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diaporama de la Tapisserie
Intérieur - Extérieur - Crypte

(Bayeux, Chef lieu d'Arrondissement du Calvados, dans le Bessin sur l'Aure.)

- l'Historique

La Cathédrale N.D.de Bayeux est l'un des chefs d'oeuvre de l'architecture Romane et Gothique Normande. Située à l'emplacement présumé du forum de la cité Gallo Romaine d'Augustodurum et remplaçant un édifice d'époque Mérovingienne, elle fait partie intégrante d'un ensemble Episcopal remarquablement préservé. C'est pour elle que fut réalisée la célèbre Tapisserie de Bayeux.

On ignore la date de fondation de la 1ère Cathédrale Notre Dame, même si l'on sait qu'il y avait un temple Païen sur le site de Bayeux. On sait également qu'une cathédrale a été endommagée par les Normands en (911) et incendiée en (1046). La cathédrale N.D.de Bayeux apparaît initialement être un édifice Gothique dont la construction s'est échelonnée du (XIIIème siècle) au (XVème siècle) mais il ne s'agit que d'une apparence, la cathédrale Gothique venant envelopper un édifice Roman du (XIème siècle) et (XIIème siècle). Ainsi, N.D.de Bayeux mêle habilement le style Roman marqué notamment par la façade et le style Gothique du (XIIIème siècle) au (XVème siècle), la cathédrale permet ainsi de suivre l'évolution de l'architecture religieuse médiévale Normande.

C'est dans le but de fonder une cathédrale Romane que l'évêque Hugues d'Ivry s'approprie en (1045) les reliques de St Rasiphe et St Raven, martyrs d'origine Saxonne, afin de remplacer celles de St Exupère, St Vigor ou St Regnobert perdues lors de l'attaque de la ville par les Vikings. L'importance qu'ont prise ces nouvelles reliques, s'explique que en (1065) Harold, beau frère du Roi d'Angleterre prête Serment, sur ces reliques, au Duc de Normandie Guillaume, et lui promet son aide pour l'optention au trône du Royaume d'Angleterre, ce qui explique le vaste programme architectural de la cathédrale Romane voulue par l'évêque Odon, demi frère de Guillaume le Conquérant, et par ailleurs commanditaire de la célèbre Tapisserie de Bayeux prévue pour orner les murs de l'édifice. Les travaux pour la construction de la nouvelle cathédrale sont engagés en (1047), l'édifice est achevé en moins de 50 ans en raison des revenus considérables de l'évêché, consacré le 14 Juillet (1077) en présence de Guillaume le Conquérant et de la Reine Mathilde la cathédrale Romane est un véritable chef d'oeuvre aux dimensions imposantes, on estime qu'elle devait être longue de 80 mètres alors que l'actuel édifice est long de 102 mètres.

Mais le chef d'oeuvre est incendié en (1105) lorsque Henri 1er Beauclerc, fils de Guillaume le Conquérant assiège la ville ce qui oblige à des travaux de restauration sur les parties restantes de l'édifice. Ainsi, les parties basses de la nef sont réaménagées entre (1120) et (1130) ce qui aboutit notamment à la mise en place de bas reliefs, d'inspiration Anglaise, dans les écoinçons , c'est à dire l'espace triangulaire se trouvant entre chaque arcade. En (1150) l'évêque Philippe d'Harcourt fait élargir le choeur et ajoute des chapelles latérales. Après un incendie en (1160), de nouveaux travaux sont entrepris en (1165). C'est sous l'influence des architectes d'Île de France qui ont mis en oeuvre l'arc brisé associé à la voûte sur croisée d'ogives qu'est entreprise la réfection des bas côtés de la nef à la fin du (XIIème siècle) mais c'est au (XIIIème siècle) que s'effectue la majeure partie de la construction de l'édifice Gothique. On en renforce les tours en (1107)Des éléments Gothiques apparaissent dans la nef et les collatéraux. Des chapelles sont progressivement ajoutées tout au long du (XIVème siècle). A cette époque, la tour Romane de la croisée du transept est remplacée par une tour Gothique, achevée au (XVème siècle). En (1412) des anges musiciens sont peints dans la crypte, au dessus des chapiteaux. En (1427) le tympan Occidental consacré au Jugement Dernier est sculpté.

