- Duc de Bourgogne

(né 10 Novembre (1433), mort le 5 Janvier (†1477).

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, fils de Philippe III le Bon, et d'Isabelle de Portugal, 4ème duc de Bourgogne, appartenant à la dynastie des Valois. Son éducation est marquée par cette dernière, qui exerce sur lui une influence profonde au point que, devenu adulte, il utilise fréquemment l'expression "nous autres Portugais". Il reçoit dans sa jeunesse la formation classique d'un grand prince Médiéval, aux côtés d'un clerc bourguignon, Antoine Hanneron, qui se charge de sa formation politique et intellectuelle, et d'un noble picard qui en fait un véritable chevalier rompu à l'équitation et aux exercices physiques. Dès l'âge de 12 ans, il est marié à Catherine, fille de Charles VII, Roi de France.

Comte de Charolais, héritier du riche duché de Bourgogne qui s'étend, de la Flandre littorale au Mâconnais, il entre en conflit avec son père Philippe, auquel il ne pardonne pas la cession humiliante des villes de la Somme au Roi Louis XI, sous l'influence de la famille des Croy, courtisans au palais de Dijon. En (1465), Charles obtient de son père qu'il chasse les Croy, et détient dès lors la réalité du pouvoir bourguignon. Lorsque Philippe III le Bon meurt, le 15 Juin (†1467), Charles devient officiellement duc de Bourgogne. Il poursuit la politique de son père le bon voisinage avec la France, dont il est un des grands vassaux pour une partie de ses possessions, et il achève la conquête des Pays Bas en s'emparant de la Gueldre.

Confronté en (1468) à une révolte de la ville de Liège secrètement financée par le Roi de France Louis XI, qui est son hôte, entrevue de Péronne, il rompt avec la France. Charles se distingue par le caractère sanguinaire de sa répression envers les insurgés, à laquelle, pour l'humilier, il force Louis XI à assister. Cette répression lui aliène durablement le soutien des riches villes tisserandes du Nord de son duché, dont l'imposition constitue pourtant sa principale ressource financière.

Charles est pris en tenaille entre Louis XI, pour lequel l'échec de l'entrevue de Péronne symbolise la volonté bourguignonne d'abattre la France, et les princes allemands, dont l'empereur, qui voient dans les visées de leur ambitieux voisin un risque d'expansion française outre Rhin, le duc demeurant un vassal nominal de la couronne de France. Cette crainte ce justifie, Charles en (1469), achète les villes de la haute Alsace, puis impose son protectorat au duché de Lorraine, pour l'unification totale de ses terres. Il prend alors le titre de grand duc d'Occident, et pense proche l'heure de son accession à la dignité royale.

En (1473), Charles, que les cours européennes surnomment désormais "le Téméraire" en raison du caractère démesuré de ses ambitions, tente d'obtenir de l'empereur Frédéric III la constitution de la Bourgogne impériale en royaume, en échange du mariage de sa fille Marie avec le fils de Frédéric. Ce qui inquiète l'empereur, il se tourne alors vers Louis XI pour faire obstacle au dessein du Bourguignon. Le Roi de France, trop habile pour se lancer dans une guerre directe contre la Bourgogne, finance alors, en (1474), une révolte des cités alsaciennes appuyée par les cantons suisses dotés d'une armée redoutable. C'est le signal de la fin pour Charles, qui, rendu furieux et amer, décide de lancer d'abord sa puissante armée vers Cologne, mais il échoue devant Neuss. De plus en plus harcelé par la coalition montée contre lui par le Roi de France, et alors que la Bourgogne, la Picardie et la Lorraine sont ravagées, il passe en Suisse.

Après un revers initial à Berne, où Charles a fait pendre plusieurs dizaines de soldats capturés, les Suisses, galvanisés, lui infligent 2 défaites majeures, à Grandson, en Mars (1476), puis à Morat, en Juillet (1476). C'est la débâcle pour Charles, il se dirige vers la Lorraine avec les restes de son armée pour attaquer Nancy, qui vient de signer un traité d'alliance avec la France. Le grand-duc d'Occident meurt en (†1477) devant Nancy au cours d'une escarmouche, et peu après, ses Etats sont démembrés, Louis XI reçoit le duché de Bourgogne, la Picardie et Boulogne.

Marie de Bourgogne, la fille qu'il a eue de sa 2ème femme Isabelle de Bourbon, par esprit de vengeance contre la France, épouse Maximilien d'Autriche et lui apporte ainsi une part importante de l'héritage bourguignon, dont la Flandre, l'Artois et la Franche Comté, qui reviendront au (XVIème siècle) à la dynastie des Habsbourgs, principale ennemie de la France durant les (II siècles) suivants.

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