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Intérieur - Extérieur - Vitraux

(Strasbourg, capitale de l'Alsace et chef lieu du département du Bas Rhin, sur l'Ill et le Rhin.)

- Horigine de la Cathédrale.

L'évêché de Strasbourg apparaît au (IVème siècle). Il connaît une éclipse pendant l'invasion des Alamans avant d'être reconstitué au (VIIème siècle). C'est alors un vaste évêché qui comprend tout le Jura, et ce, jusqu'à la 2ème moitié du (VIIIème siècle). Une 1ère cathédrale est édifiée au (VIIème siècle). Un édifice Carolingien lui succède, après le pillage de celui ci en (1002), une nouvelle cathédrale est édifiée à partir de (1015), sa construction se poursuit jusqu'en (1055), véritable chef d'oeuvre du Moyen Âge et symbole de la ville, la Cathédrale de Strasbourg, construite de grès rose, est érigée sur une place pavée semblable à une place médiévale, par l'évêque Wernher de la famille des Habsbourg, elle est entièrement détruite par un incendie. Il apparaît donc logique qu'une partie de la crypte et de l'abside soient des vestiges de cette ancienne basilique, de cet édifice subsistent la partie orientale de la crypte dédoublée au (XIIème siècle), la base carrée du choeur et les fondations certes renforcées.

Après une tempête qui abat la flèche en (1074) et 2 incendies sans gravité en (1136) et (1140) surviennent 2 autres incendies en (1150) et (1176) qui rendent nécessaires une reconstruction. Des travaux très actifs sont menés jusqu'à la fin du (XIIème siècle). En (1253), une campagne d'indulgences est nécessaire pour achever la nef. Une nouvelle construction est entreprise après (1176), elle durera, 3 siècles, elle s'achève en (1439) par la construction de la flèche, mais le chantier est révolutionné vers (1225) par l'arrivée d'une équipe venant de Chartres, le maître d'oeuvre dont le nom est inconnu initie les artisans locaux à l'art Gothique, il laisse des chefs d'oeuvre majeurs tels le Pilier des Anges ou encore les Statues de l'Église et de la Synagogue, le choeur flanqué de Chapelles à 2 étages et le transept furent achevés vers (1240), la nef fut alors bâtie sous l'influence du style Gothique Français a été construite entre (1240) et (1275), elle jouit d'harmonieuses proportions et conserve la plupart des verrières d'origine aux couleurs dorées éclatantes dues à l'emploi de teintes claires privilégiées par les maîtres verriers Strasbourgeois, les vitraux les plus anciens datent du (XIIIème siècle).

- La Façade Occidentale

La Cathédrale N.D.de Strasbourg est un exemple type devant son aspect très particulier au hasard des changements de projets. A un projet de façade harmonique classique, en correspondance avec l'élévation intérieure, projet (A), succède en (1275) un projet de façade toujours harmonique mais qui devient autonome par rapport à l'intérieur, projet (B). L'accent est alors mis sur les tours, qui se détachent un peu de la façade. Ce 2ème projet est modifié dès le commencement de son exécution par Erwin de Steinbach, notamment abaissement de la rose. En (1382), Michel de Fribourg abandonne la construction des tours au profit d'un beffroi, dans une tentative d'indépendance face au modèle français. Lorsqu'une quinzaine d'année plus tard, on décide à nouveau d'édifier 2 tours, le manque de moyens empêche la construction de la tour Sud.

Le massif de la façade, en grès rose des Vosges, comporte 3 niveaux, les portails d'abord, entouré d'arcatures aveugles et très fines; puis une grande rose de 14 mètres de diamètre, au centre, qui s'appuie à l'intérieur sur un triforium vitré, presque invisible de l'extérieur. Cette rose est encadrée sur les parties Nord et Sud par de vastes baies vitrées placées derrière une arcature à fines colonnettes. Elle est immédiatement surmontée par une galerie de statues, la Vierge entourée des Apôtres, abritées dans des niches à arcades tréflées relevées d'arcs en mitre qui portent de petits anges à leur sommet. Enfin, au dernier niveau, on trouve au centre des baies géminées surmontées d'arcs en mitre et garnies d'abat sons. Les côtés sont ornés d'arcatures étroites et ouvertes. Tout le long de la façade, les contreforts sont mis en évidence pour renforcer la sensation de verticalité. De part et d'autre du gâble central, ces contreforts abritent des statues équestres, ainsi qu'au 3ème niveau. L'ensemble est surplombé, au Nord, par une flèche de 142 mètres, elle n'est surpassée que par les flèches d'Ulm et Cologne. Les 2 niveaux de la flèche sont composés d'un octogone flanqué de 4 tourelles hexagonales et de la flèche proprement dite. Comme nous l'avons mentionné ci dessus, la tour Sud est inachevée.

