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- La vie de St Omer

(naquit, vers la fin du (VIème siècle), à Guldindal, meurt en (†667) selon certains, en (†670) selon d'autres, dans un lieu nommé Wavrans)

Saint Omer naquit, vers la fin du (VIème siècle), à Guldindal, ou Goldenthal, le Val d'Or, près de Constance, de parents illustres par leur piété et leur naissance. Son père s'appelait Friulphe et sa mère Domitta. Ils eurent grand soin de former dans les lettres et la vertu ce cher fils, qui était l'unique fruit de leur mariage. Après la mort de Domitta, la grâce croissant en lui avec l'âge, il résolut de renoncer au monde et de se faire religieux, il détermina son père à l'y suivre. Ils vendirent donc leurs biens pour en distribuer l'argent aux nécessiteux, et ainsi, pauvres des biens de la terre, mais riches des biens du ciel, morts au monde et ne vivant qu'en Jésus Christ, fidèle à la grâce et ennemis du démon, il se rendirent au monastère de Luxeuil, dans la Franche Comté, où, en (612) ou (615), ils furent cordialement accueillis par l'abbé, St Eustaise, qui, après les avoir soumis à de rudes épreuves pour les débarrasser de tous lien terrestre et surtout de leur mutuel attachement, les admit ensemble à la profession. Friulphe y persévéra jusqu'à la fin et mourut Saintement.

Il se rendit bientôt le modèle des autres frères. Il était chaste de corps et d'esprit, le 1er à l'obéissance et à la pratique de l'humilité, le plus éclairé dans la science de Jésus crucifié, le plus aimable par sa charité et par sa douceur, et le plus exact dans l'austérité des jeûnes et des veilles. Cette ferveur ne se ralentit point dans la suite des années, comme il n'arrive que trop souvent aux jeunes gens qui commence à servir Dieu avec beaucoup d'ardeur, et se relâchent après par leur négligence, elle augmenta tellement, que sa réputation se répandit par toute la France. Le Roi Dagobert, étant informé de la haute vertu de notre Saint, le fit élire évêque de Thérouanne, par les suffrages libres du clergé et du peuple, St Achaire, évêque de Noyon, y contribua beaucoup.

Il trouva dans son diocèse une occupation digne de son zèle. Les Morins, c'est ainsi que l'on appelle les peuples du diocèse de Thérouanne, étaient retombés dans l'idolâtrie, d'où ils avaient été tirés par les prédications de St Victoric et de St Fuscien, illustres martyrs de Notre Seigneur Jésus Christ, à Amiens, où ils furent mis à mort par la cruauté du préfet Rictiovare. Il travailla avec tant d'application à ramener ses ouailles à la religion chrétienne, qu'après les avoir éclairés des lumières de l'Evangile, il fit brûler leurs idoles et bannit entièrement de son diocèse le culte des faux dieux. Il fut assisté, dans cette sainte expédition, par St Bertin, St Mommolin et St Bertrand, qui, tous 3, secondèrent merveilleusement son zèle comme ses fidèles disciples.

On rapporte de St Omer un événement surprenant qui arriva lorsqu'il était à Boulogne, petite ville de son diocèse, et, comme il peut servir d'un grand exemple pour montrer l'obéissance que l'on doit à ses supérieurs, nous avons cru devoir le mettre ici. Un clerc lui demanda la permission d'aller se divertir sur le bord de la mer. Le Saint, à qui Dieu avait révélé le malheur qu'il lui arriverait s'il y allait, lui défendit de le faire. Le clerc passa outre, et, ayant trouvé un petit bateau qui servait à passer la rivière à l'endroit où elle se jette dans la mer, il se mit dedans pour se promener le long du rivage. Mais un furieuse tempête s'éleva soudainement et il se vit bientôt en danger de faire naufrage. Le péril le fit rentrer en lui-même, il eut regret de sa faute, et, se voyant à la merci des flots et des vents, il implora l'assistance du St évêque. Après sa prière, il aborda à terre, mais il fut bien surpris de se voir sur la côte d'Angleterre. La crainte de tomber entre les mains des pirates, dans ce pays éloigné, lui fit redoubler ses prières, il conjura à nouveau le ciel de ne point l'abandonner. Il remonte dans son bateau et, après une navigation heureuse, le ciel le comble et il revient à l'endroit même d'où il était parti.

Notre clerc courut alors vers St Omer, se prosterna devant lui pour lui demander pardon de sa désobéissance, lui raconta tout ce qui s'était passé et le remercia des grâces qu'il avait reçues par son intercession. St Omer le reprit sévèrement de sa faute, et, lui ayant fait faire réflexion sur la punition que Dieu tire de ceux qui méprisent les ordres de leurs supérieurs, il lui fit défense de dire à qui que ce fût la merveille qui était arrivé, ce que le jeune clerc exécuta fidèlement, puisqu'il ne raconta le fait qu'après la mort de saint Omer.

Mais, quoiqu'il fît son possible pour demeurer caché aux yeux des hommes, le ciel découvrit, par le prodige suivant, combien notre Saint était agréable à Dieu. Faisant la visite de son diocèse, il se reposa sous un arbre près d'un village appelé Jernac, ou Journy, pour se délasser un peu de la fatigue du chemin. A son réveil, il fit planter, au même endroit où il s'était assis, une croix de bois sur laquelle, la nuit suivante, on vit paraître une admirable clarté. Depuis, les fidèles honorèrent singulièrement ce même lieu, comme ayant été consacré par la présence d'un si Saint homme. Tous les malades qui le visitent par dévotion y reçoivent la guérison de leurs maux.

