- Le Fondateur de Citeaux

(Né en (1028), mort le 17 Avril (†1111).

St Robert de Molesmes naquit à proximité de Troyes, en Champagne vers l'an (1028). Il se fit Bénédictin à l'Abbaye de Moutier la Celle à l'âge de 15 ans. Cette Abbaye avait été fondée par Luxeuil vers l'an (660). Nommé Prieur quelque 10 ans plus tard, il fut élu ensuite Abbé du monastère Clunisien de St Michel à Tonnerre vers (1070). Les moines avaient le désir de se réformer, mais ils y renoncèrent, et Robert retourna à Moutier la Celle.

Il eut des contacts avec un groupe d’ermites vivant dans la forêt de Colan, et ceux ci souhaitaient voir Robert à leur tête. Alors que Robert venait d’être nommé supérieur de Saint Ayoul de Provins, les ermites en appelèrent au Pape Grégoire VII, qui enjoignit en (1074) à Robert d’aller à Colan. En (1075), il déplaça sa petite communauté à Molesmes sur des terres offertes par le seigneur de Maligny, avec un groupe d'ermites vivant dans une forêt près de Châtillon sur Seine, entre Chaumont et Auxerre.

La fondation de Robert eut un tel succès, après quelques années difficiles, que Molesmes devint bientôt un "petit Cluny". En (1098) il y avait 35 prieurés dépendants de Molesmes, ainsi que d’autres annexes et quelques prieurés de Moniales. C’est à cause de cette réputation que vers (1082) Bruno de Cologne vint demander conseil à Robert et qu’il reçut de lui l’habit monastique, avant d’aller fonder la Grande Chartreuse. Cette réussite obligea Robert à jouer un rôle dans le monde de la féodalité. Les bienfaiteurs donnaient leurs enfants à éduquer, venaient faire des réunions de nobles au monastère, et la quantité de terres reçues demandait un grand nombre d’employés.

Les débuts de Cîteaux

Mais le succès et la prospérité de l'établissement l'éloignent de l'idéal monastique, Robert décide en (1090) avec 21 moines bénédictins de Molesmes de quitter cette opulente abbaye et de vivre en ermite pour pratiquer la règle bénédictine dans sa teneur littérale. Il tente sans succès de rétablir 3 années plus tard la règle bénédictine à Molesmes avant de se faire concéder des terres marécageuses et boisées en un lieu nommé "Cistels", nom qui deviendra par déformation Cîteaux, à 22km au sud de Dijon. La complexité de cette vie conduisit Robert à prendre un temps sabbatique. C’est ainsi que nous le retrouvons à Aulps, au diocèse de Genève.

Pendant ce temps sabbatique, les moines se lamentaient de l’absence de leur supérieur. Ils allèrent jusqu’à demander au Pape Urbain II d’intervenir, arguant de la ruine à la fois morale et financière de leur communauté. Bien que la paix soit revenue à Molesmes avec le retour de Robert, il y avait toujours dans la communauté un groupe de religieux aspirant à un style de vie plus simple. On peut penser qu’il s’agit plutôt d’une divergence d’idéals et non pas de moines exigeants et de moines laxistes. Mais le résultat pour la communauté était source de disharmonie, querelles et discorde.

Ne trouvant pas de modérateur auprès de l’Evêque local, les "réformateurs" allèrent trouver Hugues de Die, réformiste, archevêque de Lyon et légat du Pape Urbain II. Hugues proposa de diviser la communauté entre Molesmes d’une part, et le "Nouveau Monastère" d’autre part. Robert fut installé comme Abbé de Cîteaux par l’Evêque Gauthier de Chalon, et les moines changèrent leur stabilité. La situation des moines de Molesmes allant se dégradant, ils cherchèrent encore une fois à faire revenir Robert. Ce dernier ne resta donc supérieur du "Nouveau Monastère" que pendant un peu plus d’un an. L’abbaye de Molesmes continua à croître sous son gouvernement, jusqu’à sa mort, survenue le 17 Avril (†1111), à l’âge de 83 ans.

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