- Prédicateur.

(Né à Hyères le 27 Juin (1663). Meurt à Beauregard l'Evêque le 28 Septembre (†1742).

Jean Baptiste Massillon Oratorien, son père, un notaire du pays, lui fit faire ses études classiques chez les Pères de l'Oratoire établis à Hyères, et sa philosophie à Marseille, dans le couvent du même ordre. On raconte que dès son enfance Massillon manifestait une aptitude particulière pour la prédication et qu'il avait l'habitude de répéter en les amplifiant, devant ses condisciples émerveillés, les sermons qu'il avait entendus. Dès l'âge de 18 ans, il prit à Aix l'habit d'oratorien et fut envoyé à Arles pour y étudier la théologie. Il se distingua par son goût des belles lettres, ce qui lui valut d'être envoyé à Pézenas, puis à Montbrison, pour y professer les humanités et la rhétorique. Il fut enfin appelé pour la 1ère fois à monter dans la chaire chrétienne, le futur prédicateur de la cour débutait par un échec à Lésignan ! Il se demanda s'il était réellement appelé à la prédication.

Il persévéra néanmoins, mais s'il faut en croire une tradition qui n'est pas absolument certaine, il aurait eu bientôt lieu de s'en repentir. Certaines fautes commises à cette époque auraient décidé ses supérieurs à l'exiler au séminaire de Vienne, en couvrant cette disgrâce du titre de professeur de théologie, on prétend même qu'il fut à cette époque chassé de la congrégation, et qu'il n'y rentra que par la protection du supérieur du séminaire de Vienne, qui avait su apprécier toute la valeur du jeune professeur. Ce prêtre intelligent ne limita pas l'action de Massillon aux leçons ingrates de la théologie, il lui procura une occasion décisive de se faire connaître, en le faisant désigner pour prononcer l'oraison funèbre de Henri de Villars, archevêque de Vienne , et plus tard celle de l'archevêque de Lyon (1693). Massillon avait reçu l'année précédente (1692) l'ordre de la prêtrise.

Le succès qu'il obtint dans ces 2 circonstances solennelles décida ses supérieurs à l'appeler à Paris. S'exagérant les séductions et les dangers de la capitale, plein d'ailleurs de l'ardente foi d'un nouveau prêtre, Massillon, effrayé, courut s'enfermer dans l'abbaye de Sept Fonts, dont la règle avait une réputation méritée d'austérité. Son séjour n'y fut pas long, l'Abbé de Sept Fonts, un brave homme peu lettré, ayant reçu, un mandement du cardinal de Noailles, et ne se sentant pas de force à remercier dignement un si illustre prélat, emprunta la plume du Père Massillon. La lettre était parfaite. Le cardinal, qui connaissait son abbé, flaira une collaboration et voulut savoir le nom du véritable auteur de la lettre. L'ayant appris, il sollicita et obtint pour Massillon la permission de quitter le couvent, de reprendre 1’habit d'oratorien, et le fit admettre dans le séminaire de Saint Magloire, dont il devint bientôt directeur. D'autres attribuent au Père Latour l'honneur d'avoir appelé à Paris le Père Massillon. Quoi qu'il en soit, il fut dès lors décidé que le jeune Oratorien se livrerait tout entier à la prédication.

Professeur, prédicateur célèbre, il fut évêque de Clermont et prononça des sermons qu’il réunit sous le titre de Petit Carême, des panégyriques et des oraisons funèbres, dont la plus connue est celle de Louis XIV. Il remplaça, le 29 Décembre (1718), à l’Académie l’abbé de Louvois et fut reçu le 23 Février (1719) par l’abbé de Fleury. Massillon ne parut à l’Académie que le jour de sa réception, considérant que son devoir d’évêque était de rester dans son diocèse, où sa charité et ses vertus l’avaient rendu très populaire. Il s’y retira dès (1721) et ne revint à Paris qu’une seule fois pour prononcer à la basilique de Saint Denis l’oraison funèbre de la Mère du Régent. Il accepta, à son grand regret, d’être l’un des 2 évêques assistants pour le sacre du cardinal Dubois, celui-ci avait choisi Massillon à cause de sa grande renommée de vertu.

Massillon prêcha à l'Oratoire de Paris, c'est après, l'avoir entendu là que Bourdaloue n'hésita pas déclarer qu'il avait trouvé son maître et se résigna à voir désormais ses sermons désertés. Il prêcha devant le Dauphin les 10 sermons dont le recueil est si connu sous le nom de "Petit Carême", et qui passe à juste titre pour un des plus beaux monuments de notre langue. Il sera célèbre pour ses Sermons, Avent de (1699), Petit Carême de (1718) et ses Oraisons funèbres. Il sera chargé de celles du prince de Conti, en (1709), du Grand Dauphin, en (1711), et celles de Louis XIV, en (1715). Massillon est incontestablement notre plus grand orateur sacré. Moins savant que Bourdaloue, moins élevé que Bossuet, si son éloquence a peu de ces traits sublimes qu'on admire chez l'évêque de Meaux, elle a en revanche une ampleur, une grâce, une élégance, une limpidité qui n'ont jamais été surpassées, peut être jamais égalées. Ses discours ne furent publiés qu’après sa mort. Son Éloge a été fait par d’Alembert. Il meurt le 28 Septembre (†1742) à Beauregard l'Evêque, dans le Puy de Dôme.

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