retour

Glossaire - Biographies
Fontevraud1 - Communautaire - Les Abbesses
l'Extérieur - l'Intérieur

(Commune du Maine et Loire, arrondissement de Saumur.)

- Robert d'Arbrissel

D'Arbrissel vient à Angers enseigner la théologie puis il se retire dans la forêt de Craon en Mayenne, pour vivre en ermite. Il fonde en (1091) l'Abbaye de La Roë. Le Pape Urbain II, venu dans la région prêcher la 1ère croisade en (1096), remarque ses talents de Prédicateur et le nomme alors Missionnaire Apostolique . Robert d'Arbrissel rassemble avec lui des hommes et des femmes de conditions diverses. L'importance croissante de ses disciples amène l'ermite à décider vers (1099) la fondation d'un Monastère aux confins du diocèse de Poitiers. Au (XIIème siècle) il reçoit un terrain inculte, le "vallon Frons Ebradi" de la Fontaine d'Evrault, au Sud du confluent de la Loire et de la Vienne. La forêt environnante, les sources et les carrières ont parfaitement convenu à la construction d'un établissement Monastique .

Elle adopte un fonctionnement particulier, en recevant 5 groupes différents, des Prêtres St Jean de l'Habit, des Pécheresses repenties Ste Marie Madeleine, des Veuves et des Vierges le Grand Moûtier, dédié à la Vierge, des Lépreux St Lazare et des Malades St Benoît. Chacun des groupes possède un ensemble complet de Bâtiments Monastiques. Sur les conseils de Robert d’Arbrissel, une Abbesse est désignée pour lui succéder et les moines doivent se soumettre à son autorité. Un ordre Double est ainsi fondé, les Religieuses adoptent la règle Bénédictine. Du fait de sa critique des abus du clergé et de ses pratiques Ascétiques, comme de dormir Nu au milieu de Jeunes Femmes pour mieux résister à la tentation, il n'aura pas la chance d'être Canonisé à l'égal de la plupart des autres Fondateurs d'ordres Monastiques. Le choix d'une Femme pour diriger à la fois des hommes et des femmes distingue Fontevraud des autres ordres et suscite même le scandale, à une époque où l'on considère que la femme porte en elle le Péché et qu'elle doit être soumise à l'Homme. Dès sa fondation elle a bénéficié du soutien du pape Urbain II et des Comtes d'Anjou et du Maine devenus Ducs de Normandie et Rois d’Angleterre avec Henri II en (1154). Celui ci possède alors, avec son épouse Aliénor d’Aquitaine, tout l'Ouest de la France. Il fait des dons à l’abbaye dont sa tante, Mathilde d’Anjou, est Abbesse de (1150) à (1164). Les fonds permettent la construction des cuisines et de la chapelle du Prieuré St Lazare. C’est pour Fontevraud une période prospère. En conséquence son développement a été rapide et elle était totalement constituée à la mort de Robert d'Arbrissel en (†1117).

- L'Abbaye et les Plantagenêts

Le monastère recrute ses Ouailles parmi l'Aristocratie. Il reçoit la protection des Plantagênet. Aliénor d'Aquitaine y est enfermée par son époux. En (1150), à l'aube du développement de la puissance des Plantagenets, l'Abbaye supervisait près de 5.000 personnes répartis dans une Centaine de Prieurés et Couvents en "France, en Angleterre et en Espagne". C'était un ensemble considérable pour l'époque. Au (XVIIème siècle) 50 Prieurés relevaient encore de l'Abbaye qui à Fontevrault même hébergeait 230 Religieuses et 50 moines. Le déclin de l’abbaye au (XIIIème siècle) est dû à la perte du soutien des Plantagenêts, il est accentué par la guerre de (100) Ans aux (XIVème siècle) et (XVème siècle). La prospérité revient au (XVIème siècle) avec les Bourbons.

- L’abbaye et les Bourbons

De la famille des Bourbons 6 Abbesses, vont assumer la direction de l’ordre durant III siècles du (XVIème siècle) au (XVIIIème siècle). Des phases de relâchement et de remise en cause de l'Autorité féminine alternent avec des reprises en main énergiques, les plus fameuses étant celles de Marie de Bretagne et de ses successeurs, toutes issues de la famille des Bourbon, qui considère Fontevraud comme l'un de ses fiefs. L'abbaye ne cesse de s'agrandir et d'enrichir son lignage. En (1670), Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, soeur de Mme de Montespan, atténue quelque peu la rigueur du couvent, au sein duquel sont élevées les 4 filles de Louis XV. L'abbaye conserve donc sa renommée jusqu'à la Révolution.

Elles embellissent l’abbaye et poursuivent les réformes entreprises par Marie de Bretagne Abbesse au (XVème siècle). Au (XVIème siècle), des aménagements sont effectués en l’honneur des Bourbons, les carrelages aux armes des Souverains, les peintures murales de la Salle Capitulaire, l’escalier monumental conduisant au Grand Dortoir. En (1521), Renée de Bourbon nomme sa nièce Louise pour lui succéder dans son rôle d’Abbesse. Durant (40) ans, Louise dirige l'abbaye, faisant face à la crise Protestante, et aux guerres de Religion. Jeanne Baptiste achève leur oeuvre jusqu’en (1670). C’est l’époque de l’épanouissement de la réforme Spirituelle et de l’essor de l’ordre par l’accroissement des effectifs, de nombreux Prieurés sont fondés, la riche Bibliothèque attire de nombreux Humanistes. C’est pour l’abbaye de Fontevraud un véritable âge d’or. Au (XVIIIème siècle) l’abbaye accueille en pension les filles de Louis XV mais la Révolution met fin à l’ordre Fontevriste. Le 13 Février (1790), l’Assemblée Constituante supprime par décret les ordres religieux se fondant sur des Voeux Perpétuels, les monastères sont occupés pendant (2) ans jusqu’à l’évacuation finale des pensionnaires ordonnée par le décret du 17 Août (1792) puis l’abbaye est pillée et les biens monastiques vendus comme biens Nationaux.

