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Architecture
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- château de Rivau
* Période ou style : "Médiéval, Renaissance".
* Début construction : (1445).
* Propriétaire initial : Pierre de Beauvau.
* Destination initiale : "Forteresse".
* Propriétaire actuel : Eric et Patricia Laigneau.
* Destination actuelle : Site Touristique.
* Protection : Classé Monument Historique (1918),
   (1999),
* Inscrit Monument Historique (1988).
* Jardin remarquable.

- Situation
* Pays : France.
* Anciennes provinces de France : Touraine.
* Région : Centre Val de Loire.
* Département : Indre et Loire.
* Commune : Lémeré.

- Historique

Le Château du Rivau est une forteresse Seigneuriale dont les premières fondations remontent au (XIIIème siècle). Situé en Touraine à 10 minutes de Chinon c'est un des châteaux de la Loire, patrimoine Mondial de l’UNESCO. Ce château de Touraine fut fortifié au (XVème siècle) puis humanisé à la Renaissance. Il est à la fois une forteresse imprenable et un lieu de vie agréable. Situé au cœur des conflits Anglo-Français, le château du Rivau a un positionnement stratégique. Il domine la vallée de la Vienne et de la Veude et permet ainsi de surveiller les grands axes de communication. Le Rivau est réputé pour ses écuries dès le (XVème siècle) alors qu'elles ne sont encore qu'en bois. Au (XVème siècle), lors de la Guerre de 100 Ans, le royaume de France est en plein conflit avec les Anglais, Jeanne d'Arc, après avoir reconnu le Dauphin à Chinon, connaissant la réputation de Rivau pour ses destriers, s'arrêtera au Rivau et viendra chercher des chevaux de combat en (1429) avant de rejoindre le siège d'Orléans.

Au (XVIème siècle), le bâtiment qui clôturait le quadrilatère du château fut détruit. A la même époque, les fenêtres Gothiques de la façade Ouest du château furent agrandies et ornées de sculptures. L’avant cour se dota des prestigieuses écuries.

Au (XVIIème siècle), les bâtiments au Sud de l’avant cour furent reconstruits et couverts de tuiles creuses car la pente faible des toitures ne permettait pas la pose de l’ardoise qui nécessite une forte pente. La tradition locale utilisait la couverture d’ardoises pour les bâtiments nobles et la tuile pour les bâtiments utilitaires.

Au (XVIIIème siècle), il n’y eut pas de modernisation du bâti mais les jardins terrasses du Rivau furent entourés de murs. Un pont, aujourd’hui disparu, semble avoir été jeté à cette époque sur la douve Ouest. La douve Est fut comblée. Les très importantes terres du Rivau étaient plantées de sainfoin et noyers et de 45 hectares de vignes. Ces riches terres étaient convoitées et le château devint "Château de rapport", ne subissant plus aucune modification. Il conserva ainsi toutes les caractéristiques de sa construction.

Au (XIXème siècle), la Chapelle au Nord du "Jardin secret" fut détruite vers (1880). Des fenêtres à petits bois remplacèrent les fenêtres à meneaux, détruisant l’harmonie Médiévale. Le château devint un lieu de stockage de blé et oublia ses fastes d’antan.

- la Famille Beauvau

Les armoiries des Beauvau sont constituées d’un "Cimier en forme de Hure de Sanglier", qui remémore leur passion pour la chasse. En son centre, le blason représente "4 Lions couronnés". Les supports ou "tenans" des armes représentent 2"Sauvages" dans l’imaginaire Médiéval. Ils ont chacun "une massue de guerre à la main". Le cri de guerre de la famille, "Beauvau sans départir", que l’on peut voir dans le Gable au dessus de la porte du château montre la fermeté de la foi des Beauvau et la noblesse de cette famille. La famille Beauvau est alliée des Rois de France depuis le mariage d’Isabeau de Beauvau avec le Comte Jean de Bourbon, Prince de sang.

A partir de (1438), le Rivau est donné en dote à Pierre de Beauvau, 1er Chambellan du Dauphin Charles VII. Il obtint l’autorisation du Roi de faire fortifier le château grâce à ses faits d’armes. La maison forte du Rivau devint ainsi château fort au (XVème siècle. Les travaux de reconstruction débutèrent en (1443), la même année que la construction de l’hôtel Jacques Cœur à Bourges. Le nouveau château en forme de quadrilatère fut élevé d’un seul jet. A l’emplacement de l’actuel Berceau de Verdure se trouvait la Chapelle indépendante, on en voit encore la forme de la voûte sur le mur du château. Un bâtiment aujourd’hui disparu fermait le quadrilatère.

En (1510), François de Beauvau, châtelain du Rivau et Capitaine de François Ier, entreprit de construire des écuries monumentales qui fourniront ses étalons au Roi. Il mourut à la bataille de Romagne aux côtés de Bayard en (†1524). Son successeur, Gabriel de Beauvau prit le parti vers (1550) de faire élever un bâtiment très novateur, influencé par les édifices que les grands Seigneurs avaient découverts en accompagnant le Roi aux campagnes d’Italie. A partir de (1631), le Rivau fut épargné par le Cardinal de Richelieu qui souhaitait démanteler tous les châteaux près de l’actuelle ville de Richelieu afin de récupérer les pierres qui serviraient à construire sa ville, à seulement 10 km du Rivau. Sa sœur Françoise Duplessis étant mariée à Jean de Beauvau, seigneur des lieux, le Rivau échappa au démantèlement subi par les châteaux du voisinage. Son descendant Jacques de Beauvau, Maréchal des camps et des armées du Roi Louis XIV quitta le château du Rivau pour aller à la cour du "Roi Soleil". En (1664), il obtint l’érection de la terre de Beauvau en Marquisat. Ruiné par son train de vie à la cour royale, il emprunta 80 000 livres à Marie Damond, veuve de Charles Croisset, Marquis d’Etiau, 1er Conseiller du Roi. Ne pouvant rembourser sa créance, Jacques de Beauvau céda la terre du Rivau en (1697). Il rendit pourtant le château inhabitable en enlevant toutes les portes et les croisées qu’il cacha chez le Curé de Lémeré. Son cousin, René, fut conseiller du Roi. Après la vente du château, les Beauvau quittèrent la Touraine, s’engagèrent au service du Roi de Pologne, Duc de Lorraine et devinrent Princes de Lorraine.

Pendant (II siècles), différents propriétaires se succédèrent : artistes, marquis, etc. A partir du (XIXème siècle), le Rivau demeura inhabité et sombra dans l’oubli. En (1911), les communs furent vendus à l’exploitant des terres. Un mur fut érigé entre le château et les communs. Le nouveau propriétaire, le sculpteur de Moncel de Perrin obtint son classement parmi les Monuments Historiques en (1918). A la fin du (XXème siècle), de nouveaux propriétaires privés, Eric et Patricia Laigneau achètent les lieux. Ils entament tous les travaux de restauration nécessaires à la survie du château. En (2000), le site est ouvert au public.

La restauration en quelques chiffres : plus de 5.000 m2 de surfaces de toitures remplacées. 73 m3 de chêne nécessaires à la remise en forme de la charpente du seul château, 148 fenêtres neuves refaites à l’identique. En (1996), le grand prix de "French Heritage Society" récompense le travail effectué, suivi du grand prix de la "Demeure Historique en (2001)".

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