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- Chateau de St Fargeau
* Début construction : (980).
* Propriétaire initial : Héribert, évêque d'Auxerre.
* Destination initiale : "Rendez vous de chasse fortifié".
* Propriétaire actuel : Michel Guyot.
* Protection : Inscrit (1925) "Monument Historique" Classé M.H. .
* Pays : France.
* Région : Bourgogne.
* Département : Yonne.
* Commune : Saint Fargeau.

- Historique

LPa 1ère mention d'un "Sanctus Ferreolum"" date du (IVème siècle), mais des travaux ont exhumé quelques bijoux "Gallo Romains" autour de l'actuelle église. Vers (600) on trouve l'appellation, "Ferrolas", puis en (683), "Sanctus Ferreolus". Avant l'an (1000), l'évêque d'Auxerre Héribert, ou Herbert, demi frère d'Hugues Capet, Roi de France, y possède un rendez vous de chasse fortifié, du (Xème siècle) au (XVème siècle), le château auras pour propriétaires des familles illustres, les Seigneurs de Toucy, de Bar, et le célèbre Argentier de Charles VII, Jacques Coeur. La terre de St Fargeau cesse d'appartenir aux évêques d'Auxerre à partir du (XIème siècle). A la mort d'Héribert, St Fargeau devient un lieu qualifié d'hostile à l'évêché d'Auxerre avant de passer dans la maison des Toucy qui deviennent ainsi Seigneurs de Puisaye.

Après la "guerre de succession" de Bourgogne en (1147), une partie des terres de Puisaye, dont les Châtellenies de Toucy, de St Fargeau et Bléneau, qui étaient sous la Suzeraineté de Hughes de Chalon, évêque d'Auxerre, deviennent les propriétés des Vicomtes de Narbonne. Ithier II son fils, lui succède comme Seigneur de Toucy. Il part pour la Terre Sainte où il meurt en (†1097). 6 Seigneurs de la même famille illustre, tous croisés, continuent la descendance jusque vers l'an (1250). Le dernier Seigneur, Jean de Toucy, mort à la 7ème croisade, laisse une fille unique, Jeanne, dernière descendante de cette famille de "Grands Seigneurs".

L'héritière des Toucy et de St Fargeau se voit doter de son église actuelle. Jeanne de Toucy épouse en (1255), Thibaud, Comte de Bar. Avec lui commence la lignée des Seigneurs de Bar, de Toucy et de St Fargeau qui, y compris les Montferrat, se continue jusqu'en (1450). Ce n'est qu'au début du (XVème siècle) que la Châtellenie de St Fargeau est par eux appelée la Seigneurie de Puisaye. C'est Philippe de Valois qui en (1344) accorde au Comte Henri IV de Bar le titre de Seigneur de Puisaye pour lui et ses successeurs. Les Seigneurs de St Fargeau de la maison de Bar sont dans l'ordre, Thibaud II Comte de Bar mort en (†1317), Jean II mort avant (†1325), Edouard I mort en (†1337), et Henri IV de u>Bar qui meurt en (†1344) en laissant une veuve de 18 ans, Yolande de Flandres, et 2 enfants Edouard et Robert.

Edouard étant décédé en (†1352), Robert obtient le titre de Duc par dispense d'âge et reste le seul héritier de tous les domaines de son père. En raison de son jeune âge, il ne peut les administrer lui même et c'est sa Mère qui gère les biens comme Régente, en même temps qu'elle gouverne par ses droits de "Dame Douairière". En (1385), elle cède ses terres de Puisaye à son fils. Elle décèdera en (†1395). En (1364), Robert avait épousé Marie, 2ème fille du Roi Jean Le Bon, petite fille de Philippe de Valois, et soeur de Charles VI. Ils eurent plusieurs enfants.

La guerre de 100 ans va ravager la contrée et un "Capitaine de Guerre Anglais" basé à Malicorne, va piller la ville. En (1411) le château de St Fargeau est pris grâce à des bouches à feu qui réussirent à créer une brèche dans ses remparts. En (1420), nouvel assaut victorieux des Anglais. St Fargeau verra passer Jeanne d'Arc 2 fois, discrètement à l'aller vers Chinon, puis en grande pompe au retour, à la tête de l'"Armée Royale".

A la mort de Robert, son fils Jean lui succède, il est, avec son frère Edouard, fidèle à Charles VI malgré la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Ils seront tués tous 2 en (†1415) à la bataille d'Azincourt. Le Cardinal Louis de Bar, frère de Jean et d'Edouard, hérite de la grande Seigneurie de Puisaye. Ruiné par les désastres de la guerre, il doit emprunter 2.000 écus d'or au sire de la Trémouille. IL meurt peu de temps après en (†1430), en ayant légué la terre de St Fargeau à Jean Jacques Paléologue, Marquis de Monferrat, son neveu, fils de Jeanne de Bar, sa soeur. St Fargeau est encore sous l'hypothèque faite par le sire de la Trémouille contre le Cardinal de Bar. Jusqu'en (1446), celui ci avait fini par se considérer comme le véritable Seigneur de St Fargeau. La terre de Puisaye est rendue par lettre Royale au fils de Jean Jacques de Monferrat, qui s'est acquitté de la dette familiale.

