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Glossaire - Biographies
Façade Ouest - l'Interieur - Chronologie
les principaux Evêques - les Evêques
Extèrieure - Intérieure - Crypte - Vitraux

(Auxerre, Chef lieu du département de l'Yonne, sur l'Yonne, Bourgogne.)

- l'Historique

La Cathédrale actuelle est le 5ème des sanctuaires qui se sont succédé à Auxerre depuis le (Vème siècle). Pour remplacer la 1ère église devenue trop petite, St Amâtre vers (386)-(418) fit bâtir une 2ème église plus vaste, à l'emplacement de l'édifice actuel. La 1ère Basilique chrétienne d'Auxerre date du (IIIème siècle). Elle est transferée à l'intérieur des remparts de la ville par St Amâtre vers (400). Au (IXème siècle) elle connaît une série d'incendies et de reconstructions. Le 3ème sanctuaire fut érigé sous l’épiscopat d’Hérifried (887)-(909). C’est aussi un incendie qui ravagea en (1023) cette cathédrale, ainsi d'ailleurs qu'une grande partie de la ville. Une cathédrale Romane fut alors édifiée par l'évêque Hugues de Châlon. La 4ème église, bâtie en pierre fut consacrée en (1057), il n'en subsiste que la crypte. Son choeur, flanqué de 2 tours, reposait sur une crypte qui lui servait de soubassement en raison de la pente du terrain vers l'Yonne. C'est une cathédrale Romane en bon état, qui venait d’être restaurée et embellie par ses prédécesseurs Humbaud (1087)-(1114) et surtout Hugues de Noyers (1183)-(1206) que Guillaume de Seignelay, nommé sur le siège d’Auxerre en (1207), décide de faire abattre.

- la Cathédrale Gothique

L'édification de la cathédrale actuelle débuta en (1215), sur la base du vaste édifice Roman dont subsiste toujours aujourd'hui la crypte du (XIème siècle). Les travaux de démolition et de construction démarrèrent simultanément au niveau du choeur, au dessus de la crypte, et de la tour Sud de la grande façade Occidentale. La rapidité des travaux d’élévation du choeur vers (1215)-(1230) s’explique en partie par les sommes importantes que l’évêque Guillaume affecte au chantier sur ses revenus personnels, un don de 700 livres et un versement annuel jusqu’à sa mort. Les finances du chapitre, les produits des quêtes, probablement accompagnées de présentation de reliques et des dons assurent l’avancée du projet. A la fin du Moyen Age et au (XVIème siècle), des indulgences sont accordées aux fidèles qui contribuent à la poursuite des travaux fortement ralentis par les malheurs du temps, guerre de (100) Ans, crise économique. Mais les successeurs de Guillaume de Seignelay étaient beaucoup moins enthousiastes que lui, et les travaux n'avancèrent qur très lentement.

En (1235) cependant, suite à l'épiscopat d'Henri de Villeneuve (1220)-(1234), le gros oeuvre du choeur était terminé. On débuta dès lors la pose des vitraux du déambulatoire, laquelle ne se termina que vers (1250). C'est alors que démarrèrent les travaux de la façade Occidentale et de la nef, mais très lentement. A la fin du (XIIIème siècle), on dut exécuter des travaux de consolidation du choeur, dus à un problème d'équilibre des forces. En (1300), on entreprit la construction du croisillon Sud du transept dont le portail est consacré à St Étienne. Le tympan de ce portail fut sculpté vers (1320).

La destruction de l'ancienne nef Romane, afin d'élever la nef Gothique, eut lieu au début du (XIVème siècle). Après quoi on éleva la nef dans les années (1320)-(1350), et de (1345) à (1355), on réalisa les chapelles latérales des bas côtés de la nef. Mais les vicissitudes de l'époque, liées à la guerre de (100) Ans retardèrent le chantier, le bas côté sud ne fut achevé que vers (1378). La pose des vitraux de la nef se fit de (1390) à (1410), et en (1403), le chapitre de la cathédrale commanda au charpentier Odon Gauthier les portes de la façade Occidentale. Au début du (XVème siècle), le croisillon Nord du transept et les tours n'avaient pas encore été entrepris. En (1415), début de la construction du bras Nord du transept. Le portail de ce croisillon fut consacré aux Saints de l'église d'Auxerre, en particulier à St Germain, St Pèlerin et St Amâtre. On considère que le tympan du portail de ce croisillon fut sculpté vers (1415). Mais la construction de ce bras nord ne s'acheva que sous l'épiscopat de Jean Baillet (1477)-(1513).

