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Glossaire - Biographies
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(Rocroi, chef lieu de Canton, des Ardennes.)

- Les premières Fortifications .

Lors des invasions successives, les habitants protègent leurs biens d'un rempart de terre et d'un large fossé rempli d'eau. C'est cette toute 1ère palissade qui, aurait donné son nom au "Bastion du Petit Fort". L’enceinte primitive comprenait les actuelles rues du petit fort, du Pavillon, de Bourgogne, Chuquet, Dauphine et Champagne.

François Ier, envoie Martin du Bellay reconnaître les meilleurs sites pour protéger ses frontières. Pour faire face à Mariembourg en Belgique et Charlemont Givet, le Roi finit par choisir le petit village de Raulcroit. Sous Henri II, à partir d'avril (1555), les 1ers ouvrages fortifiés, pour la 1ère ceinture telle qu'on la connaît aujourd'hui, sortent de terre protégés par de larges fossés.

- L’étoile du roi

A la fin de la guerre de 100 ans (1453), les progrès de l'artillerie sont tels que les traditionnels "Châteaux Forts" sont de plus en plus vulnérables. Le système bastionné voit alors le jour, judicieux assemblage entre le rempart et le pentagone. Grâce aux bastions et aux courtines, ce dispositif aura des effets sur l'architecture urbaine. Dans la 2ème moitié du (XVIème siècle), le principe bastionné est l'exclusivité des ingénieurs Italiens qui offrent leur savoir à François Ier et Charles Quint. Au milieu des fortifications s'installe l'espace habitable au sein duquel s'ordonnent rues, quartiers, places. Les Italiens imposent, pendant quelques temps, le plan radioconcentrique. C'est le cas à Rocroi où l'urbanisme étoilé est unique en France. Un autre cas identique existe à Palma Nova, en Italie. Par opposition au plan damier, le plan étoilé offre l'avantage aux troupes à partir de la place centrale, d'intervenir rapidement en accédant aux courtines et bastions. Très vite, ce type d'urbanisme est abandonné à cause de ses quartiers incommodes en forme de trapèze qui impliquent des maisons, étranglées, et enchevêtrées. Le 9 Avril (1555), le Maréchal de Bordillon, au nom du Roi Henri II signe un traité avec un maître maçon de Senlis, Loys Lenthe, pour construire la 1ère ceinture de fortifications de la ville de Roquecroix.

- XVIème siècle

Au (XVIème siècle), on donne aux bastions le nom de Boulvarts ou Bolverts. Les bastions sont dits à Orillons.

* Bolvert du Roy.
* Bolvert d'Aulphin.
* Bolvert de Nevers.
* Bolvert de Montmorency.
* Bolvert de Bordillon.

Le 9 Avril (1555), le marché de la fortification de Rocroy est signé entre Bordillon, lieutenant du Roi en Champagne, et Louis Lenthe, maître maçon de Senlis. Le système de construction, consistant en fortifications rasantes disposées en étoile, est Italien. 3 noms d’architectes ont été avancés :

* Jacopo Castriotto, qui fut ingénieur général des forteresses du royaume et le constructeur de Calais (1558).
* Pierre Strozzi
* Marini, qui fut ingénieur du duc de Guise et qui remit Metz en état en (1552).

Le système se composait de 5 gros bastions reliés par des courtines. Il était achevé par un large fossé et deux portes permettant l’accès à la ville, "Porte de Maubert" et "Porte de Mariembourg". Ces ouvrages sont en terre. Seuls les bastions sont légèrement maçonnés. Le bastion du "Petit Fort" a été construit, pour sa part, sous le règne de François Ier, en (1545). On a retrouvé, sous la "Porte de Bourgogne", une Salamandre, emblème de François Ier. Certaines pierres du "Bastion du Roi" sont des pierres tombales, une de ces pierres, datant de (1612), est encore visible.

- XVIIème siècle

En (1610), sont construites les demi lunes, ouvrages extérieurs destinés à couvrir la contre escarpe, le fossé et la courtine, vulnérable aux armes nouvelles que sont les mines.Sous le règne de Louis XIII, les Oreillons seront supprimés, il n'en restera que 3. Les courtines sont avancées et maçonnées. Le "Bastion du Roi" est retranché par un fossé, il devient une espèce de citadelle. Pendant l'occupation Espagnole, Condé revient à Rocroi, en (1653). Les contre gardes des bastions de Montmorency et du Roi sont construites.

