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Chronologie - Crypte - le Suplice- les Abbés
Photos - Cryte

(St Victor à Marseille, chef lieu Provence Alpes Côtes d'Azur et du département des Bouches du Rhône.)

- historique

A l’orée du (IVème siècle), sous l'empire Romain, le site de l'abbaye fut d'abord une carrière puis devint une Nécropole chrétienne peut être bâtie autour des dépouilles des martyrs Volusianus et Fortunatus. Victor (†303) ou (304), le martyr qui fut écrasé sous une meule pour avoir refusé d'abjurer sa foi chrétienne et qui a donné son nom à l'abbaye a été officier dans une Légion Thébaine entièrement composée de Chrétiens dont beaucoup périrent lors des persécutions déclenchées par les Empereurs Romains, selon Euchère, archevêque de Lyon au milieu du (Vème siècle).

L'origine de cette Église est due à la piété des 1ers Fidèles. Elle n'a d'abord été qu'une grotte ou caverne qui étant pour lors éloignée de la Ville, et dans l'emplacement des anciens Champs Elisées, ou Ossuarium des Marseillois, servoit de retraite aux 1ers Chrétiens, pour y aller célébrer les Sts Mystères, et ensevelir les corps des Martyrs. Il y a auprès de cette grotte, qui est aujourd'hui renfermée dans l'église inférieure, une chapelle dédiée à N.D.de Confession, dont l'Autel fut construit sous l'empereur Antonin qui vivait en l'an (140). Victor, Officier des troupes Marseilloises, ayant souffert le Martyre sous Dioclétien, l'an (303), le 21 Juillet, les Fidèles ensevelirent son corps dans cette grotte.

C'est autour de cette grotte que le monastère a été fondé, hors les murs de Marseille, par Jean Cassien aux environs de (415) et l'église en (440). Dès la fin de l'Antiquité, le rayonnement de l'Abbaye de St Victor de Marseille est considérable. St Jean Cassien, moine à Bethléem, moine pèlerin en Égypte, diacre de St Jean Chrysostome à Constantinople, prêtre à Antioche ou à Rome, se trouvait au printemps de (416) à Marseille où l'évêque Procule le retint afin qu'il installât la vie monastique sur cette paisible rive Sud du Lacydon, le Vieux Port de Marseille. A partir de la fin du (Xème siècle) et jusqu’au (XVIIIème siècle), ce sont les moines Bénédictins qui vécurent en ces lieux. Il s'agit du plus ancien établissement Abbatial en Occident.

- Moyen âge

De (750) à (960), St Victor est la résidence des évêques de Marseille. Charlemagne fait une donation, confirmée par Louis le Pieux et par son fils Lothaire Ier, à l'abbaye concernant, le droit sur le sel et autres marchandises, ainsi que des droits de douanes et d'ancrage sur les bâtiments venant au port de la ville de Marseille. Assurant par ailleurs la puissante abbaye de sa protection, Lothaire accroît le contrôle impérial sur les régions du Sud de la France.

Vers la fin du (IXème siècle) début (Xème siècle), la puissance de l'abbaye Bénédictine de St Victor de Marseille est mise à mal par les raids barbares qui la ruinent entièrement. Honoratus de Marseille, chargé de l'épiscopat de la ville en (948) et frère du 1er vicomte de Marseille, reconstruit l'abbaye et y rétablit la vie monastique. Son neveu Pons Ier, évêque en (977), continue son oeuvre. Le 1er abbé de St Victor est Wilfredus, ou Guilfred, en (1005). Ce dernier reconstruit l'abbaye, dévastée par les Sarrasins, et en fait un lieu prospère, renommé et exemplaire qui obtient du pape Jean XVIII d'importantes concessions confirmées par la suite et étendues par de nombreux papes. A partir de l’abbaye St Victor, la réforme Clunisienne se diffuse en Méditerranée Occidentale, "Languedoc, Catalogne, Sardaigne", et les dons affluent, enrichissant l’abbaye.

Aux alentours de (1020) et jusqu'en (1047), le moine Isarn, originaire de Pamiers, Ariège, est abbé de St Victor. Son influence est forte au point d'attirer comme moine dans son abbaye, l'archevêque d'Arles, Pons de Marignane. Sa promotion de la puissance de l'abbaye est spectaculaire. En (1040), le pape Benoît IX consacre l'église, et après sa mort le 24 Septembre (†1047), Isarn est canonisé. Le 28 Septembre (1362), Guillaume Grimoard, abbé de St Victor, est élu pape et prend le nom d'Urbain V. Après sa mort à Avignon, ses restes sont transportés à St Victor.

