retour

Glossaire - Biographies
Bâtiments - Chronologie - les Abbés
Extérieur - Intérieur

(Commune de la Manche,arrondissement d'Avranches.)

- Ethymologie

Il y a 2 rochers de granit, l'un de 1 kilomètre de circonférence et de 80 mètres de haut, l'autre, au nord, de moitié moins haut, d'où leur nom latin, dans l'ordre, tumba et tumbellana. Si le 2ème est le diminutif du 1er, c'est certainement à cause de leurs tailles respectives. Leur racine tu'm, éminence, butte, tertre, est à chercher dans le patrimoine linguistique Indo Européen, qui a donné le grec tumbos, le latin tumulus et le gaulois dunos. Cette racine est présente dans bien de nos Toponymes, Châteaudun, Issoudun, Dunkerque. Après les temps Mérovingiens, oublia t'on cette origine, on leur donna un statut de nom propre, qu'on accola à mons, la désignation latine d'une petite montagne, d'un mont. Il y eut le Mont Tombe le grand, et Tombelaine le petit, appellation Francique peut être dérivée de tumbellana.

- Début de la Chrétientée

Le récit, légendaire et miraculeux de la fondation Chrétienne de l'abbaye est issu d'un texte en latin de la "Revelatio ecclesiae sancti Michaelis in monte Tumba", rédigé par un Chanoine du Mont St Michel ou de la cathédrale d’Avranches au (IXème siècle). Ce texte de circonstance s'inscrit dans le contexte de lutte de pouvoir entre la Bretagne et le Comté de Normandie avec le royaume Franc ainsi que des réformes Canoniques entreprises par les Empereurs Carolingiens. Aux alentours du (IVème siècle), le Mont Tombe fait partie du diocèse d’Avranches, dont les limites correspondent avec l'ancien territoire des Abrincates. Au milieu du (VIème siècle), le Christianisme s’implante véritablement dans la baie. A cette époque, le Mont Tombe offre un abri à de pieux solitaires, ermites, probablement des moines celtes approvisionnés par le curé d’Astériac, qui veillent sur le site et mènent une vie contemplative autour d'oratoires. Les ermites St Pair et St Seubilion en fondent un dédié au 1er martyr chrétien, St Étienne, élevé à mi hauteur du rocher et un 2ème en l’honneur du 1er martyr d'Autun, St Symphorien, élevé au pied du rocher.

E (710) le Mont perd son appellation de Mont Tombe pour celui de Mont St Michel au péril de la Mer, par l'évêque St Aubert, qui a la suite d'un songe, reçu 3 fois l'ordre de St Michel de faire ériger sur le Mont un Oratoire. L’archange aurait laissé la trace de son doigt sur le crâne d’Aubert. Ce crâne repose dans la basilique St Gervais d'Avranches et porte les traces d’un tel stigmate.

- Saint Aubert

Aubert construisit au début du (VIIIe siècle) l'oratoire sur le Mont Tombe. L’église Préromane y fût alors élevée avant l’an (1000). Il n'en reste rien aujourd'hui, mais il semble que ce fut un bâtiment de forme circulaire. Dès le début du (Xème siècle) cette chapelle se révèle trop petite et de nouvelles constructions sont décidées. Une église est édifiée au sommet du Mont, composée d’une nef rectangulaire prolongée à l’Est d’un choeur plus étroit, et dont l’entrée est au milieu du mur Sud. De cette église, rasée lors de la construction de l’église Romane, il ne reste que les fondations découvertes en (1908) et dont le tracé a été reporté sur le sol de l’église actuelle. En contrebas à l’Ouest, et dans l’exact alignement de l’église, une chapelle remplace l’Oratoire d’Aubert. C’est la chapelle N.D.Sous Terre, qui fut conservée pour servir de soubassement à la partie Occidentale de la nef de l’église Romane.

L'arrivée en (966), à la demande du Duc de Normandie, d'une communauté de Bénédictins sur le rocher, le développement des pèlerinages au début du (XIème siècle), et aussi grâce à l’apport financier des grands seigneurs de Normandie, de Bretagne, d’Italie et de Gd Bretagne, fait que le domaine du monastère s’étend. Lorsqu’ils ne prient pas, en dehors des cérémonies et des chants, les religieux du Mont copient, étudient et enluminent des manuscrits, tous les types d’ouvrages les intéressent, littérature, histoire, science, dont les fameux traités d’Aristote.

La construction d'une église Abbatiale Romane fût édifiée sur un ensemble de cryptes, au niveau de la pointe du rocher et les 1ers bâtiments Conventuels furent accolés à son mur Nord, en remplacement des édifices Carolingiens. Il faut remarquer que la nouvelle église est construite dans l’alignement parfait des constructions précédentes. La découverte des reliques de St Aubert encourage les dons. Richard II offre alors les îles Chausey à l’Abbaye, d’ou seront extrait le granit qui alimentera la construction. Le projet est grandiose, construire à 80 mètres au dessus de la mer une église en forme de croix de 80 mètres de long. Le sommet du rocher ne pouvant supporter que la croisée du transept et les 2 1ères travées de la nef, le reste de l'église repose sur des soubassements composés de 4 cryptes qui entourent totalement le sommet du Mont. L'ensemble constitue une plate forme à hauteur du sommet, sur laquelle va s'élever l'église Abbatiale. La construction débute en (1023) par le choeur, et se fait d’Est en Ouest. Le monastère et le village seront construits tout autour, accrochés au rocher, suspendus entre ciel et mer.

