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- Château de St Germain en Laye
* Période ou style : "Médiéval, Renaissance".
* Type : "Château fort et de plaisance".
* Architecte : Pierre Chambiges.
* Début construction : (1124).
* Propriétaire initial : Louis VI le Gros.
* Destination initiale : "Résidence Royale".
* Propriétaire actuel : "État Français".
* Destination actuelle : "Musée d'Archéologie Nationale".
* Pays : France.
* Région historique : Ile de France.
* Département : Yvelines.
* Commune : Saint Germain en Laye

- Historique

Le château de "St Germain en Laye", appelé aussi, "Château Vieux" par opposition au "Château Neuf" aujourd'hui disparu, est une ancienne résidence des Rois de France. Agrandi à plusieurs reprises par ses successeurs, il restera "Résidence Royale" et verra à ce titre la naissance de 3 Souverains, Henri II en (1519), Charles IX en (1550) et Louis XIV en (1638) et de nombreux Princes. Il a été le lieu de signature de nombreux traités de "paix et d'édits Royaux et Ordonnances". En (1682), Louis XIV qui était le dernier à résider à St Germain en Laye, quitta définitivement les lieux pour s'installer au Versailles. Situé dans le centre de St Germain en Laye dans les Yvelines, il est aujourd'hui consacré au "Musée d'Archéologie Nationale". Classé "Monument Historique" en (1862). "Propriété de l'Etat".

C'est vers (1122) que Louis VI le Gros est conquis par le site en raison de la proximité de la giboyeuse forêt de Laye fait construire un château fort, qui englobe un donjon, appelé le "Grand Châtelet". Il en subsiste le donjon Quadrangulaire. Louis IX, dit St Louis, agrandit ce château féodal, l’une de ses demeures préférées, par un ensemble de bâtiments, "le Petit Châtelet". Entre (1230) et (1238), il fait élever la chapelle à l’écart des autres constructions. Un mur de protection entoure le tout. En (1337), la guerre est déclarée avec l’Angleterre qui revendique le trône de Philippe VI de Valois. Les troupes du Prince Noir, le fils du Roi d’Angleterre Edouard III, incendient le village qui s’est peu à peu formé et le château lui même en (1346). La chapelle est alors épargnée. Il faut attendre Charles V le Sage pour voir les Rois revenir à St Germain. Ce souverain, le plus riche d’Europe, fait raser les bâtiments incendiés et reconstruire, entre (1364) et (1367), un château à l’emplacement des murs de protection de St Louis. La chapelle est alors raccordée au bâtiment. On ignore à peu près tout de ces constructions sauf que le donjon abritait "l’estude du Souverain". Les Anglais s'emparent de la place vers (1420) et l'occupent jusqu'en (1440).

- les Grandes années

La destinée Royale de St Germain se confirme avec le mariage, dans la chapelle, du jeune François d'Angoulême, futur François Ier, avec Claude de France, fille unique du Roi Louis XII , le 18 Octobre (1514). François Ier habite d’abord le château sans rien entreprendre. En (1539), François Ier, monarque sans cesse impécunieux mais toujours dispendieux, fait abattre la vieille bâtisse et en reconstruire une autre sur les fondations établies sous Charles V. St Germain vient s'ajouter à la longue liste de ses réalisations, "Chambord, Fontainebleau, Blois, le Louvre, Villers Cotterêts". Les travaux sont menés par Pierre de Chambiges et surtout Philibert Delorme, également connu pour sa participation à Fontainebleau, aux Tuileries et à Anet. La salle de bal située au 1er étage de l'aile Ouest, désignée sous le nom de salle de Mars, n'a pas encore reçu sa couverture lorsque le Roi s'éteint, le 31 mars (†1547). La même année, au mois de Juillet, se déroule sur l'esplanade du château un duel appelé à entrer dans la légende. Guy Chabot, Baron de Jarnac, affronte le sire de La Chastaigneraie. Par une passe d'arme devenue Proverbiale, "le coup de Jarnac", Chabot tranche le jarret de son adversaire qui succombera quelques jours plus tard des suites de sa blessure.