En (1450), la terre de St Fargeau est vendue à Jacques Coeur et c'est à cette occasion, que le fils du sire de la Trémouille, désireux de rester propriétaire de St Fargeau, gardera un tenace ressentiment envers le nouveau propriétaire. Jacques Coeur, arrêté en (1451) et emprisonné pendant 22 mois, meurt en (†1456) sans avoir fait aucune construction à St Fargeau. En (1453), les terres et Seigneuries de Puisaye sont mises en ventes aux enchères au profit du Roi Charles VII et échoient à Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, le juge qui fit condamner Jacques Coeur. Son mariage avec Marguerite de Nanteuil, Comtesse de Dammartin, lui permet de rentrer en grâce auprès du Roi, qu'il s'attache alors à servir avec fidélité. Ce zèle lui vaut bientôt la haine du Dauphin, futur Louis XI, révolté contre son père. Celui ci devenu Roi condamne Antoine de Chabannes au bannissement et confisque ses biens. Sa peine est commuée en un emprisonnement à la Bastille et ses terres de Puisaye sont rendues au fils de Jacques Coeur, Geoffroy. Mais Chabannes réussit à s'évader et, tendant un piège à Geoffroy Coeur, réussit à rentrer en possession de son ancienne Seigneurie.

Le Roi Louis XI, cherchant à mettre Antoine de Chabannes"Grand Maître d'Hôtel de France". Il l'appelle plusieurs fois au commandement en chef de ses armées. C'est en (1467) que Chabannes entreprend la reconstruction du vieux château de St Fargeau, et il commence par la grosse tour qu'on a attribuée à Jacques Coeur. Il en fait un château de défense militaire des plus impressionnants. C'est lui qui fera chemiser l'ancienne forteresse d'un épais manteau de briques. Il meurt en (†1488), à l'âge de 77 ans, laissant un fils Jean qui vient habiter à St Fargeau. Celui ci renoue des relations avec les héritiers de Geoffroy Coeur et établit avec eux un compromis qui, moyennant une rente annuelle, lui permet de se considérer comme le légitime seigneur de St Fargeau.

La fille de Jean de Chabannes épouse en (1515), René d'Anjou, grand Seigneur qui avait pris part à la campagne d'Italie en (1507), et qui avait toujours suivi François Ier. Ils ont un fils, Nicolas. En (1541), François Ier fait ériger en Comté les terres de St Fargeau et de Puisaye. Nicolas d'Anjou habite et transforme St Fargeau en une riche demeure Seigneuriale. Il est l'auteur de la façade extérieure qui relie la grosse tour du Donjon aux 2 tours d'entrée. A sa mort, en (†1580), sa fille Renée d'Anjou, unique survivante de 5 enfants, apporte en mariage à François de Bourbon, Duc de Montpensier, le Comté de St Fargeau qui avait été érigé en Duché Pairie en (1575) pour ce prince et ses descendants. Son fils, Henry de Bourbon, valeureux guerrier de Henri IV, est nommé "Gouverneur de la Normandie". Marié à Henriette, Duchesse de Joyeuse, il meurt en laissant une fille de 3 ans, Marie Henriette de Bourbon Montpensier. Henri IV, pour remercier son fidèle serviteur, et en témoignage d'affection et d'estime, fiance la jeune fille à son fils, le Duc d'Anjou. Le mariage a lieu le 6 août (1626), béni par le Cardinal de Richelieu. Ils auront une fille, Anne Marie Louise d'Orléans, Duchesse de Montpensier et de St Fargeau, née au Louvre le 29 mai (1629), la "Grande Mademoiselle".

Envoyée, par son cousin le Roi Louis XIV, à 5 ans d’exil à la suite des évènements de la Fronde à St Fargeau, parce que la demeure n’est qu‘à 3 jours de Paris, du fait de sa participation active à la Fronde des "Princes les deux cousins s'opposant", elle se rendra à St Fargeau où elle entreprendra des travaux considérables. Elle fait intervenir François Le Vau sur les façades de la cour intérieure et lui fait dessiner les plans d'un Jardin à la Française qui précédait le parc Anglais actuel créé par M. de Mortefontaine en (1808).

Elle fait aménager de somptueux appartements, et construire un théâtre. Elle épousera secrètement Lauzun à qui elle cède le Duché de St Fargeau. Elle meurt en (†1695) à l'âge de 66 ans. Lauzun ne s'attacha guère au château. Dès (1714), il vendit terres et château au Grand Financier Antoine de Crozat. Il revendit dès (1715) le château à Michel Robert Lepeletier des Forts qui fait élever l'aile qui porte maintenant son nom, aile des Forts. Son fils, Michel Etienne Lepeletier lui succède comme Comte de St Fargeau. Le titre de Duché a été perdu en sortant de la famille de Bourbon.

En (1752), un grave incendie ravage les 3 quarts du château et une partie de la ville. L'aile Nord, c'est à dire la partie du (XVème siècle), est atteinte la 1ère, puis les flammes envahissent les combles, ruinent les toitures et les aménagements intérieurs du (XVIIème siècle). Les murs restent debout et rien n'est changé de l'aspect extérieur du château. Mais, hélas, il ne reste plus rien des luxueux appartements de la "Grande Mademoiselle". Michel, va devenir au cours de la tourmente Révolutionnaire Député puis Montagnard et voter la mort du Roi. Il sera assassiné en (†1778), la veille de l'exécution de Louis XVI. Ses héritiers feront construire une aile au château et la grande demeure passera de génération en génération, par les femmes jusqu'en (1960), le château devra être vendu par Madame d'Ormesson, vu l'ampleur catastrophique des travaux à y effectuer, ceci donnera lieu à l'écriture, par Jean d'Ormesson, du célèbre roman, "Au plaisir de Dieu". Depuis (1979), le Château de St Fargeau est acquit par Michel et Jacques Guyot, dans le but de le restaurer et de le faire connaître en l'ouvrant à la visite. Monsieur et madame Michel Guyot, actuels propriétaires, ont choisi d'y consacrer leur vie. Classé "Monument Historique" ainsi que son parc, le château de St Fargeau domine la petite ville du même nom de ses hautes tours.

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