Pierre Augereau

- Pierre Augereau
Le fier brigand

Charles Pierre François Augereau, né le 21 Octobre (1757) à Paris et mort le 12 Juin (†1816) à La Houssaye en Brie, Seine et Marne, d'une famille modeste, son père, Pierre Augereau, est d'abord domestique puis maçon et sa mère, Marie Josèphe Kreslin, d'origine allemande, est marchande de fruits au faubourg Saint Marceau, à Paris. Il ne reçoit qu'une éducation très sommaire. Général Français puis Maréchal d'Empire et Duc de Castiglione. Brillant divisionnaire pendant la 1ère campagne d'Italie, Augereau déçoit Napoléon durant les guerres Napoléoniennes de par son attitude aussi bien au combat qu'envers la personne de l'Empereur. A Sainte Hélène, ce dernier lui reproche particulièrement son comportement pendant la campagne de France où, commandant de l'armée de Lyon, le Maréchal ne réussit pas à battre les troupes Autrichiennes qui lui sont opposées et s'attire plus tard ce sévère jugement du souverain :
    "Depuis longtemps, chez lui, le Maréchal n’était plus le soldat, son courage, ses vertus premières, l’avaient élevé très haut hors de la foule, les honneurs, les dignités, la fortune, l’y avaient replongé. Le vainqueur de Castiglione eût pu laisser un nom cher à la France, mais elle réprouvera la mémoire du défectionnaire de Lyon".

Cas unique parmi les Maréchaux de Napoléon, Augereau sert dans l'armée Prussienne où il combat contre l'Empire Ottoman et l'Autriche. Devenu Sergent, il déserte et réussit à rejoindre les frontières de la Saxe, entraînant son peloton avec lui. Pendant les années (1788)-(1791), on le retrouve au service de l'armée de Naples puis au Portugal. Les événements de la Révolution Française le font rentrer en France vers la fin de (1792).

- Soldat de la Révolution

Farouche Jacobin, il s'engage dans la Garde Nationale et devient Sergent. Nommé Capitaine puis Lieutenant Colonel, il participe à la répression de la révolte des Chouans en Bretagne puis rejoint l'Armée des Pyrénées où il est rapidement promu Général de division le 23 Décembre (1793). Sa division se distingue lorsqu'elle est transférée à l'Armée d'Italie en (1795), où elle participe à la bataille de Loano.

- Campagne d'Italie

En (1796), sous les ordres de Bonaparte, il s'illustre à la bataille de Montenotte et à la bataille de Millesimo puis lors de la prise du château de Cosseria, le 14 Avril. Pendant la bataille du Pont de Lodi, le 10 Mai (1796), le mouvement tournant de ses troupes contribue à la victoire. Mais c'est surtout à Castiglione, le 5 Août (1796), qu'il se couvre de gloire. La veille de la bataille, alors que l'armée française se trouve dans une position critique, il est le seul, en conseil de guerre, à préconiser l'attaque. Le lendemain, ses manœuvres et sa valeur sont pour beaucoup dans l'éclatant succès remporté par l'armée d'Italie et son Général en Chef. Il est aussi présent, le 15 Novembre, à Arcole, où il s’élance sur le pont à la tête de ses troupes. Bonaparte apprécie Augereau au point de le désigner pour apporter les drapeaux pris à l'ennemi au Directoire. Augereau en retire une gloire personnelle qui vise à éclipser celle de Bonaparte.

Eloigné de l’armée, Augereau se livre à toutes les intrigues politiques dont Paris est le théâtre. Il participe ainsi au coup d'Etat du 18 Fructidor, 4 Septembre (1797), qui écarte les conseillers suspectés de sympathies Monarchistes. En remerciement, il est nommé Commandant de l'armée de Sambre et Meuse, puis de l'armée du Rhin. Il se fait élire député de la Haute Garonne au Conseil des Cinq Cents où il siège à gauche. Jacobin, il manifeste son hostilité au coup d'Etat du 18 Brumaire mais finit par se rallier à Bonaparte qui lui confie le Commandement de l'armée Française en Batavie, le 28 Décembre (1799) et Commandant des troupes Gallo Bataves, le 24 Novembre (1800). L’année suivante, il est remplacé par Victor, et reste sans Commandement pendant un certain temps. Il recommence alors ses attaques contre le Gouvernement Consulaire. Franc Maçon, en (1801) il est membre de la Loge "Les Enfants de Mars" à La Haye.

