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Glossaire - Biographies
Intérieur - Parc


- Château de Vaux le Vicomte.
* Période ou style : "Architecture Classique".
* Type : Château.
* Architecte : Louis Le Vau.
* Début construction : (1656).
* Fin construction : (1661).
* Propriétaire initial : Nicolas Fouquet.
* Destination initiale : Résidence.
* Propriétaire actuel : "Société privée",
- "SCI Valterre-Cogérants : Alexandre et Jean-Charles de Vogüé".
* Destination actuelle : Musée.
* Protection : "Entièrement classé Monument Historique".
* Pays : France.
* Région : Ile de France.
* Département : Seine et Marne.
* Commune : Maincy.

- Historique

Au début du (XVIIème siècle), à l'Est de Paris, entre les Résidences Royales de Vincennes et de Fontainebleau, un petit château se dresse au confluent de 2 petites rivières. Ce fief noble s'appelle Vaux le Vicomte. En (1635) le Père de Nicolas Fouquet a acheté Vaux le Vicomte. En (1641), Nicolas Fouquet (1615)-(1680) ce jeune Parlementaire a 26 ans, il a de l'ambition, "maître des requêtes" en (1641), il est "Procureur Général au Parlement" de Paris en (1650). En (1651) il épouse Madeleine de Castille d'une noble et grande famille de parlementaire Parisien, et 2 ans plus tard il est "Surintendant des Finances". Il était temps pour lui, de s'établir, ce lieu sera son principal établissement, Fouquet commande à Louis Le Vau les plans de son château, 18.000 ouvriers mettent 6 ans pour transformer la forêt en superbe château, 3 anciens villages sont rasés. Pendant 6 ans on travaille aux terrassements et aux adductions d'eau des futurs jardins, plus de 900 hommes y pourvoiront.

- Le Nôtre

Pour la 1ère fois Le Nôtre a les mains libres pour faire d'un immense espace récemment acquis en un endroit de pur agrément. Perspective et effets de surprises seront réalisés en un temps record. Le jardin tel que nous le voyons encore est divisé en 3 parties qui s'enchaînent sans aucune rupture. Le château, posé comme une île est au centre, bordé d'un côté de l'entrée du domaine, et de l'autre des jardins, tel un éventail délimitant la grande perspective montante, l'axe central s'allonge jusqu'à la butte creusé d'une grotte. Ce grand axe est brisé 3 fois pour atténuer le coté linéaire. Les parterres de tailles inégales, le boulingrin composé de 2 grandes broderies symétriques à décor d'entrelacs de buis, encadrant l'allée principale, les parterres de gazon, les bassins, toute cette composition est harmonieuse, mais rien n'est symétrique dans l'ensemble global, la symétrie est suggérée dans chaque masse. Comme pour Versailles, il y a un ordre pour visiter ces jardins et découvrir au fur et à mesure les surprises de Le Nôtre. Quand on arrive sur le "Grand Vivier", on suppose qu'il est alimenté par les cascades des 7 grottes de l'arrière plan, mais on découvre que c'est en réalité le "Grand Canal" de plus, d'un kilomètre de long, qui l'alimente et rien n'était visible avant.

Toujours en (1659), Fouquet commande à Lespagnandel les sculptures de la grotte et celle de l'Anquetil, et c'est sans doute Charles Le Brun qui donna les projets des autres statues du parc. En (1658), l'avenue est tracée, et en (1659) la grille d'eau de Lespagnandel est batie, les cascades ayant été construites, 2 ans, plus tôt. Un seul réservoir souterrain alimente les cascades et les jeux d'eau du jardin, et ceci par simple gravité, une manufacture de tapisserie est spécialement créée. Fouquet fait orner le fronton de sa devise, "jusqu'où montera t'il ?" . En (1661), la construction s'acheva, un chef d'oeuvre unique, un château et un jardin, les plus beaux de France. Cette réussite est l'oeuvre du génie fraternel de 3 hommes choisis par Fouquet, l'architecte Le Vau, le peintre décorateur Le Brun et le jardinier paysagiste Le Nôtre. Nicolas Fouquet, inspirent leurs talents, ils ne sont pas les seuls, le poète La Fontaine, Molière auteur et acteur, Madame de Sévigné, Pellisson, Scarron, mais aussi le maître d'hôtel Vatel, constituent l'entourage de ce mécène des "Arts et des Lettres".

- La Fête !!!