De (1570) à (1588), Jules de Médicis est abbé de St Victor. Les historiens le soupçonnent d'avoir pillé la bibliothèque de l'abbaye dont les ouvrages connus par un inventaire du (XIIème siècle), notamment des manuscrits antiques, ont disparu. Mazarin, abbé de St Victor en (1655) est lui aussi soupçonné de s'être accaparé une partie de ces livres.

- Renaissance

Le 17 Décembre (1739), Clément XII décrète la laïcisation de l'abbaye, affectée à la seule noblesse provençale. En (1794), l'abbaye et les 2 églises sont dépouillées de leurs trésors, les reliques sont brûlées, l'or et l'argent servent à battre des monnaies et le lieu devient un dépôt de paille et de foin et même une prison. Selon Joseph Marchand, si l'église a été conservée, c'est parce qu'elle abritait des forçats. C'est ce même Joseph Marchand qui laissera des témoignages montrant que le cloître servit à héberger les soldats appelés les Allobroges. En (1963), la ville de Marseille et le Ministère des Affaires Culturelles entreprennent des fouilles et une restauration complète de l'abbaye qui entre à l'Inventaire des Monuments Historiques en (1997).

- Architecture

Cette abbaye comporte les 2 arts architecturaux. Dans la nef centrale, ce sont des arcs en berceaux brisés, l'art Roman est utilisé. Dans le choeur, la voûte est soutenue par des croisées d'ogives et des arcs doubleaux, c'est donc de l'art Gothique. L'église est rendue au culte et devient paroissiale en (18O4). En (1895) le Chanoine Bérenger entreprend une grande restauration, elle fut remarquablement menée à bien et achevée dans les débuts du (XXéme siècle), mais certains éléments on été très critiquéé, ainsi le maître autel de (1897). Le titre honorifique de Basilique fut attribué à notre église par le pape Pie XI en (1934).

En (1944) la guerre causa quelques gros dommages à l'édifice et les vitraux durent être remplacés. Les nouveaux vitraux sont dus à Max Ingrand. On installe dans la chapelle de la nef de gauche les fonts baptismaux qui sont une margelle monolithique de puits, d'époque indéterminable, provenant des environs de Glanum.

Dès (1963), le mauvais état de quelques pierres et des fissures décelées dans la tour d'Ysarn poussèrent les autorités responsables à entreprendre une nouvelle et patiente restauration en même temps qu'une réfection des cryptes , ces derniers travaux aboutirent à la découverte de la tombe jumelle du Martyrium le 8 Novembre (1965).

- le Maître Autel

L'année (1965)-(1966) fut l'occasion d'une grande célébration appelée, l'Année St Victor, pour commémorer les multicentenaires, (365), naissance de St Cassien, vers (965), renouveau amenant à l'établissement de la règle Bénédictine, (1365), consécration de l'autel par Urbain V pour la fin de sa grande restauration. Marseille par les autorités civiles et la foule de son peuple célébra avec éclat cette Année St Victor. Le mémorial en fut le Maître Autel inauguré et consacré en la vigile de Pentecôte le 28 Mai (1966) par l'Archevêque de Marseille en l'honneur des Sts martyrs, de St Victor et de celui qui est un témoin de Paix et d'Unité St Jean Cassien, le fondateur. Il est en pierre et en bronze dû au Maître Jean Bernard et à ses Compagnons du Devoir. Il fut dressé sous les yeux de l'assemblée où étaient réunis les pouvoirs publics par les hautes autorités des corps constitués, les pays étrangers par leurs Consuls et les Eglises séparées par les représentants des autres confessions "Chrétiennes, Orthodoxes, Anglicanes, Réformées".

On trouve sur la frise de bronze qui entoure la table, des paroles d'Unité de l'apôtre St Paul, en Grec Un seul Seigneur, Jésus Christ, en Latin "Puisqu'il y a un seul pain, à nous tous nous ne formons qu'un seul corps, nous qui avons part à ce pain unique". Le Grec et le Latin rappellent l'Orient et l'Occident qui se rencontrent à Marseille par leur histoire, leurs civilisations et leurs grandes églises. L'autel est supporté par 2 pieds de 4 statues chacun. Ce sont les statues des Saints protecteurs de notre antique sanctuaire, ceux à qui est dédiée l'église supérieure, St Victor avec St Pierre et St Paul, notre fondateur St Cassien, St Jean Baptiste à qui est dédiée en même temps qu'à la Vierge Marie, l'église inférieure, le bienheureux Urbain V, puis St Lazare, l'ami du Christ, et Ste Marie Madeleine, sa soeur, protecteurs du diocèse de Marseille. Un tabernacle en bronze, véritable pièce d'orfèvrerie, accompagne au fond du sanctuaire cet autel, chef d'oeuvre intemporel.

