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Glossaire  - Biographies
Basilique - Chronologie - les Abbés
Extérieur - Intérieur - Nef - Musée - Nord - Sud

(Vezelay, Chef lieu de Canton de l'Yonne en bordure du Morvan.)

- Historique

L'histoire de l'abbaye et de la ville de Vézelay est longue et importante. Les origines se trouvent dans la vallée de la Cure au pied de la colline, à l'emplacement du vieux village de St Père, où l'existence d'un temple Païen et d'un Oratoire St Jean Baptiste est connue depuis longtemps.

Vézelay était à l'origine une abbaye de Moniales créée en (858) par le Comte Palatin Girart de Roussillon et sa femme Berthe. Le couvent de femmes obtient la protection directe du Pape en (863). Le statut conféré à l'abbaye et à ses terres par son fondateur lui assure des moyens financiers suffisants, le monastère ne paie de redevance qu'au Pape, et permet aux moniales d'élire librement leurs Abesses, l'élue étant confirmée par le Pape. Pendant l'absence de leur protecteur, les moniales sont mises en fuite par des violences. Elles sont alors remplacées par des moines. Le monastère est alors ravagé par les Normands (887). Les moines se réfugient sur une colline voisine, plus facile à défendre. Un nouveau monastère Bénédictin d’hommes, dirigé par l'Abbé Eudes, avec des moines venus probablement d’Autun, est crée. Le monastère est entouré d'une enceinte et est dédié à St Pierre, St Paul et Ste Marie. Une 1ère église Carolingienne est consacrée en (878) par le pape Jean VIII. Un incendie au début du (Xème siècle) nécessite des restaurations. L'Abbaye devient de plus en plus importante après l'arrivée des reliques de Ste Marie Madeleine, venus de Provence et confirmées vers (1050) par le pape. L'Abbatiale est alors dédiée à Ste Marie Madeleine. Aussi, l'abbaye est alors soumise à l’ordre de Cluny au (XIème siècle), provoquant quelques difficultés. L'indépendance de l'abbaye cause également quelques affrontements avec les Comtes de Nevers, qui se poursuivent pendant le (XIIème siècle).

L'abbaye prend son essor sous l'abbatiat de Geoffroy (1037-1052) qui développe le culte de Marie Madeleine. Au début du (XIIème siècle), Vézelay devient un passage obligé du pèlerinage vers St Jacques de Compostelle. Réservée au pèlerinage et aux moines, la basilique était relayée par 2 autres églises de Vézelay, St Étienne et St Pierre, pour accueillir la population locale, elle n'assumera ses fonctions paroissiales qu'après la Révolution. L'afflux de pèlerins venant vénérer les précieuses reliques devient de plus en plus grand et l'abbé Artaud décide d'agrandir l'Abbatiale à la fin du (XIème siècle). Un nouveau choeur Roman avec déambulatoire est consacré en (1104) par le pape Pascal II, tout en conservant l'ancienne nef Carolingienne. Le monastère est alors confronté à des troubles, l'assassinat de l'Abbé Artaud, incendie de la nef Carolingienne en (1120), un millier de morts. L'abbé Renaud de Semur y met fin et entreprend la reconstruction de la nef, dans le style Roman entre (1128) et (1140).

L'abbé Renaud, originaire du Brionnais, commence un grand projet de reconstruction dans le nouveau style Roman provenant de son pays natal. La grande nef est construite dans les années (1120)-(1140) et est consacrée en (1132) par le pape Innocent II. Un large narthex est ensuite construit par l'abbé Ponce de Montboissier pour héberger les pèlerins dont le nombre ne cesse de croître. Vézelay est devenu une halte de 1ère importance sur la route de Compostelle. Une ville prospère s'est édifiée au (XIIème siècle) sur la colline autour de l'abbaye, les caves Romanes des maisons étaient destinées à recevoir les pèlerins. C'est aussi le temps des grandes croisades et en (1146), le jour de Pâques, la colline de Vézelay est le théâtre d'un grand événement, la prédication de la 2ème croisade par St Bernard.

L'abbaye est séparée de Cluny en (1162) et rattachée à l'évêché d’Autun. Un nouvel incendie en (1165) cause la destruction de la crypte primitive et du choeur de l'abbé Artaud. Une fois de plus, un grand projet de reconstruction est décidé, par l'abbé Girard d’Arcy, un grand choeur et un transept sont construits dans le nouveau style Gothique Primitif à la fin du (XIIème siècle). Après l'ajout d'arcs boutants au (XIIIème siècle), l'église est en grande partie achevée dans l'état qu'elle conserve aujourd'hui, après avoir traversé les multiples terreurs de l'histoire. A Vézelay, le 1er couvent Franciscain de France est fondé en (1217). Il jouxte la chapelle Romane de la Cordelle, hors les murs de la ville. Le déclin de Vézelay commence au (XIIIème siècle) avec la découverte des véritables reliques de Ste Madeleine à St Maximin dans le Midi et leur authentification par le pape.

Lentement, l'abbaye est oubliée et dégradée par les outrages du temps. L'abbaye est placée en Commende au début du (XVIème siècle) et est sécularisée par le pape en (1537). L'abbatiale devient alors Collégiale desservie par des chanoines. C'est le siècle des guerres de Religion et les Protestants n'épargnent pas Vézelay entre (1568) et (1578). Pendant le saccage par les Huguenots en (1569), les reliques sont brûlées et les portails de la façade sont mutilés. Au (XVIIIème siècle), les bâtiments de l'abbaye sont en partie vendus et en partie détruits. En (1790), le chapitre de Chanoines est supprimé et l'église devient Paroissiale. L'époque tumultueuse de la Révolution cause de nouvelles mutilations aux sculptures de la façade. Les vestiges de l'abbaye et l'église sont vendus comme biens Nationaux en (1796). L'église se dégrade encore plus en (1819), quand la tour de la façade est incendiée par la foudre. Prosper Mérimée fait classer Monument Historique en (1840) la ruine piteuse qu'il a trouvée pendant ses voyages. Il envoie le jeune restaurateur Eugène Viollet le Duc pour sauver ce chef d'oeuvre Roman de la ruine. La tâche est immense.

L'état dans lequel il a trouvé l'église, pillée par les guerres et la Révolution, est alarmant. De (1840) à (1861), il conduit une campagne de restauration souvent contestée, de l'ensemble des bâtiments. Il fait partiellement reconstruire les parties hautes du Narthex, le clocher incendié, quelques voûtes de la nef et une galerie du cloître détruit. Il fait copier et remplacer les sculptures trop mutilées, dont beaucoup de chapiteaux et le grand tympan de la façade. Il restaure le bâtiment abbatial conservé. On doit admettre que l'église a perdu un peu de son authenticité par ces reconstructions, mais grâce à Viollet le Duc, on peut admirer aujourd'hui ce joyau de l'art Roman dans toute sa splendeur d'antan. En (1920), l'église obtient le titre de Basilique et depuis (1945), l'abbaye est à nouveau utilisée par des moines. Des moines Bénédictins l'ont occupée jusqu'en (1953), avant d'être remplacés par des Franciscains, jusqu'en (1993). C'est la fraternité monastique de Jérusalem qui s'occupe désormais de l'animation liturgique. De nos jours, Vézelay a recouvré sa grande renommée et le site est classé patrimoine mondial par l'UNESCO en (1979). Des milliers de visiteurs du monde entier viennent admirer chaque année ses trésors. Actuellement, la basilique est l'objet d'importants travaux de restauration, commencés en (1997) et toujours en cours.

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