retour

Glossaire - Biographies
Photos


- Château de la Malmaison
* Période ou style : "Renaissance, Classique, Style Empire".
* Type : "Demeure Privée".
* Début construction : (XVIIème siècle).
* Fin construction : (XIXème siècle).
* Propriétaire initial : Impératrice Joséphine.
* Destination initiale : "Demeure Royale".
* Propriétaire actuel : "République Française"
* Destination actuelle : "Musée, visite du domaine".
* Protection : "Inscrit M.H. (1942), dépendances M.H." (1991)".
* Pays : France.
* Région historique : Ile de France.
* Subdivision administrative : Hauts de Seine.
* Commune : Rueil Malmaison.

- Historique

L'origine du nom Malmaison est mal connue. "Malmaison = Mala domus = Mauvaise Maison". apparaît dans les textes pour la 1ère fois en (1244). On avance en général l'hypothèse de la mauvaise fréquentation des lieux, Brigands, invasion des Normands, au Moyen Age. Une demeure Seigneuriale est mentionnée au (XIVème siècle) sous le nom de La Malmaison. En (1390) la terre est achetée par Guillaume Goudet "Sergent d'Armes" de Charles VI et reste dans sa descendance jusqu'en (1763) par les familles Dauvergne, Perrot et Barentin. A partir de (1737) le château est loué à de riches financiers qui y reçoivent une société choisie. En (1763) la terre passe au fils du Chancelier d'Aguesseau puis en (1771) à Jacques Jean Le Couteulx du Molay riche banquier du royaume. Madame du Molay y tient un salon littéraire où elle reçoit l'Abbé Delille, Mme Vigée Lebrun, Grimm et Bernardin de St Pierre. La Révolution les amène à se séparer de Malmaison qu'ils vendent le 21 Avril (1799), au banquier Jacques Jean Le Couteulx du Molay, sur les conseils de Jean Chanorier, pour Madame de la Pagerie Joséphine, 1ère femme de Napoléon Bonaparte, pour une somme de 325.000 Francs, quand il devint Consul, il effaça cette dette, et fit faire des aménagements intérieurs.

Ce bâtiment construit vers (1610) a été agrandi une 1ère fois en (1686) puis doté de 2 ailes sur la cour en (1780). Ils font appel aux jeunes architectes Percier et Fontaine qui proposent d'abord de remplacer la vieille demeure par une villa Néo Classique. Entièrement redécoré à l'antique par les architectes en (1800), le château présente un remarquable panorama de l'art Consulaire. Le visiteur est accueilli dans une véranda en forme de tente militaire s'ouvrant sur le vestibule d'honneur. Après la salle de billard, il pénètre dans le Salon doré où sont accrochés les 2 tableaux de Gérard et de Girodet illustrant la mythologie d'Ossian. Souhaitant éviter les dépenses inconsidérées, le "Premier Consul" les contraints à restaurer le château existant.

Au rez de chaussée, le vestibule est leur 1er travail, plutôt que de remplacer 2 poutres cassées à l'étage, elles sont soutenues par 4 poteaux de bois transformés en colonnes de stuc et donnant à l'ensemble l'aspect d'un "Atrium de villa Romaine". Pour ouvrir le vestibule sur les pièces voisines lors des réceptions, un mécanisme permet de faire coulisser les miroirs dans le mur, transformant ainsi en salons de Réception la salle de Billard et la salle à Manger dont les sols en carrelage noir et blanc uniformisent l'ensemble. Ce choix rend alors nécessaire l'adjonction d'un bâtiment en forme de tente conçu par les architectes afin d'y installer les domestiques qui se tiennent en avant des salons pour accueillir les visiteurs.

Aux extrémités, dans les pavillons, 2 ensembles de 3 petites pièces sont modifiés pour créer des salles plus vastes, au Nord, le salon de Musique qui sera prolongé un peu plus tard par une galerie destinée à recevoir les collections de tableaux et, au Sud, la Bibliothèque pour laquelle les architectes dissimulent les conduits de cheminée de la cuisine grâce à des colonnes d'acajou reliant des miroirs. La "Salle à Manger" qui était déjà mentionnée en (1703) dans l'inventaire est agrandie en y ajoutant une partie semi circulaire et comporte désormais 6 fenêtres au lieu de 4.