La partie centrale est de loin la plus intéressante. Son portail est surmonté d'un gâble hérissé de pinacles, on parle de harpes de pierre, dont le plus haut atteint le sommet de la rose qui se trouve au dessus. Dans le gâble trônent Salomon et, au dessus de lui, une Vierge à l'Enfant. 2 Lions relient les 2 trônes. Le tympan du portail central est consacré à la Passion. Au registre inférieur, on voit de gauche à droite, l'entrée à Jérusalem, la Cène, l'arrestation du Christ, la comparution devant Pilate et la flagellation, représentée de façon traditionnelle, le Christ attaché à une colonne. Au 2ème registre se succèdent les scènes du couronnement d'épines, du portement de croix, de la crucifixion, avec un squelette au pied de la croix, la descente de croix, les Stes femmes accueillies par un Ange au tombeau, des soldats dorment sous le tombeau. Au 3ème registre, on assiste à la pendaison de Judas, l'anastasis l'apparition à Marie Madeleine, "noli me tangere" l'incrédulité de St Thomas. Enfin, au registre supérieur est représenté l'Ascension du Christ, contemplée par la Vierge et les Apôtres. Dans les voussures, on trouve des scènes de la Genèse et de l'Exode. La voussure la plus proche du tympan retrace des miracles du Christ.

Le trumeau est orné d'une statue de la Vierge à l'Enfant. Les ébrasements sont consacrés à 14 Prophètes. Le tympan du portail de gauche, surmonté lui aussi d'une harpe de pierre, est consacré à la Nativité et à l'enfance du Christ. Le 1er registre montre les Rois Mages, d'abord auprès d'Hérode, puis auprès du Christ. Au registre intermédiaire, le massacre des innocents est mis en parallèle avec la fuite en Egypte. L'ensemble est dominé, au dernier registre, par la Présentation au temple. Dans les ébrasements est représentée une psychomachie, les statues des vertus tiennent des lances avec lesquelles elles écrasent les vices.

Le portail de droite est consacré au Jugement Dernier. Le tympan superpose assez classiquement la Résurrection, 1er registre, la séparation des élus et des damnés, 2ème registre, et un Christ en majesté entouré d'anges portant les instruments de la Passion, dernier registre. Les ébrasements sont occupés par des statues représentant les Vierges folles et les Vierges sages. A droite, le Christ accompagne les Vierges sages. A gauche, les Vierges folles sont guidées par le Tentateur, une pomme à la main, des reptibles grouillant dans son dos. Les socles des statues sont décorés de signes du zodiaque et du calendrier.

La nef présente un bel étagement, Chapelles Latérales, collatéraux, nef, rythmé verticalement par d'élégants arcs boutants.

- Les transepts

Le transept Sud s'ouvre par 2 portails en plein cintre surmontés de 4 baies également en plein cintre, puis de 2 roses sous des arcs de décharge brisé et enfin d'un pignon cerné de 2 tourelles. Les tympans des portails figurent la Dormition de la Vierge, à gauche, une femme éplorée est assise sur le sol, tandis que la Vierge, bénie par son fils, est doucement soulevée par 2 Apôtres et son Couronnement, à droite. 2 statues encadrent ces portails, celle de gauche représente l'Eglise triomphante et celle de droite la Synagogue, les yeux bandés. Entre les 2 portails trône une statue de Salomon. Sur le socle est représenté le Jugement de Salomon. On voit notamment les 2 Mères luttant pour l'enfant.

Le transept Nord présente de nombreuses différences avec le transept Sud, pas d'arc de décharge au dessus des roses, une galerie ouverte pas petites arcatures précède le pignon, lui même orné de petits arcs. Surtout, le bras Sud se distingue par son portail. Celui-ci devance le transept et est surmonté d'une belle balustrade rythmée par de minces pinacles. Il se compose d'un auvent plissé d'où descendent des guirlandes de pierre incurvées. Sous ce auvent, des statues en ronde bosse représentent St Laurent sur son gril, devant le Christ. De part et d'autre, on trouve des grappes de statues, à droite, St Laurent, St grégoire, St Vincent, St Jacques le Majeur et St Maurice. A gauche, une Vierge à l'Enfant puis les Rois Mages, dont 1 Nègre.

- L'Intérieur

La nef est précédée d'un narthex doté d'un triforium à arcs en mitre. Le vaisseau principal, voûté d'ogives quadripartites, comporte 7 travées. Son élévation est à 3 niveaux. Le triforium a 4 arcades composées chacune de 2 arcs trèflés et d'un oculus quadrilobé. Dans les 3 travées Orientales, les écoinçons sont garnis de sculptures. Les fenêtres hautes possèdent 4 lancettes groupées par 2 et surmontées de 3 Oculi. Le dessin des fenêtres des bas côtés est le même, moins élevé. On trouve en dessous de celles ci une frise d'arcatures trèflées aveugles. Le revers de la façade est precée d'une grande rose rayonnante et d'une galerie à claire voie.

On doit aussi noter la magnifique chaire de pierre et son escalier, réalisée en (1485) par Hans Hammer, sur le thème de la Passion du Christ. Au niveau du pilier de la chaire figurent les évangélistes. La tribune met en scène, outre la crucifixion, des anges avec les instruments de la Passion, les Apôtres et la Vierge. Au niveau des 2 travées précédant le transept, on trouve, à gauche, la chapelle St Laurent, avec sa voûte en réseau.