Cette restauration a remis en valeur 2 chapelles au bas des nefs latérales. A droite, une petite chapelle avec une très belle voûte. A gauche, une grande chapelle où se trouve l'autel du (Vème siècle) et où on peut aussi admirer un crucifix du (XVIIéme siècle), un tableau du (XVIIIéme siècle), une moderne Méditation de la Croix E.Milani, (1969), des vitraux de B.Pollet (1968), une grille en bois du (XIXéme siècle). qui sert de porte d'accès sur l'église. C'est la chapelle, du St Sacrement, lieu de recueillement. Notre époque enfin voit la réalisation d'un désir exprimé depuis plus d'un siècle. En effet, l'abbaye avait été au début du (XIXéme siècle) complètement dépouillée au profit du musée Borély de toutes ses pièces archéologiques et oeuvres d'art dont certaines furent brisées ou perdues. Souvent depuis fut exprimé le voeu de voir ces oeuvres retrouver leur place à St Victor. La municipalité de Marseille a répondu à cette attente en (1968).

- Après le XVéme siècle

Les apports principaux de cette époque furent:

* La grande porte d'entrée du (XVIIéme siècle) qui s'inscrit dans un arceau à plein cintre, indiquant une entrée du (XIème siècle).
* La grande et belle sacristie construite au Sud du Choeur.
* Dans les cryptes le beau bas relief de l'autel de St Blaise et St Laurent qui est du (XVéme siècle).
* Dans la chapelle Ouest de la grande crypte à l'autel de St Mauront un retable comportant 3 statues malhabilement restaurées après les mutilations de l'époque révolutionnaire. Ce sont les statues de St Mauront, de St Maurice et de St Elzéar.
* Dans la petite crypte, la grotte primitive, sur l'autel dédié à Ste Marie Madeleine, un bas relief attribué à Pierre Puget, le grand sculpteur marseillais du (XVIIéme siècle) et représentant Marie Madeleine aux pieds du Christ en croix.
* Il reste encore de cette époque un admirable calice de la fin du (XVéme siècle), mais on ne sait s'il appartenait alors à St Victor.
* Nous pouvons admirer aussi dans l'église supérieure des crucifix du (XVIIéme siècle), et dans le transept Nord un très beau tableau de la fin du (XVIIIéme siècle), il représente la Vierge Marie dans l'attente de l'enfantement, le personnage central est à genoux de face, ce qui est un cas exceptionnel et sans doute unique. L'auteur en est inconnu, peut être Mignard d'Avignon ?
* A la fin du (XVéme siècle), l'abbaye fut mise en Commende, c'est à dire cédée par le pape au pouvoir Royal qui nommait alors les bénéficiaires des revenus. La sécularisation décidée par le pape dès (1739) fut approuvée par le Roi Louis XV en (1751). Celui ci accorda aux Chanoines le titre de Comtes en (1774).
* L'institution du chapitre noble disparaît avec la Révolution. En (1792), l'église est desservie par des prêtres assermentés. En (1794), l'abbaye est dépouillée de ses trésors, les châsses d'or et d'argent sont portées à la monnaie, beaucoup de reliques et autres richesses sont brûlées. Mais quelques unes des principales reliques sont sauvées par un prêtre et la statue de N.D.de Confession par un officier municipal, après la tourmente, ces objets sont rendus à St Victor. L'église est préservée de la démolition parce que pendant quelque temps elle sert de dépôt de fourrage et ses cryptes de prison pour des forçats.

- les Cryptes


* (IIIème siècle) : Sarcophage des petits Eros Forgerons, inscription de Volussianus, les tombes jumelles des Martyrs.
* (IVème siècle) : Sarcophage de Ste Eusébie, sarcophage de St Maurice et des Compagnons de St Maurice.
* (Vème siècle) : Sarcophage de Cassien.
* (XIème siècle) : Pierre tombale d'Isarn.
* (XIIIème siècle) : Inscription d'Hugues de Glazinis, Vierge Noire.

L' église haute


* (Véme siècle) : Autel dans la chapelle du St Sacrement.
* (VIème siècle) : Sarcophage de la Remise de la Loi à St Pierre.
* (XVIIIème siècle) : Vierge dans l'Attente de l'Enfantement, oeuvre de Michel Serre.
* (XIXème siècle) : St Joseph et l'Enfant Jésus, tableau de D.Papety.
* (XXème siècle) : Maître autel en bronze, oeuvre de Jean Bernard et des Compagnons du Devoir.

- Les grandes orgues

Du (XVIIéme siècle) datent les grandes orgues qui furent complétées par de nouveaux jeux au (XVIIIème siècle). Actuellement placées au fond de l'église, elles étaient à l'origine sur une tribune dans le transept Nord. En (1965), elles ont été restaurées et rétablies dans leur composition primitive.

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