- Guerres Napoléoniennes

Napoléon Ier le nomme Maréchal d'Empire le 19 Mai (1804), Grand Officier de la Légion d'Honneur, Duc de Castiglione et Grand Croix de l'Ordre de Charles III d'Espagne. Commandant du VIIème corps de la Grande Armée l'année suivante, il est affecté en Autriche et en Allemagne mais ne prend pas part à la bataille d'Austerlitz. En (1806), il participe à la campagne d'Allemagne, il se distingue le 14 Octobre (1806) à Iéna, où il bat les Saxons et écrase le corps de Rüchel venu au secours de l’armée Prussienne, puis à la bataille de Golymin. Au début de l'année (1807), il tombe malade et doit se faire attacher sur son cheval lors de la bataille d'Eylau, le 8 Février (1807). Alors qu’il doit attaquer le centre Russe, son corps d’armée se perd dans une tempête de neige. Les soldats Français sont décimés par les canons ennemis, et Napoléon doit faire intervenir la cavalerie de Murat et la Garde Impériale pour combler le vide laissé par le 7ème corps. Blessé au bras, Augereau rentre en France. Le 19 Mars (1808), il reçoit le titre de Duc de Castiglione. Il sert ensuite en Espagne où il fait preuve de cruauté lors de la campagne de Catalogne en (1809). Ses 1ères victoires à la tête de l'armée de Catalogne sont bientôt suivies de défaites. L’Empereur renvoie Augereau, mais le rappelle pour la campagne de Russie de (1812) où il lui confie le XIème corps de la Grande Armée en Allemagne. Le Maréchal est présent lors de la défaite Française à Leipzig, du 16 au 19 Octobre (1813). Sa défense acharnée lui fait regagner la faveur de Napoléon.

En Janvier (1814), pendant la campagne de France, Augereau reçoit le commandement du corps d’armée posté à Lyon. Ses ordres prévoient la levée de 60.000 hommes, mais il ne trouve que 800 à 900 hommes armés sur place, une ville peu fortifiée, presque dépourvue de vivres et de munitions. Les Autrichiens du Général Ferdinand Von Bubna Und Littitz ont pris Genève le 30 Décembre (1813), Mâcon le 13 Janvier (1814). Les autorités locales de Lyon, par crainte du désordre et des représailles Autrichiennes, refusent d'armer la population. Augereau parvient à rassembler 14.000 hommes contre les 60.000 Autrichiens du Prince Philippe de Hesse-Hombourg et il livre plusieurs combats de retardement, mais, à court de ressources, il cède à la demande des édiles qui craignent la destruction de Lyon et évacue la cité dans la nuit du 21 au 22 Mars (1814) pour se replier sur Valence. Cette retraite lui vaudra d'être qualifié par Napoléon à Sainte Hélène de "défectionnaire de Lyon". Le 16 Avril (1814), il lance une proclamation où il enjoint à ses soldats d’adopter la cocarde blanche des Bourbons et dénonce Napoléon comme un tyran.

Louis XVIII le fait pair de France et chevalier de Saint Louis. Au retour de Napoléon, Augereau publie, le 22 Mars, un ordre du jour pompeux en faveur de l'Empereur, mais celui ci biffe son nom de la liste des Maréchaux, le qualifiant de "traître à la France" et le laissant sans emploi. Le Duc de Castiglione, n'ayant pas été employé pendant les Cent Jours, reprend ses fonctions à la Chambre des pairs au retour du Roi. Il se retire dans sa propriété de La Houssaye en Brie. Il épouse en premières noces, Joséphine Marie Marguerite Gabrielle Grach (1766)-(1806) à Naples en (1788), sans descendance. Le 23 Février (1809), il épouse en secondes noces Adélaïde Josèphe Bourlon de Chavanges (1789)-(1869) à La Houssaye en Brie, sans descendance. Sa seconde femme est nommée dame du palais de l'Impératrice, par décret du 10 Avril (1812). Il y meurt peu après, sans descendance, d’une hydropisie. Son corps est inhumé au Cimetière du Père Lachaise à Paris.


- Distinctions
* Grand officier de la Légion d'honneur.
* Grand-croix de l’Ordre de Charles III d'Espagne.
* Duc de Castiglione.
* Chevalier de Saint-Louis.
- Honneurs et Postérité
* Son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l’Étoile, pilier Sud, colonne 23.
* Son nom a été donné à la rue Augereau, dans le 7e arrondissement
  de Paris, à Lille ainsi qu'à Tours (37), en France.
* Son nom a été donné à un sentier de randonnée près d'Iéna Allemagne.
* Son nom a été donné à l'un des deux quartiers qui composent l'enceinte militaire
  de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale à Melun.
- Faits d'Armes
* Bataille de Castiglione.
* Bataille de Montenotte.
* Bataille de Millesimo.
* Bataille du pont de Lodi.
* Bataille d'Eylau.
* Bataille de Leipzig.
* Bataille de Saint-Georges.

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