A droite, la chapelle Ste Catherine présente elle aussi une belle voûte flamboyante. La croisée est sensiblement surélevée par rapport à la nef et aux bras du transept. Dans le bras sud, 2 éléments se distinguent, l'horloge astronomique et le pilier aux anges. L'horloge astronomique est un legs de la Réforme. Construite vers (1547), elle est complétée au (XIXème siècle) par un planétaire copernicien et un comput ecclésiastique. Lorsqu'elle sonne à 12h,30, ses automates s'animent, en haut les Apôtres défilent devant le Christ, accompagnés par le chant d'un coq, en bas, les âges de la vie, un enfant, un adolescent, un adulte et un vieillard, font la même chose devant la Mort.

Le pilier aux anges se présente est en fait une haute colonne de pierre ornée de statues. Il s'agit d'une version épurée du Jugement Dernier, sans les damnés. Au 1er niveau on trouve les statues des évangélistes accompagnés par leur emblême tétramorphique. Au 2ème, des anges sonnent l'heure de la résurrection. Au dernier trône le Christ.

Dans le transept Nord, le pilier central, qui délimite 4 travées, n'est pas sculpté. On trouve en revanche une superbe cuve Baptismale de style Gothique Flamboyant.

Le choeur est réduit à une simple abside voûtée en cul de four, sans déambulatoire. La base est animée par des arcades aveugles. Au dessus les murs sont garnis de mosaïques et percés au centre d'une large baie.

- Le Gothique dans la Cathédrale.

Notre Dame de Strasbourg illustre richement l'histoire de la sculpture Gothique. Le remarquable pilier des Anges (1230)-(1250) à l'intérieur. Les statues décorant le triple portail de la façade gothique représentent les prophètes, les vierges Sages et les vierges Folles, les Vertus et les Vices et datent des (XIIIème et XIVème siècles). Le Baptistère de style Gothique Flamboyant dû à Dotzinger (1453), la superbe Chaire ornée de nombreuses statuettes ciselée vers (1485) par Hans Hammer et le Mont des Oliviers dans le transept Nord, oeuvre de Nicolas Roeder (1498). Signalons pour finir le portail flamboyant St Laurent de la fin du Moyen Age. Au (XIVème siècle), on ajoute la chapelle Ste Catherine à la nef, de remarquables vitraux du (XIVème siècle), de même la chapelle St Laurent est ajoutée à la même époque, ses vitraux sont ceux de l'ancienne église des Dominicains. Les vitraux les plus anciens de N.D.de Strasbourg proviennent du sanctuaire Primitif, ils représentent St Jean et le Jugement de Salomon. Au fond du croisillon on peut remarquer le tombeau de l'évêque Conrad de Lichtember du (XIVème siècle) ou l'épitaphe de Nicolas Gerhaert de Leyde représentant un chanoine en prière. Le buffet d'orgue datant de la fin du Moyen Age. Par ailleurs, au fond du croisillon Sud, la chapelle St André datant du (XIIème siècle) est la plus ancienne de la cathédrale.

Dotée d'un vaste trésor la Cathédrale possède de très nombreux objets sacrés exposés dans le chevet. 14 Tapisseries de la vie de la Vierge, du (XVIIème siècle) représentant la Vie de la Vierge, à laquelle s'attache en particulier le nom de Philippe de Champaigne.parfois exposées dans la nef, commandées par Richelieu pour N.D.de Paris etachetées par le chapitre de Strasbourg en (1739). L'Horloge Astronomique, construite vers (1517) par des horlogers suisses, est située dans le croisillon Sud de la Cathédrale. Après une longue panne, elle fut remis en service en (1840) et met ainsi en scène chaque jour à 12h,30 différents automates, les apôtres défilent devant le Christ alors qu'en contrebas devant la Mort défilent les 4 Ages de la Vie.

La cathédrale est soumise au culte Protestant à partir de (1521), sauf pendant la Décennie (1548)-(1558). S'en suit une guerre entre les Evêques Protestants et Catholiques, qui précède la guerre de 30 ans. A cette occasion, coupée du St Empire Romain Germanique, la ville de Strasbourg s'offre à Louis XIV, en (1679). 2 ans plus tard, la cathédrale est rendue au culte catholique.

En (1683), dans un souci d'adaptation aux consignes du Concile de Trente, on détruit le jubé. La foudre produit en (1759) un incendie qui détruit la toiture. La Révolution est plus nuisible, malgré les ruses des protecteurs de la cathédrale, panneaux de bois couverts de slogans révolutionnaires devant les tympans, bonnet Phrygien de tôle sur la flèche, qui sous prétexte de narguer l'ennemi Germanique, évita sa destruction, de nombreuses statues sont détruites. Des restaurations sont entreprises dès le Ier Empire. Le principal restaurateur est Gustave Klotz de (1838) à (1880). L'allemand Joseph Knauth répare le 1er pilier de la nef qui menaçait de s'effondrer. Les travaux sont achevés par des français en (1926). Les bombardements Américains de (1945) détruisent la croisée du transept, les travaux de réparation sont immédiats, le Conseil de l'Europe offre les vitraux de l'abside.

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