- Roi de France "le Long"
(Né en (1293). Meurt à Longchamp dans la nuit du 2 au 3 janvier (†1322).
2ème fils
de Philippe IV le Bel et de Jeanne de Navarre, à la mort de son
frère Louis X. Il se trouvait à Lyon, où il
ménageait l'élection du pape Jean XXII, lorsqu'il
reçut la nouvelle de la mort du Roi Louis X, son frère,
et se hâta de revenir à Paris. Il est nommé
régent de France, en effet la femme de Louis, Clémence de
Hongrie est enceinte de 5 mois, l'enfant étant un fils, il
continue d'être le régent jusqu'à la
majorité du nouveau Roi, Jean Ier dit le Posthume, son neveu qui
meurt subitement. Surnommé le Long à cause de la grandeur
de sa taille. Ce prince est le 1er des Rois de la 3ème
dynastie qui ait reçu la couronne en ligne collatérale,
jusque-là elle avait été transmise en ligne
directe de père en fils, dans la personne de 13 Rois. Il est
aussi Roi de Navarre sous le nom de Philippe II.
En
(1307), il épouse Jeanne de Bourgogne (1291)-(1330). Qui fut
arrêtée, avec les autres brus du Roi en (1314) et
reléguée à Dourdan, mais, déclarée
pure et non coupable, elle fut réconciliée avec son mari,
puis devient comtesse de Bourgogne (1315)-(1330) sous le nom de Jeanne
II, après la mort du Roi, elle fut comtesse d'Artois de (1329)
à (1330), sous le nom de Jeanne 1ère. Jeanne de Bourgogne
est la fille d'Othon IV, comte de Bourgogne, et de Mathilde d'Artois,
dite Mahaut d'Artois, comtesse d'Artois. Par ce mariage, Philippe de
France est lui-même comte palatin de Bourgogne de (1315) à
(1322). De cette union sont issus 6 enfants.
* Jeanne de France (1308)-(1347) comtesse de Bourgogne, Jeanne III, et
comtesse d'Artois Jeanne II, mariée en 1318 avec Eudes IV .
(1295)-(1349), duc de Bourgogne.
* Marguerite de France (1310)-9 mai (1382), comtesse de Bourgogne et
comtesse d'Artois (1361)-(1382), mariée en (1320) avec Louis Ier
de Flandre (1304)-(1346), dit Louis de Dampierre ou Louis de Flandre,
comte de Nevers, puis comte de Flandre et de Rethel.
* Isabelle de France (1312)-(1348), en (1323) épouse en 1er le dauphin de
Viennois Guigues VIII du Viennois, dont postérité
éteinte. Remariée vers (1335) au seigneur de Faucogney
Jean III, sans postérité connue.
* Blanche de France (1313)-(1358), sans alliance ni postérité.
* Louis Philippe de France (1316)-(1317).
* Un autre enfant mort en bas âge, sans doute vers (†1317).
Philippe
se proclama Roi et, le 9 Janvier (1317), il était sacré
à Reims. Mais d'assez nombreuses protestations
s'élevèrent. Charles, comte de la Marche, frère du
Roi, quitta Reims le matin même de la cérémonie, le
duc et la duchesse de Bourgogne, les comtes de Valois, Alençon;
Evreux, Bourbon, Anjou, Dreux, Bretagne, déclarèrent que
les droits de Jeanne, fille de Louis X, devaient être
examinés avant que l'on procédât au sacre. La
cérémonie eut cependant lieu, mais on ferma les portes de
le ville pour se mettre à l'abri d'un coup de main. Dès
son retour à Paris, Philippe réunit, sous la
présidence du cardinal Pierre d'Arrablai, ce furent les
États généraux du 2 Février (1317), qui
approuvèrent le couronnement de Philippe, jurèrent de lui
obéir, et après lui, à son fils Louis, et
déclarèrent que "les femmes ne succèdent pas à
la couronne du royaume de France". C'est ce que l'on a appelé depuis
la "loi Salique". L'Université de Paris
approuva, mais ne prêta pas le serment.