- Les Gisants

Le Gisant- d'Henri II Plantagenêt.
-:- Sacré Roi d’Angleterre en (1154), il meurt à Chinon en (†1189) à (55) ans environ.
-:- Matériau : tuffeau.
-:- Dimension : 2m,28, le gisant est évidemment plus grande que la taille réelle d’Henri II.
-:- Sur la sculpture, Henri II a environ (30) ans. Ses yeux sont fermés. Il paraît serein, dans un état de béatitude. Ce n’est pas son portrait réel qui est présenté, c’est un visage idéal. Il est représenté avec les attributs du Roi, la Couronne et le Sceptre ainsi qu’avec ceux du "Chevalier, gants, épée, bottines et éperons". Il porte un manteau bleu et 2 tuniques rouges superposées. Ce sont les vêtements qu’il portait lors de son Sacre. Les plis des vêtements ne cherchent pas à donner une image de la réalité mais à produire un effet décoratif.

Le Gisant- d'Aliénor d’Aquitaine.
-:- Elle était la femme d’Henri II, la mère de Richard Coeur de Lion, et la belle-mère d’Isabelle d’ Angoulême. Elle est née en (1122) et est morte en (†1204) à Fontevraud à l’âge de 82 ans.
-:- Matériau : pierre.
-:- Dimensions : 2m,28, le Gisant est plus grand que la taille réelle d’Aliénor d’Aquitaine.
-:- Aliénor est représentée à l’âge approximatif de (30) ans. L’expression de son visage n’est pas très visible car son gisant a subi l’épreuve du temps. Aliénor tient dans ses mains un livre ouvert pour rappeler qu'elle fut sa vie durant l'amie des "Poètes et des Troubadours". Sa tête porte une Couronne. Elle est vêtue d’une robe dont les plis sont plus souples que ceux de son mari et de son fils. Elle porte au dessus une cape de couleur bleue. Ses cheveux sont cachés par un chaperon et un drapé mentonnière entoure son visage. L’effet total donne aux vêtements une impression de fluidité.

Le Gisant de Richard Coeur de Lion.
-:- Il était le fils d’Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine et le beau-frère d’Isabelle d’Angoulême. Il est né en (1154), est sacré en (1189) et meurt en (†1199).
-:- Matériau : pierre.
-:- Dimensions : 2m,28, le Gisant est plus grand que la taille réelle de Richard Coeur de Lion.
-:- Le gisant semble avoir entre 30 et 35 ans alors que Richard avait 45 ans à sa mort. L’expression de son visage est paisible et ses yeux sont fermés. Il est vêtu d’une longue tunique rouge par dessus laquelle une cape bleue est posée. Ses couleurs ne sont pas celles d’origine car lors de la restauration elles ont été inversées. Il porte les attributs Royaux , la Couronne et le Sceptre, et ceux du "chevalier, l’épée, les éperons et les bottines". Sur le drap du lit sont représentés des Croix de David.

Le Gisant d'Isabelle d'Angoulême.
-:- C’est la 1ère femme de Jean sans Terre, frère de Richard Coeur de Lion et le 2ème fils de Henri II et d’Aliénor. Elle meurt en (†1246) après s’être retirée à Fontevraud.
-:- Matériau : bois, son gisant est le mieux conservé de tous.
-:- Dimensions : Le Gisant, en bois, est plus petit que les 3 autres, il mesure cependant 1m,80, ce qui n’était pas sa taille réelle.
-:- Description : Isabelle porte un manteau ainsi qu’une robe bleue. Ses mains sont jointes, car elle meurt en tant que Religieuse à Fontevraud. Ses traits sont réguliers et expriment la douceur.

- Les Bâtiments.

L'Abbaye, a la double communauté d'hommes et de femmes, sous l'autorité de l'Abbesse, comprenait plusieurs bâtiments répartis sur une surface de près de 15 hectares. Chaque bâtiment était affecté à une catégorie monastique, le Grand Moutier était celui des Soeurs qui faisaient des prières, St Benoit pour les Malades, pour les Vierges et les Veuves, la Madeleine était pour les Soeurs qui travaillaient, et pour les filles Repenties, St Lazare pour les Lépreux et les Soeurs qui les soignaient, St Jean de l'Habit pour les hommes qui vivaient séparés des Soeurs. Elles sont le plus souvent de sang Royal comme la 1ère d'entre elles, une Veuve énergique joliment dénommée Pétronille de Chemillé. Dévastée à la Révolution, elle vit son Mobilier, ses Archives et sa Bibliothèque dispersés. A la Révolution la Madeleine et St Jean de l'Habit ont été démolis. En (1804), pendant le Premier Empire, Napoléon fit affecter les bâtiments de l'Abbaye en Prison pour les condamnés de droit commun. Elle le restera jusqu'en (1963). Depuis elle a bénéficié de travaux de restauration importants. C'est devenu un des monuments les plus visités du Val de Loire.