En (1478) eut lieu la construction des voûtes de la nef et en (1500), on débuta enfin les travaux de la tour Nord. Le 2ème niveau de celle ci se termina en (1525) sous l'épiscopat de François Ier de Dinteville évêque de (1513) à (1530). En (1528) Pose de la verrière et de la rosace de la Vierge des Litanies du bras Nord du transept réalisée par Germain Michel. En (1543), la tour Nord était enfin terminée, sous l'épiscopat de François II de Dinteville (1530)-(1554), neveu du son prédécesseur. En (1550), on posa la verrière du bras Sud du transept, l'oculus central représentant Dieu le Père et 8 lancettes consacrées à l'histoire de Moïse, ainsi que la verrière de la façade Occidentale. Les 2 verrières sont l'oeuvre du maître verrier Guillaume Cornouaille. A cette époque les guerres de religion mirent fin à tout espoir de terminer un jour la façade de la cathédrale, par la tour sud. En (1567), les protestants mirent la ville à sac. L'édifice eut à en souffir si bien qu'en (1576), l'évêque Jacques Amyot (1571)-(1593) débuta la restauration de la cathédrale, dont celle des verrières du choeur. Ainsi la construction, demeurée inachevée, s'est étendue sur plus de (III siècles), la tour Sud ne fut jamais construite.

- la Révolution

En (1764), le Jubé Renaissance dû à François Ier de Dinteville fut détruit et remplacé par les grilles de choeur, oeuvre du ferronnier parisien Dhumier avec des portes dues à Sébastien Antoine Slodtz sur des dessins de Claude Nicolas Ledoux. La Révolution causa d'innombrables dégâts à l'édifice et à son mobilier. On supprima le diocèse en (1790) et peu après, on transforma St Étienne en Temple de la Raison. On démonta stalles et grilles pour installer dans le choeur un théâtre en gradins destinés aux cérémonies républicaines. Des chefs d'oeuvre d'orfèvrerie furent envoyés à la fonte. La belle statue de St Étienne agonisant, située près du maître autel, oeuvre de Louis Claude Vassé, échappa à la destruction car on en fit alors un Marat agonisant dans son bain. Les vitraux furent menacés de destruction, mais comme leur remplacement par du verre blanc eût coûté trop cher, la décision ne fut fort heureusement jamais prise. Enfin la crypte servit de cave au préfet du département qui occupait les locaux de l'évêché tout proche.

- de 1840 à nos jours

En (1840), grâce à Prosper Mérimée St Étienne fut inscrit sur la liste des édifices classés Monuments Historiques. De grands travaux de restauration eurent lieu tout au long du (XIXème siècle). Eugène Viollet le Duc restaura la crypte de (1844) à (1848). Il y effectua des travaux de consolidation des piles, de restitution des baies d’origine, de dallage du sol. En (1866) démarra une grande campagne de restauration de la cathédrale Gothique, sous la direction de l'architecte Piéplu. Les vitraux furent restaurés ou complétés de (1866) à (1880) par les verriers Véssières frères, puis à nouveau en (1925)-(1930) par David.

La guerre de (1870) fut marquée par le tir d'une dizaine de boulets de canon Prussiens sur la cathédrale. L'un d'eux vint malheureusement pulvériser la belle verrière droite du chevet de la chapelle axiale, datant de la 1ère moitié du (XIIIème siècle). Depuis l'année (2001), une campagne de restauration générale de la cathédrale est en cours. Elle est financée par l'État, la région de Bourgogne, le département de l'Yonne et la ville d'Auxerre. Cette campagne concerne notamment les couvertures du sanctuaire ainsi que la remise en état de la grande façade Occidentale, et plus particulièrement la restauration des 3 portails et de leur statuaire. Cette phase devrait être terminée fin (2008).

- la façade Occidentale

La façade possède un important décor floral de crochets, disposés en bandes verticales, en semis ou en tapis. Au rez de chaussée ou 1er niveau de la façade se trouvent 3 portails séparés par les imposants contreforts. A la base de la partie centrale de la façade, le portail central, très imposant, possède un énorme gable ajouré dont la partie supérieure masque partiellement une belle rosace rayonnante sous un arc brisé, située en retrait et dont le diamètre est de plus ou moins 7 mètres. L'archivolte de celle ci s'étend à tout l'espace de la façade situé entre les 2 tours. Au dessus de la rosace s'élève le 3ème et dernier niveau de la partie centrale de la façade, formé d'un pignon de style Flamboyant. Très déséquilibrée par l'absence totale de la tour Sud dont la base est recouverte d'un méchant toit de fortune. L'imposante et robuste tour Nord ne fut terminée qu'en (1543). La tour clocher, comporte 5 niveaux. Au dessus du portail s'élèvent 3 niveaux de niches vides surmontées de gâbles à crochets. Le dernier niveau abrite les cloches. La tour Sud aurait dû être semblable, comme le prouve la partie existante, qui s'élève à hauteur du pignon central.

La façade est divisée verticalement en 3 parties, grâce à 4 contreforts bien saillants. La partie latérale Nord, ou gauche, est divisée en 5 étages, le dernier formant la tour Nord proprement dite ou clocher. La partie centrale de la façade comprend quant à elle 3 niveaux, portail, rosace et pignon. Enfin la partie latérale Sud, prévue pour constituer la tour Sud ne comprend que le niveau du rez de chaussée occupé par un portail ainsi que le 2ème niveau et une partie du 3ème jusqu'à hauteur du pignon central.

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