Les miracles et les reliques attirent les pèlerins, parmi lesquels on trouve des infirmes espérant une guérison. Les pouvoirs miraculeux du crâne et du bras de St Aubert s’étendent sur tous ceux qui assistent aux processions. Mais en guise de miracles, ce sont parfois des accidents qui se produisent au Mont, en (1318), 13 pèlerins meurent étouffés ou piétinés par la foule, 18 se noient, et 12 s’enfoncent dans les sables mouvants. A cette époque, le passage à pied s’effectue depuis la côte Sud, ou depuis l’Est, à 5 kms la marée, conjuguée au brouillard, peut devenir mortelle.

Le siège, l'abbaye n’échappe pas non plus aux turbulences des siècles qu’elle traverse. L’îlot Tombelaine, à proximité immédiate du Mont, est pris en (1423) par les Anglais, et le Couesnon devient une défense naturelle pour la garnison Anglaise. Le Mont est assiégé, en (1434), tandis qu’un incendie se déclare dans la ville, les Anglais tentent d’en profiter, sans succès. Durant la guerre de (100) ans, le Mont St Michel reste la seule place forte de Normandie à échapper aux Anglais. Au (XIVème siècle) et au (XVème siècle), la guerre de (100) ans rendit nécessaire la protection de l’abbaye par un ensemble de constructions militaires qui lui permit de résister à un siège de plus de 30 ans.

- L’arrivée des Mauristes.

Après une période de décadence, l’abbaye est réunie en (1622) à la congrégation de St Maur, un mouvement Bénédictin réformé. En (1629), ils s’installent dans la Merveille et abandonnent le reste de l’édifice aux Militaires. Les nouveaux Moines modifient profondément l’utilisation des bâtiments, en divisant le Réfectoire pour en faire un dortoir ou en utilisant les salles des soubassements comme cave. Après l’incendie de (1776) et l’effondrement d’une partie de la Nef, ils reconstruisent ce qui est la Façade actuelle. Ce grand foyer spirituel et intellectuel fut avec Rome et St Jacques de Compostelle l'un des plus importants pèlerinages de l'Occident Médiéval. Pendant près de (1000) ans des hommes, des femmes, des enfants sont venus, par des routes appelées "Chemin de Paradis", chercher auprès de l'Archange du jugement, peseur des âmes, l'assurance de l'éternité.

L'Abbaye devient une prison, les Bénédictins sont chassés du Mont libre pendant la Révolution Française. Les vitraux Romans sont retirés du mont. L’Abbaye désertée de (1792) à (1863), devient prison sous la Révolution et l'Empire. Un plancher est installé à mi hauteur de la nef pour entreposer la paille, certains murs sont percés pour faciliter la circulation et on installe une grue à treuil dans l’Ossuaire. Les prisonniers tressent des chapeaux de paille

- Les restaurations.

Mal entretenue, victime d’un énorme incendie en (1834), le Mont St Michel est dans un état de délabrement avancé quand un décret du 20 Avril (1874) affecte l’abbaye au service des Monuments Historiques. Commence alors (I siècle) de restaurations qui vont suivre l’évolution des mentalités. Les 2ers architectes en chef sont, Édouard Corroyer, et Victor Petitgrand, ce sont des élèves de Viollet le Duc, pour qui restaurer un édifice ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. C’est le cas de la flèche réalisée par Petitgrand de (1890) à (1897). A son arrivée sur le Mont, l’église était surmontée d’un étage couvert d’une toiture à 4 pans. On sait aussi qu’elle était surmontée d’une flèche Gothique à la fin du (XIVème siècle). Petitgrand conçoit donc cette flèche Néo Gothique élevée s’inspirant de celle de N.D.de Paris réalisée par Viollet le Duc. L’Archange de Frémiet la couronne en Août (1897). La période d'Yves Marie Froidevaux est un moment important de l’histoire des restaurations, principalement pour ses 2 chantiers principaux, la restauration de N.D. Sous Terre et l’établissement d’un jardin au coeur du cloître. Les travaux actuels conserve cette approche historique, en interprétant les documents anciens. Pierre André Labaude depuis (1983).

Le niveau inférieur, l'aumonerie, ainsi qu'une partie des murs de la salle des Hôtes sont probablement une reprise des bâtiments du monastère Roman du (XIIème siècle). Comme il devait être encadré par 2 autres édifices, la façade Occidentale était provisoire. C'est ce qui explique les grandes baies du cloître qui devaient s'ouvrir sur la salle du Chapitre. La célébration du millénaire monastique en (1966) a précédé l'installation d'une communauté religieuse dans l'ancien logis Abbatial perpétuant la vocation première de ce lieu, la Prière et l'Accueil. Les Frères et les Soeurs des Fraternités Monastiques de Jérusalem assurent cette présence spirituelle depuis (2001). Inscrit au "Patrimoine Mondial par l'Unesco" en (1984). Avec plus de 1 millions 335 visiteurs par an en (2010), l'abbaye fait partie des premiers sites culturels visités en France. an.

Haut de page