C'est à Vaux le Vicomte que se déroulera l'une des plus belles fêtes du (XVIIème siècle), chargée de raffinements, de beauté, d'éblouissements mais aussi de drame. Fouquet est ivre du bonheur de mettre Vaux le Vicomte aux pieds du Souverain qu'il a toujours servi fidèlement, il ne doute pas de mériter la fonction de "Premier Ministre". C'est le 17 Août (1665) par une splendide journée d'été, que Nicolas Fouquet et son épouse inauguraient Vaux le Vicomte en présence du Roi Louis XIV, de la Reine Mère et d'une partie de la Cour, le Roi avait exprimé le désir d'en voir les derniers embellissements. Fouquet a l'impudence de vouloir impressionner le jeune Louis XIV qui séjournait à Fontainebleau. Le ministre orgueilleux réunissait tous les ingrédients d'une fête munificente, souper de Vatel servi dans un service en "Or Massif", "le roi venait de faire fondre sa vaisselle pour faire face aux dépenses de la guerre!". Le Roi a souhaitée cette fête pour mieux tromper Fouquet dont il a décidé secrètement la Mort.

Précédés par leurs Majestés, les invités entrèrent dans le jardin et furent stupéfiés par la multitude des bassins et des jets d'eau, par les terrasses de gazon et de fleurs, par l'immensité des grottes, des cascades et par la plus belle perspective du monde. Au retour de la promenade, une collation fut servie au château, puis tous coururent au spectacle donné à la lisière des bois, le sujet en était "les Fâcheux", comédie ballet écrite et jouée par Molière. Le rideau tombé, un feu d'artifice fut tiré des grottes, reflété dans l'eau du Grand Canal où nageait une Baleine Géante. Au dernier feu, le Roi s'en revint vers le château, quand soudain, 1 millier de fusées furent lancées du dôme du logis, formant dans la nuit une voûte de feu. Cette fête, sans précédent, qui fut le modèle des fêtes Royales à venir, marquait apparemment l'apogée du "Surintendant Fouquet". Seul le Roi savait, avec la Reine Mère et Colbert, que le Surintendant était à quelques heures de son éviction , pour Louis XIV, les applaudissements de cette fête qui allaient à un autre que lui, cette demeure plus fastueuse que ses anciens palais, ce jardin magnifique, avaient constitué autant d'épreuves amères pour son amour propre et renforcé sa volonté d'anéantir ce Ministre. Il fut sur le point de faire arrêter Fouquet immédiatement, la Reine Mère l'en dissuada. Plus tard, Voltaire résuma ainsi cette fête célèbre? "le 17 Août à 6 heures du soir, Fouquet était le Roi de France à 2 heures du matin, il n'était plus rien". Exaspéré par ce faste tapageur, le Roi regagne son petit pavillon de chasse de Fontainebleau, refusant de passer la nuit dans la chambre préparée pour lui. "Comme il n'y a qu'un Soleil au Ciel, il ne pouvait y avoir qu'un Roi en France".

- Le mauvais Procès

Nicolas Fouquet arrêté le 16 Septembre (1661), condamné au cachot à vie en (1664) pour avoir dilapidé les finances publiques, Nicolas Fouquet est arrêté par d'Artagnan. sur ordre de Louis XIV. Au cours de son procès où des preuves furent falscifiées ou des témoins font de fausses déclarations, Nicolas Fouquet est condamné à l'exil. Louis XIV furieux de ce jugement, le fait emprisonner dans la forteresse de Pignerol Alpes Savoyardes où il meurt en (†1680). Sa femme exilée, Vaux le Vicomte est mis sous scellés, le Roi saisit, réquisitionne, parfois achète, 120 tapisseries, tous les orangers, les statues et la manufacture de tapisserie est transférée aux Gobelins à Paris. En (1673), le château est rendu à Madame Fouquet, où elle se retira avec son fils aîné. Après la mort de son mari à Pignerol, elle perd aussi son fils, aussi en (1705) elle se résout à mettre Vaux le Vicomte en vente. C'est le plus grand "Chef Militaire du Royaume, le Maréchal de Villars" (1653)-(1734), "Duc et Pair de France". Ce militaire glorieux qui a conquis tous ses galons à la pointe de l'épée, le vainqueur de Denain, appréciait Vaux où il se délassait de ses campagnes militaires avec sa ravissante épouse.