Au 1er étage on aménage l'appartement du Premier Consul et de Madame Bonaparte dans le pavillon nord et on crée 2 petits escaliers. Par la suite Bonaparte fait installer sa chambre dans l'aile Sud, au dessus de la Bibliothèque et de la salle du Conseil, afin d'y accéder plus commodément pour travailler. Mais tous ces travaux ayant fortement ébranlé les murs de la façade du château, les architectes sont contraints de les maintenir par de lourds contreforts qui sont ensuite surmontés de statues provenant des jardins de Marly pour en atténuer la sévérité.

Le Salon de musique conserve quelques toiles de la collection démantelée de Joséphine ainsi que la harpe de l'Impératrice et le piano de la Reine Hortense. La Salle à manger est caractéristique du style Pompéien avec ses harmonieuses danseuses et ses coloris raffinés. La "Salle du Conseil" simule une tente militaire tandis que la bibliothèque, admirable par la qualité de son décor originel, contient un mobilier provenant en grande partie des Tuileries. Un escalier dérobé permettait à Bonaparte de se rendre directement dans ses appartements au 1er étage.

Les Appartements de Napoléon contiennent dans le Salon plusieurs portraits de la famille impériale. Sa chambre à coucher est reconstituée avec le mobilier de plusieurs demeures impériales. Les salles suivantes conservent quelques pièces d'exception tel le fougueux tableau de David, Bonaparte franchissant le col du "Grand St Bernard", le glaive d'apparat du "Premier Consul" ou le plateau de la Table d'Austerlitz représentant l'Empereur et ses Maréchaux.

Les appartements de l'Impératrice abritent notamment son extraordinaire chambre ovale rouge et or en forme de tente et le lit de Jacob Desmalter où elle s'éteignit. La visite se termine au étage par la salle des "Traînes de Cour de l'Impératrice". Abritant le Pavillon d'été restauré dans son état de (1814), le parc, réaménagé par Berthault, selon les désirs de Joséphine offre une agréable promenade. La tempête de décembre (1999) a fortement marqué ce bel espace, qui, grâce à un mécénat entrepris par la "Fondation Napoléon", a pu être remplanté d'essences rares.

Aujourd'hui, le "Musée National des Châteaux" de Malmaison et de Bois Préau a également sous sa responsabilité les sites de l'île d'Aix et la maison Bonaparte d'Ajaccio, formant un ensemble "Muséographique Napoléonien" de 1ère importance. Le programme muséographique est le suivant, à Malmaison est exposé tout ce qui concerne Joséphine et ses enfants Eugène et Hortense, ainsi que Bonaparte "Général et Consul". A Bois Préau est évoquée la période Napoléonienne de (1815) à nos jours. Au château de Compiègne se trouvent les collections du "Second Empire", au château de Fontainebleau celles de l'"Empire". L'île d'Aix, également "Musée National", présente une riche collection concernant l'épopée et la "Légende Napoléonienne" ainsi que le court séjour de Napoléon avant son départ pour l'exil à Ste Hélène. La Maison Bonaparte à Ajaccio est la Maison Familiale dans laquelle naquit Napoléon le 15 Août (1769), et qui fut réaménagée par sa mère Letizia Ramolino après (1797).

A l'extérieur du château ils construisent un "Petit Théâtre" réalisé au printemps (1802) en moins d'un mois. De dimensions modestes, il peut contenir 200 à 300 spectateurs et va servir pour de nombreuses représentations. La ferme attenante au château est transformée en bâtiment des cuisines, l'ancienne, située dans la cave étant devenue insuffisante. L'oeuvre de Percier et Fontaine à Malmaison est appréciée par Bonaparte malgré ses jugements souvent sévères et marque une étape décisive dans leur carrière. Toutefois leurs réalisations ont été partiellement modifiées dès (1810) par Berthault le nouvel architecte choisi par Joséphine, puis au cours du (XIXème siècle).

Napoléon se rendit en pèlerinage à Malmaison au retour de l'Ile d'Elbe et y demeura quelques jours juste avant l'exil à Ste Hélène.

- Le parc de Malmaison

Joséphine s'intéresse de près aux aménagements du parc et ne se lassera jamais de l'agrandir, transformant une propriété de 60 hectares lors de son acquisition en un domaine de 726 hectares, dont 70 de parc enclos en (1814). Pour le rénover elle fait d'abord confiance aux architectes Percier et Fontaine qui commencent la clôture du parc en (1801) puis construisent d'importantes écuries, des pavillons de garde, un piquet de cavalerie et une grille sur la grande route. Leur successeur Jean Marie Morel, commence la construction d'une grande serre chaude, puis entreprend un chalet Suisse dans le parc et 3 maisons au bord de l'étang de St Cucufa qui vont servir de vacherie, de laiterie et de maison pour le couple de vachers qu'elle fait venir de Suisse. La grande serre est achevée en (1805) par d'autres architectes, Thibault et Vignon, qui bâtissent également une bergerie pour accueillir le troupeau de moutons mérinos dont l'élevage doit fournir suffisamment de laine pour les vêtements militaires et pour servir d'exemple à d'autres bergeries impériales.

