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Glossaire - Biographies
l'après Vauban
Photos

(Mont Louis, Région Occitanie Midi Pyrénées, Arrondissement de Prades, Canton Catalanes)

- Citadelle de Mon Louis

Depuis sa création en (1679), Mont Louis vit une histoire militaire tout à fait particulière. Au delà des décisions politiques de Louis XIV, des plans éclairés de l'architecte Vauban et de la très active et rigoureuse surveillance du Ministre de la Guerre, Louvois, et depuis 326 ans, les acteurs de cette place sont les Soldats. Suite au Traité des Pyrénées en (1659) et à la demande du Roi Louis XIV qui souhaite sécuriser ce territoire nouvellement restitué par l'Espagne, Vauban, Commissaire Général des Fortifications conçoit cette place forte "ex nihilo" en (1679). La situation stratégique privilégiée, au carrefour des territoires du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne, détermine le choix définitif du site. De plus, cet emplacement permet d'avoir à proximité matériaux, pacages, moulins, bois et cultures.

Mont Louis est conçu selon un étagement en 2 zones, la Citadelle et la Ville. Au projet original, une ville basse pour les Vivandiers, Ecuries et magasins à Fourrage, ainsi qu'une Redoute ne furent jamais édifiées, faute de moyens. Pour la Citadelle Militaire, dont la portée de la vue s'étend du Canigou à la Sierra del Cadi, les défenses s'organisent autour des principes caractéristiques à Vauban, "bastions, courtines talutées et demi lunes". Si la "Chapelle, l'Arsenal, 2 magasins à poudre" sont réalisés, il manquera toujours la Maison du Gouverneur, le logement des Aumôniers et la halle prévue pour mettre les soldats à couvert.

Vauban organise ensuite, selon des principes simples, l'agencement interne de la Ville Neuve pour loger une petite bourgeoisie d'artisans avec des casernes d'infanterie, de part et d'autre de l'unique porte d'entrée. Elle répond ainsi aux exigences militaires, offre un urbanisme pratique, présentant un aspect ordonné et sobre, où les lieux du commandement, du combat et des activités civiles s'intègrent harmonieusement. En cette période de paix provisoire, les soldats seront l'essentiel de la main d'oeuvre, en particulier les Régiments de Vierzet Famechon, Stoppa Brendelé, Furstemberg et Castries. Ces soldats sont nombreux, 3.700 sont présents lors de la visite de Louvois en (1680), installés aux abords de Mont Louis, journellement mal payés pour une rude tâche, souvent effectuée dans des conditions difficiles, soumises en particulier à la rigueur du climat de Mont Louis. Ils sont encadrés par des artisans spécialisés "maçons, tailleurs de pierre, charpentiers, menuisiers, forgerons, puisatiers", puis surveillés par les Intendants et Ingénieurs à la solde du Roi. Le prestige de l'uniforme est sacrifié à la petitesse de ces travaux de terrassier.

En (1681), soit 29 mois après le voyage de Vauban, l'essentiel des travaux est terminé, la place est considérée en état de défense. Et le 26 Octobre, le 1er Gouverneur, François de Fortia, Marquis de Durban prend possession des lieux lors d'une fastueuse célébration, au milieu "de grandes acclamations de Vive le Roi ! des peuples de Cerdagne qui s'y trouvèrent en grand nombre et ravis de voir telle cérémonie". Dès lors, Mont Louis marque l'ultime Frontière Militaire Méridionale et permet de garder un oeil sur la place forte de Puigcerdà en Cerdagne Espagnole. L'excellence du choix perdurera au fil des siècles jusqu'à nos jours.

En (1793), la place est au Coeur des événements militaires de Cerdagne. Mont Louis devient Mont Libre. Profitant du chaos côté Français, le Roi d'Espagne prétend mettre à la raison les Régicides Français et ses troupes envahissent tout le territoire des Pyrénées Orientales. En Cerdagne, le Général Dagobert repoussera par 2 fois les Espagnols. En Juillet (1793), les troupes Espagnoles qui occupent le Col de la Perche sont mises en déroute et en Septembre, celles installées au dessus de Canaveilles sont défaites de belle manière. Le Général Dagobert poursuivra son oeuvre en investissant la Cerdagne Espagnole et Puigcerdà, où il mourra en (†1794). Sont Monument Dagobert, place de l'église.