Après la mort en (†1547) de François Ier, son fils Henri II continue les travaux suivant les mêmes plans. Pierre Chambiges dirigera les travaux. En (1559), le château totalise une surface de 8.000 m2. On y trouve 55 logis, 1 salle de bal, 7 chapelles, 1 cuisine. Le sous sol voûté du donjon renferme 1 prison. L’actuelle place du château, entourée de 5 corps de bâtiments, les communs, constitue la basse cour. Au fond des douves, sèches, est aménagé un jeu de paume. Henri II fait construire, à l’extrémité de l’actuelle terrasse, plus à l'Est et dominant la Seine, le Château Neuf", dont il confie la réalisation à Le Primatice, déjà actif à Fontainebleau, Il sera achevé sous Henri IV par les architectes Louis Métezeau et Baptiste Androuet du Cerceau. Ce dernier a notamment pris la suite de Pierre Lescot au Louvre et n'est autre que le fils de Jacques Androuet du Cerceau, auteur des "plus excellents Bastiments de France". Les règnes d’Henri IV et de Louis XIII verront ce que l’on nomme dorénavant, le "Château Vieux", abandonné aux "Enfants Royaux" et à leur domesticité.

- l'Age d'Or

Le Roi Louis XIV naît à St Germain en (1638) et y séjourne quasiment en permanence. Le "Roi Soleil" ne jure que par la démesure. Il lui faut davantage de place pour loger sa nombreuse cour, qui se partage 63 appartements, vit ici à l’étroit. Il délaisse le "Château Neuf", devenu insalubre par l'eau coulant de partout, pour s'installer dans le "Château Vieux". En (1680) sous la baguette de Jules Hardouin Mansart, 5 pavillons d’angle, aujourd’hui disparus, qui ne seront jamais terminés. Jardins et terrasses qui dominent la Seine sont dessinés par Le Nôtre. St Germain devient de facto la Capitale Politique du Royaume de France. Les noms les plus prestigieux de ce temps sillonnent les couloirs du palais, Mazarin, Madame de Montespan, le Grand Condé, Turenne, Louvois, le Surintendant Fouquet, Colbert. Molière donne dans la salle de Mars, transformée en théâtre et rebaptisée salle des Comédies, les 1ères représentations de l'uAvare et du Bourgeois Gentilhomme, rythmées par la musique de Jean Baptiste Lulli. Le Roi en personne participe au spectacle en (1666) dans Le bal des muses. Chasse, comédies, promenades en galère sur la Seine, concerts et bals rythment les journées. Les dames en faveur cohabitent plus ou moins bien. La fameuse affaire des poisons se déroule en grande partie à St Germain.

Mais déjà l'âge d'Or touche à sa fin. Louis XIV a lancé le chantier de Versailles en (1668) et il abandonne St Germain en (1682). Le château est vidé de ses meubles et de ses occupants. Il retrouve toutefois un semblant de vie à partir de (1689), en devenant le refuge du Roi d'Angleterre déchu, Jacques II Stuart. Il y meurt le 16 Septembre (†1701). Sa famille demeure dans les lieux jusqu'en (1713), date à laquelle Louis XIV signe le traité d'Utrecht, entérinant la paix avec la nouvelle dynastie Anglaise. Son fils Jacques III Stuart, dit le Prétendant, ou le Chevalier de St Georges, doit quitter la France avec les siens. Coquille sans âme, le palais ne suscite désormais plus aucun intérêt aux yeux de la couronne. Louis XVI octroie la "Château Neuf" à son frère Charles, Comte d'Artois, le futur Charles X. Celui ci le fait presque entièrement détruire. La Révolution y installe une prison pour suspects, sous le "Premier Empire", St Germain devient tour à tour prison, un hôpital pour le traitement des maladies contagieuses, une école de cavalerie sous Napoléon Ier. Il sert de lieux de garnison aux forces Anglaises d'invasion après la bataille de Waterloo, 18 Juin (1815). Louis Philippe le confie à l'armée pour y installer une prison militaire. Des geôles sont compartimentées dans les anciens appartements Royaux ou Princiers. En (1862), Napoléon III décide d’y installer le, "Musée des Antiquités Celtiques et Gallo Romaines". Il confie la restauration de ce monument délabré à Eugène Millet, élève de Viollet le Duc. Aujourd’hui, les anciennes salles du château sont transformées en salles d’exposition, qui présentent des collections archéologiques, dont certaines parmi les plus riches au Monde. La cour intérieure du château, qui vient d’être restaurée par Bernard Voinchet, architecte en chef, est l’une des plus belles cours de la Renaissance aujourd’hui visible. Des conférences sur l’histoire du château sont organisées pour le public individuel et pour les groupes.

