie de l'enceinte sont détruits, et annonce au Duc Henri II, chef des insurgés Protestants: "Monseigneur, je viens de jeter une bonne boule dans votre jeu de quilles !". Heureusement le bâtiment Renaissance est épargné. Les Rohan doivent laisser le gouverneur de Bretagne, le Duc de Mercoeur, faire de leur château une base pour la "Ligue" opposée au nouveau Roi Henri IV. La famille Rohan délaisse le château, en (1603), lors de l'érection de la Vicomté de Rohan en Duché pairie par le Roi Henri IV, Henri II de Rohan avait transféré le siège de son pouvoir au château de Pontivy. Durant la Révolution, le château est réquisitionné par la municipalité de la ville et la tour isolée est utilisée comme prison. En (1799), le château est rendu à la famille Rohan, dans un état très dégradé. Au (XVIIIème siècle), le château n'est plus occupé et il devient prison et entrepôt pendant la Révolution et l'Empire. En (1822), la Duchesse de Berry, lors de sa tournée aventureuse, convainc le Duc de Rohan de le restaurer. Il est actuellement toujours habité par le 14ème Duc de Rohan, Josselin de Rohan, Sénateur, ancien "Président de la Région Bretagne" de (1992) à (2004), membre de l'UMP et fidèle de Jacques Chirac. On peut visiter la cour et quelques pièces du rez de chaussée où sont exposés des meubles anciens, dont la table ayant servi à la signature de "l'Edit de Nantes", des portraits familiaux, des cadeaux royaux et une statue équestre d'Olivier V de Clisson par Emmanuel Frémiet. Dans les anciennes écuries a été installé le "Musée de Poupées".

- le Château et l'Oust

Le château de Josselin est très lié à l'alchimie, notamment ses cheminées et sa cour extérieure sur le parc. Il s'inscrit dans le patrimoine de Brocéliande qui n'appartient pas qu'aux Druides. En effet, il est tout à fait possible de lire de manière alchimique la "vita merlini de G. de Monmouth" ainsi que le "Mythe de Brocéliande" lui même. Et si on suit le parcours des salles du château, on s'aperçoit que ce dernier met en évidence une progression alchimique qui peut se retrouver dans la chevalerie et dans les degrés d'élévation Maçonnique, car le Corrélat est précisément dans ce savoir acquis par le 1er des Josselin.

- Architecture

De l'imposante citadelle Triangulaire jalonnée par 8 tours plus un imposant donjon, bâtie au (XVème siècle), il ne reste que le long corps de logis le long de l'Oust les 3 tours comprises. Cette aile a été transformée en château de plaisance, et restaurée au (XIXème siècle) dans le style "Gothique et Néo Gothique". Le reste de la forteresse a été démantelée en (1629) pendant la campagne de démolition du cardinal de Richelieu, qui souhaitait éliminer les forteresses non Royales.

- Restauration

La véritable restauration du château, en très mauvais état, débute vers (1855), sous la direction de l’architecte Julot de la Morandière, élève du célèbre Viollet le Duc. La remise en état de la toiture, des remparts et des extérieurs du château, qui dure une vingtaine d’années, est suivie de l’aménagement complet de l’intérieur du château, réalisé par Henri Lafargue, sous la direction du Duc Alain de Rohan, qui souhaite en faire une demeure confortable et agréable à habiter. Vers (1911) sont aménagés, sous la direction du grand paysagiste Achille , le jardin à la Française ainsi que le parc à l’Anglaise en contre bas des petits remparts. Aujourd’hui, le château est toujours habité et entretenu par la famille Rohan, qui s'implique beaucoup dans sa préservation et dans l'animation de ce site. Il est largement ouvert au public et accueille plusieurs manifestations chaque année. classé "Monument Historique" depuis (1928), le château bénéficie d'aides de l'Etat, du Département du Morbihan et de la Région Bretagne pour la réalisation des travaux importants. La branche des Rohan Chabot est la seule branche de la famille Rohan qui subsiste aujourd'hui en France.

- la Salle à Manger

Cette vaste pièce de 16 mètres de long sur 9 mètres de large a été remodelée et décorée vers (1880), au moment de la restauration intérieure du château. Face à la cheminée monumentale, se trouve au fond de la salle, une statue équestre du connétable Olivier de Clisson, réalisée en (1892) par Emmanuel Frémiet. Cette salle constitue un très beau témoignage du style décoratif à la mode à la fin du (XIXème siècle), qui s’inspire fortement du "Moyen Age".

- l'Antichambre

Dans cette pièce sont présentés un certain nombre de portraits de famille. Un beau portrait en pied d'Henri de Rohan, "Général en chef des Calvinistes". Au nombre des souvenirs familiaux présentés ici, un beau buste réalisé en (1910) par le célèbre sculpteur Auguste Rodin, représentant le Duc Alain de Rohan, qui a fait réaliser l'aménagement intérieur du château à la fin du (XIXème siècle) et au début du (XXème siècle).

- le Grand Salon

De mêmes dimensions que la salle à manger, le salon est meublé avec des éléments presque tous réalisés au (XVIIIème siècle) et tout particulièrement l'ensemble de fauteuils et de chaises disposés devant la cheminée, oeuvre de l'ébéniste Heurtaut vers (1760). La superbe cheminée monumentale, édifiée au début du (XVIème siècle) puis peinte au (XIXème siècle), domine la salle. Sur cette cheminée de granit, on retrouve la devise des Rohan "A PLUS". Parmi les sculptures, dans la boucle du (P), figure la tête d’un homme qui pourrait être Jean II. Une pièce exceptionnelle se trouve également dans le grand salon, une pendule réalisée vers (1770) par de grands ateliers Parisiens, cadeau du Roi Louis XV à la famille Rohan. Plusieurs tableaux de grande qualité ornent les murs de cette salle de Réception.

- la Bibliothèque

Elle comprend environ 3.000 volumes, qui datent du (XVIIème siècle) au début du (XXème siècle) et dont certains possèdent de très belles reliures. La cheminée, ornée de nombreux emblèmes dont celui d'Anne de Bretagne, a été édifiée au début du (XVIème siècle), comme celle du grand salon. Enfin, dans la petite antichambre, en sortant, les 2 beaux portraits représentant Marguerite de Rohan et son époux Henri Chabot et datant du (XVIIème siècle), sont l'oeuvre du peintre Charles Beaubrun.

- la Roseraie et le Parc

Non loin de la façade "Renaissance" du château, on peut découvrir la roseraie aménagée en (2001) sous la direction du paysagiste Louis Benech. Parmi les plantes vivaces et de nombreuses bruyères, 160 rosiers appartenant à 40 anciennes variétés différentes donnent à ce jardin une atmosphère élégante et parfumée. Les ifs viennent rappeler les hautes fenêtres verticales de la façade et évoquent les campagnes Italiennes. Au pied des remparts, le long d’un charmant cours d’eau, niché dans un vallon très abrité, s’étend le parc à l’Anglaise, aménagé comme le jardin à la Française par le célèbre paysagiste Achille Duchêne. Ce parc a été remodelé depuis une vingtaine d’années sous la direction de Louis Benech. C’est là le domaine privilégié d’espèces rares d’azalées, de camélias et de nombreux rhododendrons. Une collection de cornus complète toutes les variétés végétales proposées par ce parc, protégé par d’imposants arbres centenaires. Le parc à l’Anglaise est largement ouvert au public au printemps et à l’automne pour profiter de la large palette de couleurs qu’il nous offre au fil des saisons. Le parc est également accessible lors de manifestations comme les Floraisons en Avril ou les "Journées du Patrimoine", en Septembre.

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