Leur succède Berthault qui sait parfaitement comprendre les goûts de Joséphine et restera à son service jusqu'à sa disparition. Il retrace entièrement le parc enclos de 70 hectares et le ponctue de fabriques comme un Temple de l'Amour, un monument tumulaire à la Mélancolie, une grotte faite de rochers amenés de Fontainebleau et un bassin surmonté d'une statue de Neptune. Il dégage la vue depuis le château en intégrant des monuments existants comme l'aqueduc de Marly ou le château de St Germain dessinant ainsi un parc paysagé et créant l'atmosphère que la souveraine désire. Au milieu de la pelouse une rivière sinueuse s'élargit pour créer un petit lac navigable et mène vers la grande serre. La grande serre chaude est achevée, d'une longueur de 50 mètres elle est adossée sur un bâtiment abritant des salons qui servent également de galerie pour les collections de vases grecs. Chauffée par de grands poêles à charbon, ses dimensions exceptionnelles permettent d'accueillir des arbustes hauts de 5 mètres sous une très grande surface de verre .

Joséphine s'efforce d'y cultiver des plantes rares, elle en fait venir d'Europe mais aussi d'autres Continents. Des expéditions maritimes comme le voyage du Capitaine Baudin lui permettent d'obtenir des graines et des plantes nouvelles qui enrichissent son jardin d'essai. Environ 200 plantes fleurissent pour la 1ère fois en France à Malmaison comme le "Magnolia pourpre, la Pivoine arbustive, l'Hibiscus, le Camélia ou le dalhia". Elle rassemble également plus de 250 espèces de Roses qui sont plantées en buisson dans le parc ou dans des pots que l'on sort en Juin. A sa demande le célèbre illustrateur P.J.Redouté, nommé peintre de fleurs de l'Impératrice en (1805), réalise 120 planches reproduisant les plus belles plantes de Malmaison pour une publication intitulée, le "jardin de la Malmaison". Elle l'incite également à entreprendre un ouvrage consacré aux Rose qui le rendra célèbre.

- le Musée

Lorsqu'en (1861) Napoléon III le fils d'Hortense, rachète le domaine à la Reine d'Espagne il trouve une demeure vide. Sa 1ère préoccupation est de reconstituer la chambre de l'Impératrice à partir de documents authentiques, puis il fait restaurer et remeubler les appartements du rez de chaussée avec l'aide du garde meuble de la Couronne. Une exposition rétrospective est organisée pour laquelle sont faits les derniers aménagements et qui permet d'exposer des tableaux, des bustes, des souvenirs de Ste Hélène prêtés par des collectionneurs privés.

En (1870) Malmaison qui relève alors du "Domaine de la Couronne revient à l'Etat", mais des troupes y sont installées dès la fin de la guerre. En (1877) le domaine est vendu. En (1896) Daniel Iffla, dit Osiris, rachète le château qui est mis en vente. Il entreprend alors la restauration de cette demeure ruinée et en particulier s'intéresse à la restitution des décors des appartements. Au 1er étage il fait disparaître les cloisons des chambres, trop délabrées, et y crée de vastes salles d'exposition. Il offre le domaine à l'"Etat Français" qui y ouvre un musée en (1906). Sa collection personnelle, entrée par legs dans le nouveau musée, est exposée dans un pavillon qui porte son nom et se trouve à l'entrée du parc.

Le 1er fonds du musée est constitué par le mobilier rassemblé par Napoléon III et conservé par le "Mobilier National". Par ailleurs de nombreuses pièces relatives aux 2 Empires entrent dans les collections grâce aux donateurs. Devenu "Musée National" en (1927), ses très riches collections du "Second Empire" sont transférées au château de Compiègne en (1953) où elles forment l'origine du "Musée du Second Empire", tandis que celles relatives au "Premier Empire" sont envoyées au château de Fontainebleau en 1984 pour créer le "Musée Napoléon Ier".

Haut de page