- la Chapelle et la salle de Bal

C'est un acte de Louis IX (1221)-(1270), daté de (1238), qui nous apprend avec certitude qu'une chapelle vient alors d'être construite auprès du château Royal, par cet acte le Roi y instaure un service religieux régulier. Il s'agit d'une Ste Chapelle, destinée à abriter une relique de la Ste Épine ou de la Vraie Croix. Par son plan et son architecture, elle est la préfiguration de la "Grande Ste Chapelle" que St Louis fera bâtir dans l'enceinte du "Palais de la Cité à Paris" de (1240) à (1248). Il confie ces 2 chantiers à son architecte favori, Pierre de Montreuil, qui adapte à Paris des formules architecturales inventées à St Germain, une nef à vaisseau unique, terminée par un chevet à pans, de très hautes verrières découpant la quasi totalité des murs et des contreforts adossés à l'extérieur, entre les travées.la chapelle mesure 24 mètres de long sur 10 mètres de large. Ses fenêtres, fait unique dans la construction Gothique, sont Rectangulaires au lieu d’être Ogivales dans leur partie supérieure. Les angles des croisées d’ogive sont décorées de 7 têtes en ronde bosse parmi lesquelles on reconnaît St Louis et sa mère Blanche de Castille. Une rosace de 10 mètres carrés, autrefois, garnie de verres peints, occupe l’un des murs. C’est ici que Beaudoin II, "Empereur de Constantinople", cède à St Louis en (1238), les reliques du Christ, et notamment la "Couronne d’Epines", pour lesquelles sera élevée la Ste chapelle de Paris, qui, elle, ne sera consacrée qu'en avril (1248). Baptêmes des enfants Royaux, Légitimes et Illégitimes, mariages Royaux et Princiers s’y enchaînent. Louis XIV y est baptisé, François Ier y a épouse Claude de France en (1514).

A St Germain, les ogives de la voûte retombent sur des colonnettes qui descendent jusqu'au sol, entre les baies. Le soubassement nu est placé en retrait derrière une arcature basse isolée. Le volume de l'édifice est donc libéré de tout support intérieur. Le mur Ouest est orné d'une grande Rose de style "Gothique Rayonnant". Cette appellation renvoie aux rayons des fines rosaces laissant filtrer, par leurs vitraux, la lumière qui, de Dieu, pénètre jusqu'aux clercs puis aux fidèles. Le percement maximum des murs est permis par la technique de la pierre armée. Des éléments de métal sont intégrés à la structure des murs afin d'assurer la stabilité des pierres. La chapelle conserve aujourd'hui une collection lapidaire dont plusieurs plaques gravées, des panneaux de sarcophages provenant de Rosny sur Seine, et des fragments de sarcophages provenant de Chelles.

A la mort de François Ier, la grande salle de bal, qui mesure plus de 500 m2, est encore à ciel ouvert. L’élément principal reste la cheminée monumentale ornée d’un motif en pierre où figure la Salamandre, emblème du Roi. La salle est inaugurée le 19 Mai (1549) par le grand banquet que donne Henri II à l’occasion du baptême de l’un de ses fils. Louis XIV la transforme en, salle des comédies, et l’équipe d’une formidable machinerie. Plus de 140 représentations en tout genre sont données dans cette salle considérée comme la plus grande de tout le Royaume. Lully et Molière y connaissent leurs Heures de Gloire. En (1666), Louis XIV se produit lui même dans le "Ballet des Muses". Cette salle abrite aujourd’hui la salle "d’Archéologie Comparée".

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