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l'Eglise
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(Plougastel Daoulas, commune du Finistère, sur une presqu'île de la rade de Brest).

- Plougastel "L'enclos"

Son nom Plougastel signifie "Paroisse du château". Le nom vient de "Plou = Paroisse", et "Gastel = Commune", sans la mutation, kastell, qui veut dire Château. La paroisse s'est d'abord appelée Gwikastell, nom que porta aussi une famille noble de la paroisse, dont un des représentants, Hervé de Guicastel, mourut abbé de Daoulas en (1281). Son nom a varié dans le temps, Plebs Castelli ou Plebe Castello au (XIème siècle), Ploecastel en (1173), Ploecastell en (1186), Plebs Petri vers (1330), Guic Castelle vers (1330), Guicastell en (1405), Ploegastel Doulas en (1535) avant de prendre son nom actuel en (1779. Paroisse de l'Armorique primitive fondée vers le (VIème siècle), très étendue, son territoire englobait les paroisses ou communes actuelles de Loperhet, Dirinon, St Urbain, St Thomas de Landerneau et le nord de Daoulas, Plougastel est née dans la forêt de Thalamon qui couvrait à l'époque toute la rive gauche de l'Élorn. Le nom de Plougastel est mentionné pour la 1ère fois au (XIème siècle) dans le cartulaire de Landévennec.

L'abbaye de Landévennec y avait alors des possessions. En (1173), l'abbaye de Daoulas étendit son emprise d'elles dépendirent, outre divers lieux, le prieuré de la "Rose des moines", aujourd'hui "La Fontaine blanche" et, l'église paroissiale. Les hameaux sont alors regroupés en Breuriez, unités de territoire impliquant collectivement le culte des morts et l'entraide des vivants. Autour des chapelles s'organisent 8 Kordenned, relais entre la paroisse et les fidèles. Cette situation privilégiée sera sans doute à l’origine de sa prospérité entre les (XVème siècle) et (XVIIème Siècles). En effet la culture et le commerce du lin et du chanvre, les toiles fabriquées sont exportées en direction de l’Espagne, l’Angleterre et le Portugal sont des sources de richesses importantes. Beaucoup de paysans achètent leurs terres, deviennent propriétaires. La paroisse construit 7 des 8 chapelles. L’"Enclos Paroissial" et son calvaire en particulier sont le reflet de cette abondance.

Le calvaire a été construit entre (1598) et (1604). En (1598), la peste sévit à Plougastel. Jehan III de Kerérault évoqua le 1er la construction d'un calvaire afin de conjurer le sort. Le calvaire fut édifié de (1602) à (1604). Construit à partir de pierre de Logonna et de Kersanton gris bleuté, il est constitué de plus de 180 statues. En (1675), les manufactures de Colbert ruinent pratiquement l'industrie de la toile. La production agricole évolue vers les céréales et, grâce à la douceur du climat, le maraîchage prospère. Le fraisier du Chili, importé par Frézier, est signalé à Plougastel dès (1766).

Les 171 statuettes donnent la vie à ce beau calvaire. La frise est ornée d'une multitude de bas relief qui relatent la vie de Jésus Christ, des Saints, et l’histoire des Evangiles.les sculptures de ce monument sont l’oeuvre des frères Priget Bastien et Henri. Les maîtres d’ouvrage chargés de gérer les finances paroissiales étaient alors A.Corre, F.Piriou et I.Boad. En (1603), on élevait les 3 croix sous la surveillance H.Rolland et I. le Moal. Le calvaire érigé sur le modèle de celui de Guimiliau en est toutes fois différent. La distribution des figures n’est pas ordonnée linéairement avec exactitude mais semble correspondre à 4 thématiques répondant aux 4 points Cardinaux. Ce sont à l’Est "la Naissance et l’Ensevelissement", au Nord "la Souffrance", au Sud "la Pâque et le chemin de Croix", à l’Ouest la "Mort et la Résurrection". Ce groupement en séquences s’organise globalement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. On y remarque en particulier la Nativité, la fuite en Egypte, la Cène et le lavement des Pieds.

Le calvaire a été détruit lors d’un bombardement en (1944) et reconstruit entre (1948)-(1950) grâce à l’apport financier d’une fondation américaine. C’est Mr. Millet qui a dirigé la restauration du calvaire de Plougastel Daoulas. Le 15 Août (2004) le calvaire de Plougastel a fêté ses (400) ans, malgré le temps et les aléas de l’histoire, le calvaire reste un monument symbolique du patrimoine "Breton". L'église actuelle, relevée fin (1950), est un vaste monument qui conserve dans le bras Sud du transept un beau retable du Rosaire de (1660) provenant de l'ancienne église détruite en (1870) et remplacée par une plus spacieuse. Au fond de l'église, côté Est, l'autel est surmonté d'une "Mise au Tombeau" magistrale du (XVIème siècle) dont les personnnages sont presque de grandeur naturelle.

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