Entre les conversions qu'il fit, on remarque particulièrement celle d'Adroald. C'était un seigneur des plus considérables du pays par sa naissance et par ses richesses, mais il faisait cruellement une guerre aux Chrétiens. St Omer entreprit cette conversion qui eut un plein succès. Dès lors, Adroald pratiqua généreusement les conseils évangéliques, car, n'ayant point d'enfant, il donna tous ses biens à l'Eglise, et particulièrement sur la terre de Sithiü, où notre Saint fit bâtir un monastère en l'honneur de la Ste Vierge. Un historien de la vie de notre Saint s'exclame d'ailleurs. Que vous êtes louable et heureux, Adroald, de vous être ainsi dépouillé des biens de la terre pour en revêtir Notre Seigneur Jésus Christ, Vous avez renoncé à un héritage temporel pour vous rendre l'héritier du ciel, vous n'aviez point de postérité, et, par votre libéralité, vous en avez acquis une si nombreuse, qu'elle se substituera jusqu'à la fin des siècles.

Après avoir gouverné avec une vigilance vraiment pastorale l'église de Thérouanne près de 30 années, la Providence divine priva notre Saint de la vue du corps afin qu'étant éclairé spirituellement des lumières de la foi, il s'approchât davantage du ciel, où il devait bientôt recevoir la récompense de tous ses travaux. Cette cécité néanmoins ne l'ayant pas empêcher d'assister, avec plusieurs autres évêques, à la translation du corps de St Vaast qui se fit environ l'an (667), il y recouvra la vue par l'attouchement des reliques et l'intercession du grand Saint. Mais St Omer, qui avait déjà goûté à l'avantage qu'il y a d'avoir les yeux fermés à toutes les choses du monde, supplia le saint, par son intercession, de lui renvoyer son infirmité.

En (†667) selon certains, en (†670) selon d'autres, St Omer étant en tournée, fut pris de fièvre dans un lieu nommé Wavrans, ou Wauvrans, à quelque distance de St-Omer et à 3 milles de St Bertin, il comprit alors que sa dernière heure était proche. Il se fit porter à l'église, où, fondant en larmes, il offrit à Dieu l'encens de ses prières, et reçut, avec les sentiments de la plus touchantes piété, le corps et le sang de Notre Seigneur Jésus Christ. Après la communion, il se mit au lit, où, parmi le chant d'une mélodie céleste, son âme quitta sa demeure pour aller se présenter devant la majesté de Dieu. Il s'exhala en ce moment de son corps une si suave odeur qu'elle surpassait celle des plus excellents parfums.

- Culte et reliques

Dans les sceaux de la ville de St Omer, il tient souvent un écusson chargé de la croix à 2 branches qui est le blason de la cité. Comme on le voit, cet attribut indique le patronage du Saint, et non une circonstance de sa vie. On le représente faisant sourdre une fontaine pour baptiser un enfant maladif et aveugle qu'on lui présenta lorsqu'il oeuvrait à la nouvelle conversion de ses ouailles et qui recouvra la vue et la santé en recevant le sacrement. On le voit aussi tantôt ayant dans les mains une petite église et à ses pieds un petit enfant qui semble sortir de terre, tantôt tenant sa crosse épiscopale et 2 grappes de raisin et avec une châsse à ses pieds.

Saint Bertin, averti du décès de St Omer par révélation, s'empressa de se rendre à Wavrans, à la tête de tous ses religieux. Notre Saint lui avait spécialement recommandé de l'ensevelir dans l'église de la Ste Vierge qu'il avait construite dans ce but entre autres. L'église où il fut enterré devint plus tard la cathédrale de St Omer. Son corps y fut conservé, moins quelques parties concédées à diverses églises et monastères. Au (XVIIème siècle), on voyait encore au monastère St Bertin le pluvial de St Omer, espèce de manteau ainsi appelé à cause du capuchon qui servait à se protéger de la pluie.

Hugues, abbé de St Quentin, ayant essayé d'enlever le corps de St Omer pour en enrichir son monastère, ne put dépasser le village de Lisbourg car tout à coup, la bière devint si lourde qu'il ne fut plus possible de la déplacer. Hugues fit alors rappeler l'évêque de Thérouanne, Folquin, afin qu'il rapporte les précieuses reliques. Ce dernier le fit enterrer dans un lieu secret et institua une fête au cour du mois de Juin pour commémorer cet événement. La bière fut retrouvée en (955), et l'authenticité de ces reliques fut plusieurs fois reconnue dans l'église Notre Dame.

En (1269), le chef de St Omer fut mis à part. Avant la malheureuse révolution qui eut lieu en France, il était encore conservé dans un buste-reliquaire de vermeil offert par Mahaut, comtesse de Flandre. Un pieux orfèvre racheta ce reliquaire pendant la révolution et le remit, avec ses précieuses reliques à des personnes de confiance. L'authenticité fut reconnue en (1803), et l'on transféra le chef de St Omer dans un nouveau buste reliquaire représentant l'évêque. Une partie de son chef fut transférer dans la cathédrale d'Arras par Mgr de La Tour d'Auvergne qui céda en contrepartie à Thérouanne des reliques de St Vaast.

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