Philippe
dut s'occuper de la question d'Artois. Robert, neveu de la comtesse
d'Artois, prétendait avoir été frustré du
comté, prenait la ville d'Arras, le château de Saint Omer
et refusait de comparaître devant le Parlement ou il était
cité. Philippe prit l'oriflamme et s'avança
jusqu'à Amiens. Un arrangement intervint alors, et Robert vint
se mettre dans les prisons du Roi; il en sortit bientôt et
renonça à ses droits sur le comté.
La
même année (1320), une révolte des "Pastoureaux" se
produisit. Sous la conduite d'un prêtre interdit et d'un moine
défroqué, une foule de paysans déclarèrent
partir pour la croisade, croisade des enfants, les Croisades de (1217)
à (1270). Ils arrivèrent à Paris,
s'emparèrent du Châtelet, délivrèrent
quelques prisonniers, précipitèrent le
prévôt du haut des degrés, puis, après
s'être rangés en bataille dans le Pré aux Clercs
sans que l'on osât les attaquer, ils se dirigèrent vers le
Midi, pillant le pays, massacrant les Juifs. Ils furent
arrêtés et taillés en pièces par le bailli
de Carcassonne. Du reste, le gouvernement de Philippe le Long se
chargea de persécuter lui-même leurs ennemis. Les Juifs,
expulsés par Philippe le Bel, étaient rentrés en
France, ils furent accusés de s'être entendus avec les
lépreux pour empoisonner les puits et les sources. Le Roi
ordonna de les poursuivre sévèrement, et d'atroces
exécutions eurent lieu dans toute la France, en Aquitaine,
à Tours, à Chinon. Ceux contre lesquels on ne put rien
trouver furent bannis, et leurs richesses confisquées. Le Roi
ordonna de les poursuivre sévèrement, et d'atroces exécutions
eurent lieu dans toute la France, en Aquitaine, à Tours, à Chinon.
Ceux contre lesquels on ne put rien trouver furent bannis,
et leurs richesses confisquées. Le Roi tira 150.000 livres, de ceux de Paris seulement.
Bon
stratège, Philippe le Long, grâce à son esprit de
décision, lui permet de résoudre les problèmes
flamands par la diplomatie, paix du 2 Juin (1320). En politique
intérieure, l'énumération complète des
ordonnances de Philippe V nous entraînerait trop loin. Tout au
plus, pour donner une idée de l'oeuvre législative de ce
règne de moins de 6 ans, peut on indiquer quelques uns des
sujets traités, l'organisation de l'Hôtel du Roi (1316),
(1317), (1318), (1322), du Conseil (1316), (1318), du Parlement (1316), (1318),
(1319), les prélats ne doivent plus assister à ses
séances, car le roi "se fait conscience de eus empeschier
au gouvernement de leurs expérituautés (1320)",
les forêts (1316), (1317), l'amortissement (1320), l'administration
financière (1318), (1320), la comptabilité et le
Trésor (1317), (1318), (1320), la Chambre des Comptes (1318), (1320), et
fait établir l'unité de poids, de mesures et de monnaies
dans tout son royaume. Il confirme les chartes provinciales et
centralise les différentes institutions pour les rendre plus
efficaces.
Attaqué
dès le commencement d'Août (1321) d'une dysenterie et
d'une fièvre quarte, il languit 5 mois, un mieux se manifesta
après une procession des moines de Saint Denis qui lui
apportèrent des reliques, mais une rechute lui fit dire, "Je
sais que j'ai été guéri par les mérites et
les prières de saint Denis, mais que ma rechute est venue de mon
mauvais gouvernement". Les contemporains rapportent qu'il
était religieux, de moeurs douces, porté à la
modération. On lui attribue même cette belle parole,
"II est beau de pouvoir se venger et de ne pas le faire".
Le Roi Philippe V le Long meurt à †28 ans Il est inhumé
dans la basilique Saint Denis. Sa sépulture, comme celles de
tous les autres princes et dignitaires reposant en ce lieu, est
profanée par les révolutionnaires en (1793). C'est donc
son frère Charles IV le Bel qui lui succède en tant que
Roi de France et de Navarre.
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