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(Chartres, chef lieu du département de l'Eure et Loir, sur l'Eure.)

- L'Evangélisation

Sans parler des époques Préhistoriques qui ont laissé des traces, on connaissait déjà Chartres avant l'ère Chrétienne, surtout pour la résistance offerte par son peuple, les Carnutes, à la conquête Romaine. Une Evangélisation précoce permit l’édification d’une 1ère Cathédrale dès la fin du (IVème siècle). Très tôt elle fut placée sous le vocable de la Vierge et en dépit de plusieurs destructions, elle fut toujours reconstruite, entre le (IVème siècle) et le (IXème siècle), nous savons qu’il y a eu 2 cathédrales, mais nous n’avons aucune trace tangible de la 1ère. La Cathédrale du (IVème siècle) a été construite sur ce tertre et a pris le relais du paganisme, culte de Gaenne, la logique du christianisme, qui aux 1ères heures, n’avait aucune raison de rejeter globalement l’ancien culte. Sous la cathédrale, il y a un mur Romain du (IVème siècle) visible dans la crypte Carolingienne du (IXème siècle), à l’époque, c’est le diocèse le plus important de la France. Il va de la Loire à la Seine.

- l'Incendie

Le 10 juin (1194), un incendie dévastait la ville. La cathédrale fut presque entièrement détruite, seule la partie Occidentale, les clochers et la façade, dont le Portail Royal n’ont pas été touchée, même les vitraux restèrent intacts; Mais l’incendie fut terrible, le feu avait pris à la charpente, les poutres enflammées volaient de toute part, tombant dans le sanctuaire, le plomb fondu de la couverture coulait à flot, sous l’effet de la chaleur de l’immense brasier, les hautes murailles de pierre s’écroulèrent, on put, de justesse, sauver les reliques, le voile de la Vierge et la précieuse Statue, déposées dans la crypte du (XIème siècle). Cette catastrophe provoqua une consternation générale, tant en France qu’à l’étranger. Un véritable élan de solidarité collective. Des Rois aux Paysans, en Ile de France comme en Champagne, en Normandie, en Bourgogne comme en Angleterre, malgré la guerre contre Philippe Auguste, lui aussi donateur généreux, Richard Coeur de Lion laissa circuler librement les quêteurs, on organisait des collectes, on créait des Confréries.

Les bourgeois venaient déposer dans les caisses de l’oeuvre de Chartres argent et objets de valeur, les artisans et paysans vendaient ce qu’ils pouvaient, objets, sacs de blé ou bétail. Dans un tel contexte, les Chanoines du Chapitre de Chartres n’eurent pas de mal à rassembler l’argent nécessaire. Pour cette reconstruction de la Cathédrale, l’enthousiasme populaire fut si grand que par villages entiers, les paysans s’attelaient aux charrettes afin de transporter les pierres, et venaient apporter le produit de leurs récoltes pour nourrir gratuitement les bâtisseurs, car des travaux aussi rapides exigeaient de nombreuses équipes d’ouvriers, tailleurs de pierre, maçons, charpentiers, qui logeaient comme ils pouvaient dans les décombres de la ville incendiée où ils installaient leurs ateliers. Le nom de l’architecte qui reconstruisit la cathédrale nous est inconnu. Il conçut le projet d’une église plus vaste encore que la précédente, pourvue d’un large transept et de 2 Portails aux croisillons.

- la Reconstruction

Il s’agissait de conserver à tout prix la Vieille Crypte, si vénérée qu’on ne pouvait songer à la sacrifier, ce qui augmentait les difficultés. Il fallait d’autre part édifier une nef à voûtes de pierre à croisées d'ogive, ces voûtes que l’ambition des architectes du (XIIIème siècle) voulait de plus en plus hautes, élever des murs pourvus de fenêtres géantes, pour lesquelles, dès le début des travaux, des vitraux de couleur avaient été commandés aux maîtres verriers de la région et d'ailleurs. En (1215), selon le témoignage de l'historiographe du Roi, Guillaume Le Breton, les voûtes du choeur étaient achevées, la construction avait été très rapide et les vitraux témoignent de l'homogénéité de conception. La sculpture des portails daterait des années (1200) à (1205) et de (1210) à (1215) environ et celle des porches serait un peu plus récente, entre (1215) et (1225). Extensions et embellissements se poursuivent jusqu’en (1260). Le 17 octobre, la cathédrale est achevée et la dédicace célébrée par St Louis.

La cathédrale de Chartres devient le 1er édifice de très grande dimension dont il fut décidé que tout le système de structure assurant la stabilité reposerait sur l'emploi systématique d'arcs boutants. Cet édifice de pierre, dont tous les éléments d'architectures servent à conduire les forces vers le sol, nous attirent irrésistiblement vers le haut, là où s'épanouissent la légèreté de la voûte, les piliers et les colonnes, se déployant sur 220 mètres de longueur, elle en commande et ordonne le plan, cela malgré l'existence de la crypte qui, en imposant les points d'appuis, donnait à la nef une largeur exceptionnelle de 16m,40 cédant la place aux vitraux. La cathédrale de Chartres devient le 1er édifice de très grande dimension dont il fut décidé que tout le système de structure assurant sa stabilité reposerait sur l'emploi d'Arcs Boutants. De massives culées taillées en ressaut, canalisent les poussées de la voûte. celle ci peut alors s'élever à 37m,50 au dessus de la plus large des nefs de Cathédrale Gothique.