Dans la 2ème moitié du (XVème siècle), la cathédrale est victime de plusieurs sacs de la part des Protestants. Les restauration suscitent un réaménagement de l'espace intérieur, jubé, orgues, qui ne cesse d'évoluer jusqu'au (XVIIIème siècle). Parmi les éléments Gothiques remarquables de la cathédrale de Bayeux figurent la salle du Chapitre avec son Labyrinthe pavé et la salle du Trésor qui conserve un mobilier remarquable, coffret d'ivoire du (XIème siècle), chasuble dite de St Regnobert du (XIIème siècle), armoire reliquaire du (XIIIème siècle), siège épiscopal du (XIVème siècle), dont l'accès est possible sous certaines conditions. De nouveaux pillages interviennent en (1790). La cathédrale devient un temple de la Raison. Délaissée par la suite, elle subit de nombreuses détériorations. En (1851) le jubé doit être détruit et des travaux d'étayage sont entamés. Des restaurations sont pratiquées par les architectes Viollet le Duc et Flachat. Ce dernier est responsable du sauvetage de la tour, couverte par un dôme de cuivre par l'architecte Crétin. La cathédrale n'a pas souffert des guerres, Bayeux ayant été épargnée lors du débarquement. Les dernières grandes restaurations datent de (1982).

- la Façade Occidentale

Les tours de la façade, hautes de 71 mètres, sont un autre élément important de l'édifice Roman, elles ont conservé dans les parties hautes leurs ouvertures et arcatures Romanes en plein cintre de la 1ère moitié du (XIIème siècle) édifiées entre (1070) et (1090) elles encadrent un narthex pourvu d'une tribune donnant sur la nef mais le voûtement du rez de chaussée apparaît également doté d'un grand intérêt, si celui de la tour Sud est caractéristique de l'art Roman on peut percevoir à la tour Nord le fruit des 1ères recherches engagées par les architectes Normands sur la croisée d'ogives. Le tournant décisif dans l'évolution architecturale de la cathédrale de Bayeux date de l'épiscopat d'Henri (1165)-(1205) doyen de Salisbury contemporain de Thomas Becket et du Roi Henri II Plantagenêt. En effet, le prélat qui voit le rattachement de la Normandie à la Couronne de France en (1204) rompt avec la culture Romane Anglo Normande et initie le chantier de la cathédrale Gothique qui affecte progressivement toutes les parties de l'édifice.

Cette façade harmonique présente quelques particularités. Si elle comporte bien 3 portails, les portails latéraux ne prennent pas toute la largeur des tours. En effet, de larges niches surmontées de Gâbles occupent les extrémités à gauche et à droite. Au sein même de l'espace qui leur est réservé, également surmonté de Gâbles, les portes n'occupent pas toute la place, le dessous des Tympans est divisé entre les portes proprement dites et des niches vides de statues. Le Tympan de la porte principale est simplement percé d'un Oculus. Seuls les tympans latéraux, 4 registres, sont sculptés.

Le tympan du portail Nord est consacré à la Passion. Certaines scènes sont aisément identifiables, la Cène du 1er registre, le Christ à la colonne, 2ème registre, la Crucifixion 3ème registre. L'ensemble est couronné par le Christ en majesté.

Le tympan du portail Sud est consacré au Jugement Dernier. Le 1er registre représente l'Enfer. Au 2ème niveau, la scène principale est la Résurrection des Morts qui émergent de leurs tombeaux. Au 3ème registre, les élus lèvent la tête vers le dernier registre où trônent le Christ, entouré d'anges qui portent les instruments de la Passion. L'élévation du bloc central est composée, au dessus de la porte, d'une large baie précédée d'une petite balustrade, d'une galerie de statues d'évêques sous Gâbles et d'un pignon dentelé orné d'un Oculus aveugle.

De part et d'autre de ce bloc s'élèvent 2 tours Romanes hautes de 71 mètres qui datent du (XIIème siècle). Le (XIIIème siècle) voit également le couronnement des tours par d'énormes flèches en pierre, l'élévation des tours est rythmée verticalement par des contreforts très marqués, encadrées de clochetons, sont précédées de 5 niveaux. Le 1er est un mur plein. Le 2ème est constitué de bandes Lombardes. Les 3 autres niveaux sont percés de petites baies étroites.

La croisée du transept est marquée par une flèche Gothique du (XVème siècle). Le couvrement de la flèche, en forme de coupole cuivrée, a été refait au (XIXème siècle), suscitant une vive polémique. L'élévation du transept Sud est très élégante. Le portail est entouré par 2 arcatures aveugles surmontées d'arcs en mitre, au dessus desquels on trouve 2 Oculi aveugles. Le tympan est consacré à St Thomas de Canterbury. On y voit le Saint devant le Roi. Il traverse ensuite la mer, avant d'être assassiné. Au dernier registre, le Roi Henri II se presse auprès du tombeau du martyr. La porte est divisée par un trumeau. Les 2 battants sont surmontés d'arcs tréflés. Au dessus du portail, une balustrade précède une vaste baie brisée. Les écoinçons sont garnies d'oculi. Le 3ème niveau est constitué d'une galerie à claire voie encadrée de tourelles évidées. Un pignon domine l'ensemble. Côté Sud, on trouve une 2ème porte au niveau de la 4ème travée de la nef. Cette dernière est soutenue par des arcs boutants à double volée. Entre les arcs, les fenêtres basses des chapelles latérales sont ornées de gâbles. Le chevet reproduit l'élévation intérieure.