La Paix intervient le 1er Août (1795), Mont Libre joue alors essentiellement un rôle d'entrepôt pour l'armée de Cerdagne. Le 24 Octobre (1803), Mont Libre redevient Mont Louis. A partir de (1808), la Citadelle devient un vaste camp de passage et un hôpital pour l'armée d'Espagne. Avec la Restauration, la valeur défensive de Mont Louis apparaît plus liée à la topographie qu'à la Citadelle. Les travaux reprennent avec fébrilité à partir de (1887) pour revaloriser l'organisation défensive de Mont Louis, en particulier sur les alentours. Les derniers conflits mondiaux verront leur flot d'émigrés entassés dans l'enceinte de la Citadelle, lors de la guerre d'Espagne en (1936) avant une occupation Allemande, puis une libération par les Forces Françaises Libres. En (1946), la Citadelle retrouve sa fonction 1ère de place forte Militaire, avec l'installation du 11ème BPC, puis en (1964), du "Centre National d'Entraînement Commando". Ce pôle d'expertise Français dans le domaine de la formation Commando, instruit les cadres Officiers, Sous Officiers et militaires du Rang des Armées de Terre et de l'Air, de la Gendarmerie Nationale ou des Armées Etrangères, mais c'est aussi un Centre de Formation avec des compétences Spécifiques pour les Journalistes Reporters de Guerre, Etudiants STAPS, Sportifs de haut niveau et personnel des Ministères de la Justice ou de l'Intérieur.

Mais la Citadelle conserve un élément d'architecture unique, le "Puits des Forçats", avec son Immense Roue permettant l'alimentation en eau de la place, "visitable toute l'année". Les murs de la ville renferment également le 1er Four Solaire à 2 Concentration construit en (1949), "visitable toute l'année". Son Eglise, dédiée au vocable de St Louis, est construite à partir de (1733), sur le modèle de la Chapelle de la Citadelle. A l'intérieur, une série de Retables Baroques Roussillonnais du (XVIIème siècle) et du (XVIIIème siècle) avec un très beau Christ en bois peint Polychrome (XVIIe siècle) d'inspiration Rhénane.

- La Citadelle

Depuis (1964), elle abrite le "Centre National d'Entraînement Commando (CNEC) - 1er Choc". Désormais, l'accès y est réglementé, on n'y pénètre qu'accompagné par des guides, lors de visites exclusives organisées par l'office de tourisme. Suivant à la lettre les plans établis par Vauban, la citadelle dessine un Carré flanqué de 4 Bastions à Orillons, et couvert par 3 Demi Lunes. Ses remparts sont encerclés d'un fossé sec. Au Sud, la porte dite Porte Royale, surmontée d'un Clocher et d'une Horloge, communique directement avec la ville. Tandis qu'au Nord, s'ouvre une porte de Secours vers la route de France. Chacune de ces 2 Portes étaient à l'origine pourvues d'un Pont Levis avec Pont Dormant. Derrière ses murs de défense, les Casernes sont intégrées aux Remparts et les Chambres sont Voûtées à l'épreuve des boulets. Les façades ouvrent uniquement sur la cour de la Citadelle. Prévues pour supprimer la servitude du logement "chez l'habitant", les casernes de Mont Louis pouvaient accueillir jusqu'à 2500 hommes. En tout premier lieu, furent réalisés, 2 magasins à Poudre, la maison du Lieutenant du Roi, le Puits et l'Eglise désaffectée à la Révolution Rrançaise.

Dans la zone la plus protégée au Nord de la Citadelle, le Puits des Forçats prend place dans une salle de 20 mètres sur 15 mètres voûtée et dont la toiture est à l'épreuve des Boulets. Le puits a été creusé dans le roc sur une profondeur d'environ 28 mètres dont 11 mètres d'eau. Son mécanisme à Roue entraînait un axe autour duquel une chaîne en boucle relevait 2 Seaux. Il alimentait alors en eau la Citadelle, et plus particulièrement la Manutention et les Cuisines. L'eau puisée était ensuite versée dans des bassins. Un soldat, puni de préférence, permettait d'actionner le mécanisme de cette "cage à écureuil". L'effort exténuant pour puiser l'eau lui a valu son surnom de "Puits de Forçats", bien qu'il n'y eut jamais de Bagnards à Mont Louis. A partir de (1830), le puits sera utilisé de façon très irrégulière à cause de sa difficulté d'usage et peu à peu, il sera complètement abandonné au profit de l'eau courante. Son excellent état de conservation lui permet d'être parmi les 3 dernières Roues Originales de ce type en France avec celles de la Citadelle de Besançon et du Mont Saint Michel.

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