* Demi lune de Rolzon, aujourd'hui des Ecossais.
* Demi lune de Geoffreville.
* Demi lune de France, aujourd'hui de Bouillon.
* Demi lune de Champagne.
* Demi lune de Bourgogne, aujourd'hui de Charlemont.

- Vauban et Rocroi

En (1691) Vauban est à Rocroi pour la 1ère fois. Pendant un siècle, la Picardie et la Champagne restent des pays ouverts aux invasions, c'est pourquoi Vauban veut consolider cette frontière en préconisant le "Pré carré". Il s'agit de 2 lignes de places fortes dont Rocroi fait partie. Le 6 mars (1675), Colbert envoie à l'intendant de Champagne l'ordre du roi lui signifiant de loger dans les hameaux voisins les habitants dépendant de ce gouvernement qui travaillent aux remuements des terres nécessaires pour la fortification de cette place.

A Rocroy travaillent aux fortifications 500 hommes des villages du gouvernement. Ils travaillent à la corvée et sont relayés par 500 autres à la fin de la semaine. Avec ce système Polygonal de fortifications, aucun point du glacis ne demeure à l'abri des coups de canons tirés des bastions. L'assaillant est donc obligé de se terrer et il ne peut progresser que lentement, en creusant des tranchées en zigzags.

- XVIIIème siècle

Au (XVIIIème siècle), si les fortifications ne changent pas, la physionomie de la ville est transformée par la construction de nouveaux bâtiments militaires. Le génie ajoute pourtant des ouvrages extérieurs en terre, une grosse lunette en (1744), côté Ouest, appelée lunette d'Asfeld, et 4 flèches très avancées dans la campagne en (1792), année où la France révolutionnaire entre en conflit avec la Prusse et l'Autriche. Ces flèches devaient éclairer le terrain et constituer une ligne supplémentaire de défense. En (1785), on construit également sous la courtine le bastion du Roy et du Dauphin une manutention de siège, c'est à dire une espèce d'intendance.

* "La lunette" d'Asfeld en (1744).
* 4 flèches avancées en (1792).

- XIXème siècle

Dans la 1ère moitié du (XIXème siècle), de nouvelles contre gardes en terre couvrent bastions et courtines. Elles sont reliées par des ouvrages en terre et forment une 2ème enceinte en forme d'étoile. D'une manière générale, le (XIXème siècle) voit l'amélioration du dehors, c'est à dire des défenses extérieures. Afin de renforcer le front Ouest, le Général Vaillant propose en (1832) la construction du "Fort Neuf" dans la contre garde qui protège la demi lune. 4 étaient prévus, mais seul celui ci fut construit.

Les courtines, toujours vulnérables, sont couvertes par les tenailles, ces buttes de terre déjà préconisées par Vauban, et dans lesquelles viennent se perdre les obus des canons ennemis. Les tenailles sont à double Caponnières chemin, ce qui permet le passage entre les 2 tenailles, et par conséquent la possibilité de retranchement.

Des poternes fortifiées, aux murailles percées de meurtrières, facilitent les communications entre les différents points de l'ensemble des remparts. Les nouveaux progrès de l'artillerie oblige le génie à creuser des casemates sous les bastions et les courtines, la casemate du bastion du Dauphin fut construite en (1883).

On construit également une casemate sous la courtine "Bastion du Roy" du "Petit Fort". Ces casemates devaient servir d'hôpital pendant le siège. Il faut également protéger l'armement du corps de place en construisant, sur les bastions, des cavaliers, "Bastions du Roy", de Nevers et du Petit Fort". On restructure le cavalier du bastion de Montmorency. Ces cavaliers de terre sont percés d'abris maçonnés, les courtines sont également protégées par ce genre d'abris maçonnés. Au (XIXème siècle), on ajoute aussi des traverses sur le chemin couvert. Enfin, la "Porte de Bourgogne" change de place, elle se trouve maintenant à gauche de la Citadelle. La place forte est déclassée en (1889).

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