- l'Intérieur

Le Narthex comporte 2 travées, la 1ère est occupée par une tribune d'Orgue. Dans la 2ème, on trouve des arcades géminées aveugles. Sur un faux triforium, le dernier niveau reprend le dessin des fenêtres haute de la nef mais devant un mur aveugle. Quelques marches d'escalier à descendre entre le narthex et la nef marquent la dénivellation du sol. La nef, construite vers (1180), comporte 6 travées, avec une élévation à 3 niveaux. Au 1er, les arcades en plein cintre sont ornées de motifs géométriques. Au dessus se trouve un triforium à mur de fond plein, avec dans chaque travée 6 arcs tréflés surmontés d'Oculi Trilobés. Le 3ème niveau est composé de fenêtres hautes très élancées. Leurs 2 lancettes sont devancées par 2 Arcs Géminés reposant sur une fine colonne centrale. Les voûtes sont Quadripartites. Leurs retombées s'achèvent en faisceau au niveau du Triforium.

Les bas-côtés sont dotés de chapelles latérales munies de fenêtres basses à remplages variés. Il faut à nouveau descendre quelques marches pour se mettre au niveau des croisillons du transept et du déambulatoire, alors que le Choeur,lui, reste au même niveau que la nef, ce qui ménage l'espace nécessaire à la crypte. Chaque croisillon du transept comporte 2 travées, la 1ère ouvre sur les bas côtés et le déambulatoire, la 2ème reprend les motifs du mur de fond.

Dans le croisillon Sud, une porte est surmontée d'un Oculus à motifs floraux encadré par 2 arcades aveugles. Les vitraux sont répartis en 2 ensembles de 3 lancettes séparés par une mince colonne et précédés d'une petite balustrade. D'importants faisceaux de colonnettes aux angles amorcent les voûtes du croisillon. Sur le mur du croisillon Nord, on trouve 3 grandes arcades aveugles, chacune regroupant 2 arcades géminées et un Oculus Quadrilobé, un galerie de petites arcades et, enfin, une grande Rose.

Le Choeur, réédifié vers (1230), est remarquable pour ses éléments typiquement Normands, arcs brisés très aigus, profusion des colonnes et colonnettes, richesse du décor constitué de médaillons, rosaces ou quadrilobes ajourés dans les écoinçons, un vaste triforium remplaçant les tribunes au détriment des fenêtres hautes à 2 lancettes. Vers (1245)-(1255) on assiste à la reprise des parties hautes de la nef, avec suppression du triforium au bénéfice de vastes baies. Enfin, vers (1260) et (1280) est entrepris la recomposition du transept. L'élévation du rond point est de même type, les tribunes et les fenêtres hautes étant divisées par 2. Le déambulatoire s'ouvre sur 5 chapelles rayonnantes pas très saillantes, exceptée la chapelle Axiale, consacrée à la Vierge. Le choeur abrite des stalles de la fin du (XVIème siècle) ainsi qu'un Maître Autel du (XVIIIème siècle) décoré par Caffiéri.

La crypte est un élément majeur de la cathédrale du (XIème siècle) (1050)-(1060), elle comporte 6 travées, à 3 vaisseaux. Elle est voûtée d'arêtes retombant sur des chapiteaux, ornés de feuilles d'acchantes, caractéristiques du style Roman Normand. Un Enfeu orne l'avant dernière travée. Les fresques des voûtes, d'un bleu clair, représentent les cieux. Au centre, un triangle rappelle Yahvé. Au dessus de chaque chapiteau, on trouve des petites fresques représentant des anges dorés sur un fond rouge. Sont également conservés dans la crypte 2 chapiteaux du (XIème siècle) provenant de la croisée du transept et mis au jours à l'occasion des travaux de restauration de la tour centrale. Ils font partie des plus remarquables chapiteaux historiés Normand contemporains de Guillaume le Conquérant (1060)-(1070). Les autres éléments décoratifs notamment les fresques datent du (XVème siècle). La crypte abrite notamment le tombeau de l'évêque Jean de Boissey inhumé en (1412) ou celui du chanoine Gervais de Larchamp.

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