- les Batisseurs

Les Bâtisseurs, Compagnons de Maître Jacques entre autres, marquaient leur travail de marques lisibles, sur chacune des pierres, ce, sur la face qui allait être cachée lors de la pose. De l’Etoile à 5 branches en passant par la feuille de Chêne et la Pédauque, connue sous le nom de patte d’Oie mais qui symboliquement représentait l’Arbre de vie, puisant ses racines dans le ciel, toutes ces marques permettaient à l’ouvrier, de percevoir son salaire. S’il y avait de nombreux bénévoles, nous avons quelques estimations du nombre de professionnels.

* 150 : travailleurs bâtisseurs à l’extérieur comme carriéristes et manoeuvres qui utilisaient de la pierre parcheminées de Berchères les pierres pour le gros oeuvre, tel que le pavement.

* 150 : travailleurs intérieurs, charpentiers, maçons et tailleurs de pierre. Ces derniers, pour les sculptures d’extérieur, utilisèrent de la pierre de Chantilly à côté de Paris pour la façade, alors qu’au Nord et au Sud ils préférèrent de la pierre de Vernon sur Eure.

* 100 : spécialistes qui dirigeaient les travaux sous la coupe d’un Maître d’Oeuvre.

Les travaux furent menés avec une extraordinaire rapidité par l’architecte Béranger, puisqu’en (†1028), année de la mort de monseigneur Fulbert, la cathédrale était presque achevée. Consacrée en (1030), elle fut complètement terminée en (1037). Elle comprenait une église Basse, une vaste nef sans transept, de 105 mètres de long sur 34 mètres de large, 2 clochers, pas de voûte mais un toit en charpente. Au Moyen Age, les gens dit analphabètes ne savaient peut être pas lire les livres, mais ils savaient lire ce qui leur était montré au travers du symbolisme universel. Tout ce qui est montré ici, n’est pas un hasard, car dans cette Cathédrale, chaque partie renvoie au tout et le tout à chaque partie, au travers d’un chemin sans fin, à l’image de la vie, peut être est ce pour cela que les Evêques n’ont jamais été enterrés dans la Cathédrale.

- Les extensions de la Cathédrale

A partir du (XIVème siècle), on assiste à l'édification d'extensions, notamment liées à l'évolution du culte et de la liturgie, la salle capitulaire, surmontée de la chapelle St Piat, construite entre (1325) et (1335), reliée un peu plus tard à la cathédrale par un escalier de pierre couvert par une galerie. Au (XVème siècle), la chapelle Vendôme, construite en (1417) entre 2 contreforts de la nef, côté Sud. Au (XVIème siècle), tout d’abord la flèche du clocher Nord, oeuvre du maître maçon Jehan de Beauce, élevée en remplacement de la flèche en bois détruite par la foudre en (1506). Ensuite, le décor sculpté du tour du choeur, qui joue le double rôle de séparation d’avec l’espace réservé aux chanoines et de leçon d’Histoire Sainte destinée aux fidèles. Commencé par le même Jehan de Beauce, réalisé par les plus grands sculpteurs, il sera achevé au (XVIIIème siècle). Sous la révolution, le trésor sera pillé, la Vierge de la crypte brûlée, nombre de bas reliefs mutilés, la toiture de plomb arrachée et fondue.

- la Révolution

En (1836), alors que l’on commence à restaurer l’édifice, un incendie accidentel détruit l'ancienne charpente de bois mais épargne les vitraux. L'architecte Baron propose et exécute un comble incombustible, en fonte de fer, et une couverture de plaques de cuivre qui demeurent aujourd'hui l'une des singularités de la cathédrale N.D.de Chartres. Durant la 2ème Guerre Mondiale, les vitraux seront déposés par précaution dès (1939), mais la cathédrale n’aura heureusement pas à souffrir des bombardements. Aujourd’hui, 8 siècles après sa reconstruction, ce merveilleux symbole de la maîtrise de l’espace et de la lumière des bâtisseurs dresse toujours sa silhouette unique au dessus des blés de Beauce. Après avoir survécu aux ravages des flammes et à la folie des hommes, elle doit maintenant faire face à une autre menace, la pollution, qui aggrave les outrages du temps.

- Charles Péguy

Charles Péguy, le grand poète tombé au début de la 1ère Guerre Mondiale, fit plus encore en écrivant un long poème intitulé "Présentation de la Beauce à Notre Dame" qui n’est que chant d’amour et de foi. Renouvelant l’antique pèlerinage Pédestre, il entreprit lui même en (1912) et (1913), une marche devenue célèbre qui, de Paris, le conduisit aux pieds de la Vierge. C’est à son exemple, que quelques années plus tard, des Etudiants se réunirent pour parcourir le même chemin en priant et en chantant. Depuis (1935), une véritable organisation a vu le jour. C'est désormais le grand rassemblement des étudiants qui se déroule chaque année, à la Pentecôte. Chartres accueille aujourd'hui beaucoup plus de visiteurs qu'autrefois. Si tous ne peuvent être assimilés à des pèlerins, un grand nombre d’entre eux, venus individuellement ou en groupes, sont toujours animés des sentiments de respect et de foi dont témoignaient leurs prédécesseurs. On ne saurait oublier parmi ceux ci, les innombrables artistes, professionnels et amateurs, qui tiennent à exprimer sous les voûtes de la cathédrale, par le chant et la musique, leur émotion en concourant à la grandeur de Marie.

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