En (1764), le fils du Maréchal vendit le domaine au Duc de Choiseul Praslin, "Ministre des Affaires Etrangères et de la Marine" qui construisit la Bibliothèque et aménagea le 1er étage du château, les descendants conservèrent la propriété pendant plus d'un siècle, sous la Révolution, en (1793), Vaux le Vicomte ne dut son salut qu'à l'habileté et au courage de la Duchesse de Choiseuil Praslin et des membres de la "Commission des Arts et de la Convention" qui soulignèrent l'importance historique et artistique des lieux, la Duchesse de Praslin réussit à faire éviter la destruction de son château en léguant les oeuvres de Le Brun à la Nation. Mais par manque d'entretien, le château se dégrade. En (1815), Occupé par les Russes et les Bavarois, le Domaine ne subit aucun dommage. Après 30 années d'abandon, le château fut mis aux enchères publiques, le 6 Juillet (1875), un amateur averti, Monsieur Alfred Sommier, acheta Vaux le Vicomte. Le château était vide, une partie des dépendances étaient ruines, le célèbre jardin disparu. Un immense travail de restauration et de remeublement commençait. A la mort d'Alfred Sommier, en (†1908), le château et le jardin avaient retrouvé leur aspect d'origine. Son fils, Edme Sommier, et sa belle fille achevèrent son oeuvre. Aujourd'hui ses descendants directs, Patrice et Cristina de Vogüé, poursuivent la sauvegarde de Vaux le Vicomte.

- Les jardins

Les jardins s'ordonnent autour d'une perspective de plus de 3 kilomètres. Cet axe majeur reflète la volonté d'innovation de Fouquet et de Le Nôtre. En composant la mise en scène du château et des communs dans l'espace de 40 hectares taillé au coeur de la nature, Le Nôtre et Le Vau réalisent pour la 1ère fois la plus parfaite relation entre architecture et environnement paysagé de tout le (XVIIème siècle). Dans ce vaste espace rythmé par des terrasses successives, Le Nôtre, dès cette 1ère création, dispose les éléments de ses jardins, rinceaux de buis imitant les motifs de tapis turcs, bosquets, grottes, pelouses, eaux dormantes ou jaillissantes, plantations d'encadrement, cette conception nouvelle traduit l'ordre, la rigueur et la noblesse de cette époque. Si les jardins de Vaux était les seul à subsister, il suffirait à faire comprendre les règles de l'art des jardins du "Grand Siècle".

Dans cet espace qui, de la grille d'entrée à la lointaine statue d'Hercule, s'étend sur 1.500 mètres de long et sur une largeur en moyenne 6 fois moindre, le château domine l'immensité de verdure quelque soit l'éloignement duquel on l'observe. Cette impression de position régnante sur un si vaste espace est symbolique de l'ascension du maître de maison. Par la remarquable utilisation des lois de la perspective et de l'optique, les jardins donnent l'agréable sentiment d'être embrassé tout entier dès le 1er coup d'oeil, mais ce sentiment est une illusion, volontairement entretenue par le talent de Le Nôtre. Ainsi, à quelques minutes du château, les grottes qui semblent élevées sur le bord du bassin carré, s'éloignent plus on s'en rapproche. Soudain, aux pieds du promeneur le ruban de lumière d'un "Grand Canal" émerge d'une vallée transversale jusqu'alors invisible, et révèle au spectateur mystifié la réalité, les grottes sont en réalité construites de l'autre côté de cette vallée insoupçonnée. Un immense parc de feuillus constitue le cadre de ce jardin de l'intelligence où d'autres surprises charment les promenades d'ombre et de soleil.

Le château et son parc ont été classés "Monument Historique" en (1965). On visite les petits appartements de M. et Mme Fouquet décorés par Le Brun, ornés de beau mobilier d'époque, le grand lit à baldaquin et de statues, la maquette en bronze de la statue équestre de Louis XIV installée place Vendôme et disparue à la Révolution. Le "Grand Salon" correspond à la rotonde centrale de la façade sur jardin. On voit les études de Le Brun qui ne furent jamais réalisées à cause de la disgrâce du maître des lieux. Les tables ovales en marbre sont les seuls vestiges de Fouquet, avec quelques statues et peintures. La chambre du Roi, jamais utilisée, annonce le style décoratif des "Grands Appartements de Versailles". On visite également les cuisines, la bibliothèque, les grandes salles. Pour faciliter l'approche de cette nature transformée en oeuvre d'art par Le Nôtre, quelques voitures électriques sont à la disposition des promeneurs, en (1988) Ouverture complète de la visite du château.

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