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(Aniane, Chef lieu de Canton de l'Héraul.)

- Ses Origines

Aniane, en Occitan "Nhana" est une commune Française, située dans la région Languedoc Roussillon, dans le Département de l'Hérault. Ses habitants sont appelés les "Anianais". Quand en (777), St Benoît a choisi les bords sauvages d'un ruisseau pour implanter son monastère, il appela ce ruisseau Aniane ou petit Anio, en souvenir de la rivière italienne Anio sur les bords de laquelle St Benoît de Nursie, fondateur de l'ordre des Bénédictins, avait édifié son Monastère. Telle est l'origine du nom Aniane.

BenoîtWitiza en (751), fils d'Aigulphe, Comte de Maguelone et 10 compagnons de Pépin le Bref. Comme d’usage à l’époque Witiza d'origine Wisigothe, éduqué à la cour des Rois Francs, à Aix la Chapelle, où l'on voyait les fils des Seigneurs Goths se joindre aux enfants des plus illustres familles Franques et Gallo Romaines. Witiza y devint ami d’un autre Prince, Guilhem, fils d'Aude, fille de Charles Martel et donc tante de Charlemagne, qui lui donna son nom Occitan, Guillaume en langue d’oïl. Suite à un épisode curieux, Witiza abandonne les armes pour les ordres, entre en religion sous l nom de Benoît, et fonde non loin de Montpellier, Aniane une Abbaye soumise à la règle édictée au (IIIème siècle) par Benoît de Nursie. Quant à Guilhem, après bien des péripéties il revient au pays natal et fonde tout près d'Aniane l'abbaye de Gellone, devenue St Guilhem le Désert. Witiza embrasse les ordres et, dès avant (780), se retire en ermite près de l'endroit qui deviendra Aniane. Proche et conseiller de Charlemagne, puis de Louis le Pieux dont il fut le tuteur, il est appelé à la cour d'Aix la Chapelle, où il finit ses jours. Il est le grand réformateur de la règle Bénédictine, à l'origine du renouveau monastique et culturel de toute la Chrétienté Occidentale.

L'abbaye est fondée en (782) par le futur St Benoît d'Aniane. Il ne reste apparemment plus de trace ni de l'abbaye Carolingienne qui fut pourtant forcément Majeure, centre de diffusion de la réforme de Benoît de Nursie, largement dotée et favorisée par les Empereurs, mère de l'abbaye de Gellone, St Guilhem le Désert, qui deviendra rapidement dès le (XIème siècle) sa rivale. Le domaine de l'abbaye est vaste, il englobe dans son enceinte tout le bourg monastique. Rien n'apparaît non plus de l'Abbaye Médiévale qui fut très prospère et richement dotée avant son déclin extrême au (XIVème siècle) et sa décadence totale sous le régime de la Commende dès avant les guerres de religion.

Les bâtiments monastiques sont complètement ruinés entre (1561) et (1572). Les religieux adhèrent en (1633) à la réforme de la congrégation des Bénédictins de St Maur. Le 1er projet de reconstruction rejette un vaste cloître très à l'Est, ce qui s'explique peut être par la présence d'une zone de vestiges anciens laissée libre au Sud de l'église. Le projet de (1661) est celui qui correspond le plus exactement à la réalisation, l'Eglise au Nord présente une Nef rectangulaire avec chapelles latérales, sans Transept et au Choeur réduit, entourée des bâtiments conventuels. La reconstruction commence en (1679) par l'Eglise, et va durer jusqu'en (1714), puis le grand bâtiment Ouest et le Cloître sont rebâtis. Les travaux se poursuivent jusqu'à la Révolution. Des parties importantes, notamment le logis Abbatial décoré dans un style Louis XVI archaïsant, sont préservées. L'Eglise devient paroissiale tandis que les anciens bâtiments conventuels sont transformés, en (1810), en filature de coton, puis, en (1845) l'administration pénitentiaire regroupe les propriétés morcelées de l'ancienne enclos Abbatial pour créer une maison centrale de détention. 2 ailes parallèles encadrant une longue cour sont ajoutées à l'Est. En (1951), de nouvelles extensions sont réalisées. Malgré ces vicissitudes l'abbaye d'Aniane reste, pour le Languedoc, un des rares exemples complets conservé d'architecture monastique de cette période.

Dans les années qui suivent la fondation de l'abbaye d'Aniane, l'abondance de postulants amène Benoît à aider à la fondation d'une série d'autres abbayes, St Guilhem le Désert entre autre, en Languedoc qui s'appelait alors la Septimanie. Lorsque Louis le Débonnaire succède à Charlemagne, il confie à Benoît la réforme de la vie monastique. Il est ainsi à l'origine de la généralisation de la règle Bénédictine dans tout l'Occident.

La présence de nobles Wisigoths en Languedoc et dans le Nord de l'Espagne, d'où ils menèrent la reconquête de l'Espagne envahie par les Sarrasins, serait à l'origine de l'expression de sang bleu pour parler de familles Nobles ou Royales, la pâleur de leur peau de Germains révélait le bleu des veines bien plus que ne le faisait la peau tannée des autochtones. L'histoire du bagne d'enfants d'Aniane est tristement célèbre pour ses révoltes durement réprimées, cet épisode douloureux fait d'Aniane un lieu de mémoire exemplaire qu'il importe de ne pas ignorer.

- Abbés


* 782-??? : Benoît d'Aniane, fondateur de l'abbaye.
* 870-913 : Rostang, archevêque d'Arles.
* 914-961 : Manassès, archevêque d'Arles.
* 1025-1031 : Pons.
* ?-? : Gaucelin de Raymond de Montpeyroux.
* ?-? : Pons de Canillac, oncle.
* ?-? : Guy de Canillac.
* ?- : Pons de Canillac, neveu.

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